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Une majorité de Canadiens veulent moins de réfugiés, selon un sondage

La nouvelle étude de Statistique Canada s'intitule Rémunération des immigrants et des enfants d'immigrants appartenant aux minorités de langue officielle. Elle est basée sur les données du recensement de 2016.

Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck

Radio-Canada

Selon un sondage commandité par CBC, les Canadiens sont très divisés au sujet du type d'immigration qu'ils souhaitent voir privilégié. En effet, 76 % des répondants estiment que le Canada devrait en faire plus pour encourager l'immigration de main-d'oeuvre qualifiée.

Le gouvernement regroupe les immigrants en trois catégories : les travailleurs économiques et les gens d’affaires qualifiés, ainsi que leurs partenaires et les personnes à leur charge; le regroupement familial; et les réfugiés ou les personnes admises pour des motifs humanitaires.

Par ailleurs, 57 % des répondants disent que le Canada ne devrait pas accepter plus de réfugiés.

Les autres faits saillants du sondage :

64 % des répondants estiment que l’immigration illégale est devenue un problème grave.
56 % affirment que le fait d’accepter trop d’immigrants va changer le Canada.
24 % pensent que trop d’immigrants font partie des minorités visibles.

Ces résultats ne constituent pas une surprise pour les spécialistes. Ces derniers relèvent que le discours entourant l’immigration a pris un ton nettement négatif dans le monde, en particulier lorsqu’il s’agit des réfugiés. Ils ajoutent que cette tendance est alimentée par la couverture médiatique canadienne concernant des demandeurs d’asile traversant la frontière avec les États-Unis.

Une organisation manitobaine témoigne de ce changement.

L'acceptation et l'accueil des réfugiés ont considérablement diminué, selon Dorota Blumczynska, directrice générale de l'Organisation de la communauté des immigrants et des réfugiés du Manitoba.


Elle ajoute que le déclin a rendu certains nouveaux arrivants anxieux. « Il y a une lutte interne dont j'ai vraiment été témoin pour savoir si les gens veulent ou non se présenter en tant que réfugiés », ajoute-t-elle.

Tradition canadienne de longue date

Christina Clark-Kazak, professeure à l'Université d'Ottawa spécialisée dans les réfugiés et l'immigration, affirme que les résultats du sondage témoignent d'une tradition de longue date selon laquelle la politique d'immigration canadienne était axée sur les besoins du marché du travail.

Selon les données d'Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC), sous les gouvernements conservateurs et libéraux, au cours de la dernière décennie, les immigrants économiques ont représenté entre 53 et 63 % des immigrants chaque année. Par ailleurs, l’an dernier, environ 55 000 personnes ont demandé l’asile au Canada.

« Le problème de beaucoup de politiques d'immigration, c'est qu’on pense aux individus de manière isolée et seulement en tant qu'acteurs économiques, explique la professeure. Les réfugiés sont souvent considérés par les décideurs comme un élément bon à avoir, mais pas une priorité. »

« Je pense que cela reflète l'existence d'une sorte de mince vernis de tolérance, mais il existe encore beaucoup de racisme au Canada », ajoute Christina Clark-Kazak.

« Le Canada a peut-être été mieux protégé de certaines des tendances observées en Europe ou aux États-Unis, par exemple, mais les événements récents montrent que les Canadiens réagissent également de la même manière face à ce genre de politisation croissante de l'immigration », estime, pour sa part, Mireille Paquet, professeure de sciences politiques à l’Université Concordia, à Montréal.

Ce sujet pourrait devenir encore plus polarisé, alors que des élections fédérales sont prévues pour le mois d’octobre.

« Il est possible que certains partis tentent de tirer profit de l'activation de ces craintes et veuillent se présenter comme étant les plus en mesure de répondre à cela, par exemple en se montrant plus sévères à la frontière », dit Mireille Paquet.

Besoin de toujours plus d’immigrants

L’an dernier, 321 045 personnes ont été admises en tant que résidents permanents au Canada.

Le gouvernement fédéral espère augmenter ce nombre : selon des prévisions dévoilées l’an dernier dans le rapport annuel au Parlement sur l’immigration, le fédéral prévoyait accueillir 330 800 résidents permanents cette année. Ce chiffre doit atteindre 350 000 en 2021.

« L’immigration a été et continue d’être bonne pour le Canada, dit le ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, Ahmed Hussen. Nous sommes une société vieillissante. Nous avons une économie en croissance qui a besoin de toujours plus de main-d’oeuvre. »

Méthodologie

L’enquête, commanditée par CBC, a été réalisée sur Internet entre le 31 mai et le 10 juin par Public Square Research et Maru/Blue, auprès d'un panel 4500 électeurs admissibles. Les données ont été pondérées pour refléter la composition démographique du Canada, selon Satistique Canada. Étant donné que l'échantillon est basé sur ceux qui ont initialement choisi de participer eux-mêmes au panel MaruVoice plutôt que sur un échantillon probabiliste, aucune estimation de l'erreur d'échantillonnage ne peut être calculée. Cependant, un échantillon national probabiliste comparable de 3000 électeurs aurait une marge d'erreur de +/- 1,8 points de pourcentage, 19 fois sur 20, tandis que les échantillons de 500 électeurs ont une marge d'erreur de +/- 4,4 points de pourcentage, 19 fois de 20.

Avec les informations de CBC

Manitoba

Immigration