•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

800 000 $ par classe de maternelle 4 ans, comment est-ce possible?

Chaque classe de maternelle 4 ans coûtera en moyenne 800 000 $ à construire. Nous avons tenté de comprendre comment de simples salles de classe peuvent coûter si cher.

Le reportage de Mathieu Dion

Photo : Radio-Canada

Mathieu Dion

Quatre murs, quelques fenêtres et du mobilier, et pourtant, chaque classe de maternelle 4 ans coûtera en moyenne 800 000 $ à construire. En campagne électorale, la Coalition avenir Québec tablait sur un montant d'un peu plus de 120 000 $ en moyenne. Nous avons tenté de comprendre comment de simples salles de classe peuvent coûter si cher.

Fin avril, lorsque l’explosion des prévisions de coûts a été confirmée, le premier ministre François Legault a justifié la dépense en expliquant que les classes sont « amorties sur 40 ans » et « qu’on doit bien ça à nos enfants pour être capables d’offrir ce qu’il y a de mieux ».

Mais le diable se trouve dans les détails; c’est que la facture prévoit bien plus. L’architecte de la Commission scolaire des Navigateurs, Richard Dion, nous a accueillis dans le nouvel agrandissement de l’école du Grand-Voilier de Lévis. Une demande d’aide financière de 2,4 millions de dollars pour un ajout supplémentaire de trois classes destinées à des maternelles 4 ans – donc 800 000 $ par classe – a récemment été soumise au ministère de l’Éducation et de l'Enseignement supérieur.

Les installations ont de quoi faire l’envie des élèves et des enseignants qui fréquentent de vieilles écoles. Tout est au point : structure en bois au plafond, module d’armoires avec évier, portes coulissantes vitrées qui donnent sur les autres classes, fenestration abondante avec cadres en aluminium, éclairage DEL (diode électroluminescente), gicleurs, ventilation, etc.

Ça fait partie du coût, c’est évident. On ne trouve pas ça dans une résidence privée! […] Ça fait un beau bâtiment, mais il y a un impact monétaire.

Richard Dion, architecte, Commission scolaire des Navigateurs

Le budget comprend donc les sommes associées aux bonifications pour le développement durable, comme l'utilisation du bois, et aux installations visant une meilleure réussite des élèves. Parfois, il faut même inclure à ce budget les espaces communs lumineux, le gymnase, la bibliothèque et l’intégration des arts.

Une nouvelle classe vide.

Une nouvelle classe de l'école du Grand-Voilier de Lévis.

Photo : Radio-Canada

Une fois les classes construites, le mobilier et le matériel doivent y être installés. Des 800 000 dollars, 40 000 y sont dédiés.

Seuls les coûts de fonctionnement, comme le salaire des enseignants, ne comptent pas.

La gymnastique de la commission scolaire

Sur le toit de l'agrandissement en cours, on a planifié de construire trois locaux afin de libérer trois espaces dans une vieille école voisine. Ces espaces seront rénovés pour accueillir des maternelles 4 ans. L’estimation des travaux dans leur totalité – construction et rénovation – est ainsi évaluée à 2,4 millions de dollars.

L'architecte de la commission scolaire des Navigateurs, Richard Dion, regarde par une fenêtre.

L'architecte de la Commission scolaire des Navigateurs, Richard Dion, explique que le toit de l'école du Grand-Voilier de Lévis pourra accueillir prochainement une deuxième phase d'agrandissement de trois nouveaux locaux.

Photo : Radio-Canada

Les choix varient d’une commission scolaire à l’autre, mais voilà comment on en arrive à ce montant. « Le ministère nous a demandé d’identifier nos besoins, ce qui a été fait à partir des données statistiques qu’on avait sur les 0-5 ans, explique Richard Dion. On pouvait ainsi voir où il manque des locaux à l’intérieur de nos superficies existantes. »

Une classe de l'école du Grand-Voilier avant des travaux de rénovation.

Cette classe de l'école du Grand-Voilier de Lévis sera rénovée pour accueillir des maternelles 4 ans au cours d'une seconde phase de travaux.

Photo : Radio-Canada

Surchauffe du marché de la construction

La première phase de travaux d’agrandissement à l’école du Grand-Voilier a duré une année et a coûté 8 millions de dollars, mais des économies de 10 % ont dû être imposées pour boucler le budget en raison notamment de la surchauffe dans la construction et de la pénurie de main-d'oeuvre.

Vue d'un escalier avec de grands espaces ouverts.

L'agrandissement à l'école du Grand-Voilier à Lévis comprend de nombreux espaces lumineux.

Photo : Radio-Canada

« On avait peu d’entrepreneurs généraux et ils avaient peu de sous-traitants, déplore M. Dion. Par exemple, pour l’électricité, ils en avaient peut-être deux. Donc, ça avait un impact sur le prix, il ne faut pas le cacher. »

Les 800 000 $ s’expliquent, mais quand ils sont multipliés par les 1300 classes de maternelle 4 ans prévues au cours des prochaines années, le milliard de dollars peut donner le vertige.

Mathieu Dion est correspondant parlementaire à Québec


Politique provinciale

Politique