•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Commémorer la mémoire des femmes autochtones assassinées au Nouveau-Brunswick

Des femmes autochtones.

On souhaite rassembler les membres de la communauté pour sensibiliser à la violence envers les femmes autochtones.

Photo : Radio-Canada / Marielle Guimond

Radio-Canada

Le pow-wow annuel de la communauté autochtone de Miramichi avait lieu ce lundi. Cette année, toutefois, l'événement a pris des couleurs bien différentes des autres années.

La cérémonie traditionnelle supposée célébrer leur patrimoine culturel a pris une tournure bien différente cette année. Les membres des Premières Nations ont rendu un touchant hommage aux femmes et filles autochtones assassinées et disparues du Nouveau-Brunswick.

La journée a été colorée malgré la pluie, avec jeunes filles et matriarches qui, jusqu'au soleil couchant, ont dansé au rythme de leur musique traditionnelle autochtone. Elles étaient toutes vêtues de vêtements traditionnels (regalia) fabriqués à la main juste pour l'occasion.

Des femmes autochtones en habits traditionnels.

Les femmes étaient fièrement vêtues d'habits traditionnels autochtones pour cette journée de célébrations.

Photo : Radio-Canada / Marielle Guimond

Le pow-wow, c'est l'occasion pour cette communauté de célébrer la richesse du patrimoine culturel des Premières Nations. En ce 1er juillet, toutefois, le vent de Miramichi ne soufflait pas uniquement sur le drapeau canadien.

Il faisait aussi danser des robes rouges accrochées aux arbres. Une robe pour chacune des jeunes filles et femmes micmaques portées disparues et assassinées au Nouveau-Brunswick.

Des robes rouges accrochées aux arbres.

Une robe pour chacune des jeunes filles et femmes micmaques portées disparues et assassinées.

Photo : Radio-Canada / Marielle Guimond

Parmi celles qui ont péri et à qui les participants rendaient hommage, lundi, on comptait Hilary Bonnell. Cette jeune Autochtone, assassinée par des hommes de sa famille en 2009, n'a pas été oubliée.

Ma cousine est l'une des filles et femmes autochtones assassinées, elle s'appelle Hilary. C'est ça, donc, aujourd'hui, je vais danser pour elle, raconte la cousine de la défunte, Precious Abygail Dedam.

Des femmes autochtones dansent en habits traditionnels.

Les jeunes femmes et filles ont été à l'honneur au Nouveau-Brunswick en cette journée de la fête du Canada.

Photo : Radio-Canada / Marielle Guimond

Alors que la jeune femme a dansé pour rendre hommage à sa cousine, la mère de la jeune victime, elle, a pris part à une tout autre cérémonie. Dix ans après la mort de sa fille, la plaie est toujours aussi vive.

Elle a été portée disparue en 2009, le 5 septembre 2009. Elle a été violée et assassinée et on l'a enterrée dans les bois

Pamela Fillier, mère d'Hilary Bonnell
La femme devant le micro.

Pamela Fillier témoignait devant la commissaire de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (archives)

Photo : Radio-Canada / Gabrielle Fahmy

Le meurtrier d'Hilary, l'un de ses cousins, purge une peine de 25 ans de prison depuis 2012, mais la mère de la défunte ne considère pas que cette punition fasse honneur à la douleur qu'elle doit endurer tous les jours depuis le décès de sa fille.

J'espère que justice sera faite pour toutes les femmes qui ont été tuées et qui sont portées disparues, partage Mme Fillier.

À ces yeux, il est véritablement question d'un génocide.

Si ce n'est pas une forme de génocide, c'est quoi?

Pamela Fillier, mère d'Hilary Bonnell

Les femmes de cette communauté micmaque espèrent se faire entendre des Canadiens, et ce, un geste à la fois.

Une jeune fille ajoute une main peinte de rouge à une affiche.

Une main en rouge pour commémorer les filles et femmes autochtones assassinées dans la province du Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / Marielle Guimond

Avec ces événements tragiques que vivent les femmes autochtones depuis longtemps déjà, cette communauté souhaite rassembler des gens de partout afin de les sensibiliser à la violence faite aux femmes.

Un groupe autochtone.

Les membres des Premières Nations ont rendu un touchant aux femmes et filles autochtones assassinées et disparues du Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / Marielle Guimond

Bien qu'elles ont été à l'honneur aujourd'hui dans la province du Nouveau-Brunswick, la communauté micmaque espère que le vent tournera enfin et qu'à l'avenir, ce ne seront plus des robes rouges qu'ils feront flotter aux arbres le premier juillet, mais bien des drapeaux canadiens.

Avec les renseignements de Marielle Guimond

Nouveau-Brunswick

Autochtones