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Trudeau et le président de l'Ukraine font front commun contre la Russie

Les deux dirigeants marchent dans une pièce, derrière eux se trouvent des drapeaux de l'Ukraine et du Canada.

Justin Trudeau et Volodymyr Zelensky ont affirmé que les liens entre le Canada et l'Ukraine étaient « plus forts que jamais ».

Photo : La Presse canadienne / Andrew Lahodynskyj

Radio-Canada

Le président de l'Ukraine, l'ex-comédien Volodymyr Zelensky, est de passage à Toronto pour rencontrer le premier ministre Justin Trudeau et les principaux membres de son gouvernement. Ottawa a d'ailleurs profité de l'occasion pour réitérer son appui à Kiev face à la menace de Moscou en pénalisant les ressortissants d'une région ukrainienne prorusse.

Les liens entre l'Ukraine et le Canada sont plus forts que jamais, a affirmé mardi le premier ministre Justin Trudeau, à la suite d'une rencontre avec le nouvel homme fort ukrainien.

Au cours d'une conférence de presse conjointe, les deux hommes ont fait front commun contre la Russie, qui continue de tenter de saper la souveraineté ukrainienne, mais aussi le droit international, a soutenu le chef du gouvernement canadien.

Nous agissons pour assurer la sécurité de l'Ukraine et des pays baltes, a poursuivi M. Trudeau, en évoquant également les missions des Forces canadiennes pour former les troupes ukrainiennes, ainsi que les missions d'entraînement chez les partenaires au sein de l'OTAN.

Quant au président Zelensky, il s'est dit heureux d'être entouré d'amis de l'Ukraine.

Le commerce à l'honneur

Toujours selon le premier ministre Trudeau, la rencontre a aussi permis d'accroître la portée de l'accord de libre-échange conclu entre Kiev et Ottawa en 2017.

Les deux dirigeants se sont entendus sur le fait que les productions cinématographiques et télévisuelles canadiennes jouissent d'un meilleur accès en Ukraine. Ils ont également manifesté un intérêt mutuel pour améliorer les échanges étudiants et l'accès aux permis de travail étudiant entre les deux pays.

Selon un communiqué publié après la rencontre, les négociations commerciales s'appuieront sur l'entente signée en 2015 entre le premier ministre Stephen Harper et le président ukrainien Arseni Iatseniouk pour créer davantage d'emplois dans les deux pays.

Aucune date officielle n'a été retenue pour le début de ces transactions, mais celles-ci devraient débuter « rapidement ».

Au cours d'un point de presse après la rencontre, M. Zelensky a également laissé entendre que son gouvernement avait conclu une entente avec le Canada pour l'achat de blindés.

Un responsable gouvernemental canadien a toutefois indiqué que, si des discussions avaient bel et bien eu lieu à ce sujet, aucun accord n'avait été conclu en ce sens.

Faire face à la Russie

De son côté, la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a annoncé l'ajout de 45 millions de dollars pour venir en aide aux diverses institutions ukrainiennes.

De cette somme, 33 millions serviront entre autres à l'aide au développement, aux réformes démocratiques et à la promotion de l'égalité des genres.

Il est entre autres question d'améliorer la transparence des institutions et la reddition de comptes.

Un montant de 6,5 millions sera destiné à la formation, par des agents canadiens, des policiers ukrainiens.

Par ailleurs, Ottawa durcit le ton face à la Russie, y compris à la suite de l'annonce de la possibilité, pour les habitants du Donbass, une région séparatiste de l'est de l'Ukraine, de maintenant présenter une demande pour obtenir un passeport russe.

Selon Mme Freeland, il sera impossible, pour ces détenteurs, d'utiliser leur nouveau passeport pour voyager au Canada. La ministre a incité les autres partenaires internationaux du Canada à faire de même.

En fin de journée, le Parti conservateur a réagi en alléguant que le gouvernement libéral n'en faisait pas assez pour soutenir l'Ukraine.

Erin O'Toole et James Bezan, respectivement les porte-paroles de l'opposition en matière d'affaires étrangères et de défense, ont demandé au gouvernement d'envoyer des troupes canadiennes pour diriger une mission internationale de maintien de la paix à la frontière entre l'Ukraine et la Russie.

Les deux députés ont également exigé une hausse de l'aide militaire et économique offerte à Kiev, en plus d'une multiplication des sanctions contre Moscou.

Des liens importants

Un mois avant un voyage officiel prévu à Washington, le chef de l'État ukrainien, nouvellement élu, est donc en visite au Canada. Ce geste, affirme l'ambassadeur de Kiev à Ottawa, Andry Sevchenko, témoigne de l'importance de la relation entre les deux pays.

Ce passage survient en marge du début, dans la Ville Reine, d'une conférence internationale sur l'avenir de l'Ukraine.

Au menu : des discussions sur l'avenir de ce pays d'Europe de l'Est englué dans une guerre avec les séparatistes prorusses et Moscou depuis 2014.

Sans expérience politique, si ce n'est d'avoir joué le rôle du président de l'Ukraine dans une série télévisée, M. Zelensky a rapidement décidé de changer les choses à Kiev et a déclenché de nouvelles élections législatives. Celles-ci, d'abord prévues pour l'automne, auront lieu plus tard ce mois-ci.

Au dire de l'ambassadeur Sevchenko, la conférence de trois jours à Toronto réunira des participants originaires de 30 pays ainsi que des représentants de grands organismes internationaux, dont le Fonds monétaire international et la Banque mondiale.

Cet événement permettra au président d'organiser son ordre du jour politique, qui comprend la résistance aux velléités et menaces de Moscou. En 2014, la Russie a envahi, puis annexé la péninsule de Crimée. Le geste est considéré par le Canada et ses alliés occidentaux comme illégal.

Moscou a également fomenté et soutenu une rébellion prorusse dans l'est du pays, qui a fait jusqu'à maintenant plus de 13 000 morts.

Une amitié de longue date

La bonne entente entre Kiev et Ottawa ne date pas d'hier. Le Canada a été le premier pays à reconnaître l'indépendance de l'Ukraine, en 1991, après la chute de l'Union soviétique.

Le Canada a aussi fourni environ 785 millions de dollars en aide militaire, juridique, économique et politique à compter de 2014, lorsque le président russe Vladimir Poutine tentait de réintégrer l'Ukraine dans sa sphère d'influence et que le pays cherchait à se rapprocher de l'Union européenne et de l'OTAN.

Enfin, on compte environ 1,3 million de Canadiens d'origine ukrainienne ou ayant des racines dans ce pays.

La ministre Freeland, qui possède elle-même des racines ukrainiennes, y a travaillé comme correspondante, ce qui a permis d'éviter que les dossiers liés à Kiev ne tombent dans l'oubli, à Ottawa.

Le gouvernement canadien a même offert de former les responsables du gouvernement Zelensky, eux qui n'ont souvent pas beaucoup d'expérience politique, en plus d'œuvrer dans un pays où les institutions sont moins solides qu'ailleurs.

Avec les informations de La Presse canadienne, et CBC News

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