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La SANB conclut une entente avec les Francos-Ontariens et les Anglos-Québécois

Les présidents de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario, Carol Jolin, du Quebec Community Groups Network, Geoffrey Chambers, et de la Société de l'Acadie du Nouveau-Brunswick, Robert Melanson, signent le protocole.

Les associations représentant les communautés de langue minoritaire en Ontario, au Québec et au Nouveau-Brunswick ont signé un protocole d'entente.

Photo : Radio-Canada / Antoine Trépanier

Un protocole d'entente a été signé entre la Société de l'Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB), le Quebec Community Groups Network (QCGN) et l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO), en vue d'oeuvrer à la protection des droits des communautés linguistiques de langue officielle en milieu minoritaire.

À Ottawa mardi, les représentants des trois associations linguistiques se sont rencontrés afin de signer ce qui constitue le tout premier protocole du genre au Canada.

Le communiqué de presse annonçant l'entente évoque les annonces et décisions gouvernementales qui ont mis à dure épreuve les communautés linguistiques minoritaires.

Même si les situations peuvent différer, à la base, nos droits sont les mêmes. Ensemble, nous voulons écrire le prochain chapitre des droits linguistiques pour s’assurer qu’ils soient respectés partout au Canada, indique Carol Jolin, président de l’AFO.

Trois hommes signent un protocole.

Ensemble, ces trois organismes représentent plus de 2,4 millions de personnes qui forment à eux seuls 90 % des communautés de langues officielles en milieu minoritaire au pays.

Photo : Gracieuseté - SANB

On veut avoir une Loi [sur les langues officielles] qui va avoir des dents.

Carol Jolin, président de l’Assemblée de la francophonie de l'Ontario

Ensemble, ces trois organismes représentent plus de 2,4 millions de personnes qui forment 90 % des communautés de langues officielles en milieu minoritaire au pays.

Nous voulons faire valoir auprès des instances gouvernementales qu’une attaque contre les droits d’une de nos communautés représente une attaque contre nous tous, a déclaré à son tour Geoffrey Chambers, président du QCGN.

Ce protocole met de l'avant le désir des trois groupes de travailler comme un seul, afin de faire des langues officielles un enjeu primordial lors des prochaines élections fédérales, l'automne prochain.

Ils cherchent à démontrer au gouvernement qu'il se doit d'être un modèle à suivre en matière de droits linguistiques et qu'il doit protéger le français et l'anglais en milieu minoritaire s'il veut s'assurer de leur survie à long terme.

Parmi les principaux enjeux soulevés, Carol Jolin souligne l’importance d’identifier un organisme qui appliquera la loi, de s’assurer que les communautés minoritaires participent activement au dossier et de déterminer ce que feront les ministères s’ils ne respectent pas la loi.

Robert Melanson en entrevue.

Le président de la Société de l'Acadie du Nouveau-Brunswick, Robert Melanson

Photo : Radio-Canada

La modernisation de la Loi sur les langues officielles du Canada, le droit à la gestion de l’éducation de la petite enfance à l’université, ainsi que des services essentiels offerts dans la langue officielle en situation minoritaire, voilà quelques-unes des priorités identifiées tant par les francophones de l’Ontario et du Nouveau-Brunswick, que par les anglophones du Québec, explique Robert Melanson, président de la SANB.

Une entente qui fait réagir

Pour Rémi Léger, politologue à l'Université Simon Fraser, en Colombie-Britannique, en signant cette entente, la SANB risque de se mettre ses alliés francophones québécois à dos. Il craint qu'en s'associant avec les anglophones, les Acadiens perdent leur relation avec le gouvernement du Québec et les Québécois, relation qui les aide à se faire valoir au sein du gouvernement fédéral, soutient-il.

Les francophones à l'extérieur du Québec, incluant les Acadiens, demandent plus de sympathie de la part des Québécois. Dans la dernière année, notamment avec l'arrivée des gouvernements Higgs et Ford, on a reçu de la sympathie, dit-il.

Je me dis que s'allier aux Anglo-Québécois, ce n'est certainement pas ça qui va nous faire gagner du capital de sympathie.

Rémi Léger, politologue
Rémi Léger en entrevue.

Rémi Léger a exprimé son désaccord par l'entremise des médias sociaux, à la suite de la signature du protocole, mardi.

Photo : Radio-Canada

M. Léger croit que la SANB n'aurait dû conclure cette entente qu'avec des francophones qui vivent des réalités semblables à celle des Acadiens. Selon le politologue, il n'est pas naturel pour les francophones du Nouveau-Brunswick de s'associer avec les anglophones.

Je me demande si cette alliance avec les Anglo-Québécois va, en fait, jouer à l'encontre de la relation durable avec la société civile québécoise et le gouvernement québécois, soutient le politologue.

Rémi Léger ne croit pas qu'il est dans l'intérêt des anglophones de défendre et de faire la promotion de la langue française et il ne croit pas que cette entente aura les effets escomptés.

On était sur le radar et là, on vient de se tirer dans le pied, en décidant de s'allier aux anglophones, plutôt que de s'allier avec nos alliés naturels.

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