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Les apiculteurs urbains ont le vent dans les voiles, peut-être au détriment des abeilles

Les abeilles ouvrières dans leur ruche par temps ensoleillé.

L'étude de l'Université de Calgary vise, entre autres, à savoir si la multiplication des ruches urbaines d'abeilles mellifères nuit aux colonies d'abeilles sauvages.

Photo : Radio-Canada / Alexandre Lamic

Radio-Canada

Il n’y a jamais eu autant d’abeilles mellifères à Calgary, mais l’engouement pour l’apiculture urbaine pourrait tarir les sources de nourriture des abeilles indigènes et déséquilibrer un écosystème fragile, selon certains observateurs.

« Il n’y a encore aucune certitude quant à l’effet des abeilles mellifères sur les populations indigènes », dit l’apiculteur Ron Miksha.

Avec le professeur Lawrence Harder, de l’Université de Calgary, M. Miksha s’est donné pour mission d’étudier l’effet des populations d’abeilles implantées en ville pour la production de miel sur les colonies locales.

Les premières abeilles mellifères ont été importées en Alberta il y a un siècle, mais l’attrait pour la production de miel à la maison en a multiplié le nombre ces dernières années.

Si on trouve que le bien-être des abeilles est important, une colonie d’abeilles mellifères dans votre cour n’est pas la meilleure façon de le favoriser

Lawrence Harder, professeur à l’Université de Calgary

La mode apicole

Il est vrai que les abeilles ont bonne presse ces derniers temps et que l’extinction de nombreuses colonies a attiré l’attention des médias, mais la mode de l’apiculture en amateur est trop souvent un moyen de se donner une « crédibilité écologique », soutient M. Harder.

Il y a une dizaine d’années, précise-t-il, Calgary comptait 120 ruches urbaines. Ce nombre est passé à près de 1400, la province en comptant une centaine de milliers.

« C’est 10 fois plus qu’il y a 10 ans, c’est une croissance insoutenable. Il n’y a pas assez de fleurs pour toutes ces abeilles », précise-t-il.

D’apiculteurs urbains à chercheurs urbains

L’apiculteur Ron Miksha et le professeur Lawrence Harder ont donc recruté 90 volontaires afin de mener une étude citoyenne en installant sur leur terrain des nids adaptés aux espèces indigènes.

Ces chercheurs urbains doivent alors observer l’activité autour de ces nids en fonction du nombre de ruches d’abeilles mellifères des alentours.

M. Miksha entend aussi répertorier les espèces de fleurs visitées par les abeilles indigènes et les comparer à celles dont raffolent les abeilles mellifères en ramassant des échantillons de pollen des différentes ruches et des nids.

Des expertes en pollinisation

Selon Lawrence Harder, si les abeilles mellifères sont excellentes pour produire du miel, les abeilles indigènes n’ont pas leur pareil quand il est question de polliniser.

En fait, précise-t-il, ce ne sont pas les mellifères qui sont réellement en danger, mais les espèces indigènes, ces grandes oubliées.

« Ces espèces qui produisent peu ou pas de miel sont en danger à cause de l’activité humaine », soutient-il.

Alors que le nombre de colonies domestiquées a augmenté de 50%, selon un rapport de l’Organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO), les espèces sauvages doivent composer avec des maladies ainsi que les effets des changements climatiques et de l’utilisation de pesticides.

Elles doivent aussi faire face à la disparition de leurs habitats à cause du développement urbain et agricole.

Les résultats de l’étude seront connus à l’automne.

Avec les informations de Sarah Rieger

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Alberta

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