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« Je ne proposais plus de dessin de Trump de peur d’être renvoyé », dit Michael de Adder

La caricature en question montre le président Trump à côté de sa voiturette de golf, fixant deux migrants morts au sol.

Un caricaturiste du Nouveau-Brunswick aurait été congédié après avoir réalisé ce dessin de Trump.

Photo : Michael de Adder / Facebook

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le caricaturiste Michael de Adder, congédié par Brunswick News la semaine dernière, pense avoir été remercié en raison de ses dessins du président des États-Unis, Donald Trump, et des idées politiques de la direction de l’entreprise.

Le groupe de presse néo-brunswickois assure avoir renvoyé son caricaturiste Michael de Adder à la suite d’une longue réflexion, et non en raison de ses récents dessins du président américain. Mais Michael de Adder conteste cette affirmation et soutient que la compagnie lui a déjà dit ne pas vouloir publier de caricature de Donald Trump.

Michael de Adder a été remercié seulement quelques jours après la publication, sur les réseaux sociaux, d’un dessin de Donald Trump jouant au golf et ignorant des migrants morts à ses pieds.

Il s'agit de la troisième caricature, en deux semaines, à s'en prendre au président américain. Toutes trois ont été publiées sur le compte Twitter du caricaturiste.

C'est cependant la troisième caricature qui a provoqué le plus de réactions.

C’était rendu à un point où je ne proposais plus de caricature de Trump de peur d’être renvoyé, a-t-il écrit sur Twitter, ajoutant que tous ses dessins du président américain soumis dans les dernières années étaient censurés.

Le caricaturiste néo-brunswikcois Michael de Adder au travail.

Michael de Adder assure que plusieurs de ses dessins de Donald Trump ont été censurés par Brunswick News.

Photo :  CBC / Mairin Prentiss

Ce n’est donc pas un hasard s’il a été remercié quelques jours après avoir publié trois caricatures du président américain qui sont toutes devenues virales, croit-il. Du jour au lendemain, c’était comme si je n’avais jamais travaillé pour le journal, dit celui qui travaillait pour Brunswick News depuis 17 ans. Tirez-en vos propres conclusions.

Pour l’Association des caricaturistes canadiens, c’est carrément de la censure. C’est inacceptable, estime son président, Wes Tyrell. 

Entrevue avec André-Philippe Côté à l'émission 24/60

Contrôler le contenu pour des idées politiques

Michael de Adder assure même que l’objectif de la direction de Brunswick News est de contrôler le contenu publié dans ses journaux.

Les Irving [propriétaires de Brunswick News, NDLR] ne veulent pas que Justin Trudeau soit réélu et ils ne publieront pas une caricature légèrement pro-Justin Trudeau ou une caricature légèrement anti-Andrew Scheer.

Une citation de :Michael de Adder, caricaturiste

Il a également déclaré que le journal ne publie pas les caricatures du premier ministre de la province, le chef du Parti progressiste-conservateur, Blaine Higgs, un ancien dirigeant d'Irving Oil.

Pour Wes Tyrell, le choix du caricaturiste embauché pour remplacer Michael de Adder chez Brunswick News, Greg Perry, est révélateur. Sans vouloir lui manquer de respect, c’est un dessinateur inoffensif, pas provocateur. Michael de Adder est à un tout autre niveau, il est indéniablement la voix du Nouveau-Brunswick.

Brunswick News est un important groupe de presse du Nouveau-Brunswick, propriétaire de la majorité des journaux de la province.

Congédié sans explication

Dans une déclaration relayée mardi soir sur Twitter, Brunswick News a réfuté l'allégation voulant que le caricaturiste ait été congédié en raison de son dessin sur Donald Trump. Le groupe de presse a dénoncé les « fausses informations » à ce sujet qui ont circulé sur les réseaux sociaux ces derniers jours.

Brunswick News Inc. n'a jamais reçu cette caricature de la part de M. De Adder, peut-on lire dans le court communiqué.

L'entreprise a réitéré que les discussions pour mettre fin au contrat du caricaturiste avaient débuté « plusieurs semaines auparavant ».

À aucun moment M. De Adder n'a été informé que [sa mise à pied] représentait autre chose que le retour d'un autre collaborateur pigiste.

Par ailleurs, si Brunswick News assure que les négociations ont duré plusieurs semaines, Michael de Adder dit plutôt que l’entreprise a refusé de lui dire pourquoi il était remercié.

Peu importe à quel point j’ai insisté, je n’ai pas eu de réponse. Je ne sais pas si c’est à cause de Trump, je pense que oui, c’est la réponse la plus logique, conclut le dessinateur qui, malgré tout, assure ne pas regretter ses caricatures du président américain.

Avec les informations de Emma Davie, de CBC

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