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Nicolas Hulot « en guerre » contre l’accord de libre-échange UE-Canada

L’ancien ministre français de la Transition écologique, Nicolas Hulot, regardant vers le ciel.

L’ancien ministre français de la Transition écologique, Nicolas Hulot, a multiplié ses interventions médiatiques en fin de semaine pour dénoncer les accords de libre-échange conclus récemment par l'UE.

Photo : AFP/Getty Images / CHARLES PLATIAU

Radio-Canada

L’ancien ministre français de la Transition écologique, Nicolas Hulot, est monté sur tous les fronts médiatiques dimanche dernier pour dénoncer les accords de libre-échange, notamment le traité conclu entre l’Union européenne et le Canada (CETA). Ces accords, selon lui, sont « à l'origine de toutes les problématiques écologiques ».

L’écologiste et ex-animateur de la populaire émission de télévision Ushuaïa a multiplié les interventions médiatiques en France samedi et dimanche derniers, affichant un air de va-t-en-guerre contre les accords de libre-échange au nom du climat.

Dans une tribune publiée dans le Journal du dimanche, l’ancien ministre, qui a démissionné avec fracas l’été dernier, déplorant le manque d’engagement de son pays en matière de lutte contre les changements climatiques, dénonce particulièrement le traité conclu entre l’UE et le Canada.

En septembre 2017, le CETA est en effet entré en vigueur, mais la France ne l’a toujours pas ratifié en raison de certaines inquiétudes notamment au sujet de la concurrence que le bœuf canadien pourrait créer sur le marché français.

Or, estimant que la mise en œuvre provisoire du CETA affiche un « bilan positif », le président français Emmanuel Macron a affirmé au premier ministre Justin Trudeau qu’il souhaite une ratification définitive de l’accord « dans les meilleurs délais »en première lecture à l'Assemblée nationale française.

Stopper aujourd’hui le CETA est indispensable, car cet accord a valeur d’exemple.

Nicolas Hulot

« Ratifier le CETA […], c’est un choix entre deux mondes, a ajouté M. Hulot. L'un favoriserait le moins-disant environnemental, sanitaire et social, et pénaliserait encore un peu plus les agriculteurs en les exposant à toujours plus de concurrence internationale déloyale. L'autre permettrait de se laisser le temps de construire des relations commerciales équilibrées, qui n'oublient ni l'ambition environnementale, ni la protection sociale, ni la dignité humaine. »

Le Canada « l'un des pires élèves du G20 »

Selon l’ancien ministre, la France doit rejeter cet accord « pour en finir avec les incohérences » : « Comment peut-on d'un côté […] se dire déterminé à préserver notre modèle d'élevage familial […], et de l'autre annoncer la ratification par la France du CETA? »

Car, pour Nicolas Hulot, le Canada est « l’un des pires élèves du G20 » en matière de politique environnementale : « Les Canadiens autorisent encore 46 molécules de pesticides et d'herbicides interdites en Europe, rappelle-t-il. Comment peut-on accepter l'arrivée dans nos assiettes de produits qui ne respectent pas nos standards? »

Toujours dans sa tribune publiée dimanche, l’écologiste s’attaque également à l’exploitation du pétrole issu des sables bitumineux, qui est 48 % plus émetteur de gaz à effet de serre que le pétrole conventionnel, selon lui.

M. Hulot ne cache d’ailleurs pas ses craintes de voir arriver au pouvoir le chef du Parti conservateur Andrew Scheer, lors de l’élection fédérale canadienne, prévue en octobre.

Dans quelques mois, le futur premier ministre du Canada pourrait être Andrew Scheer, un conservateur qui a voté contre la ratification de l'Accord de Paris. Que fera-t-on alors du CETA, si le Canada décidait de ne pas tenir ses engagements climatiques ou de suivre Donald Trump en quittant à son tour l'Accord de Paris?

Nicolas Hulot

Comme piste de solution, il propose de rouvrir les négociations avec Ottawa afin de faire du CETA le premier accord de commerce de juste échange pour ouvrir la voie à des accords qui soient non plus des freins, mais des leviers pour les défis environnementaux et sociaux auxquels nous devons faire face.

À part le CETA, l’ancien ministre français s’en est également pris à l’accord conclu vendredi dernier entre l’UE et le MERCOSUR (Brésil, Argentine, Uruguay et Paraguay). C’est un accord complètement antinomique avec nos ambitions affichées, a-t-il dit dimanche au quotidien Le Monde.

Il lance enfin un appel « à l’unité » pour faire face à la « réalité écologique ». En temps de guerre, on est capables de s'unir sur l'essentiel. Et nous sommes en guerre!, a-t-il lâché dans un autre entretien accordé dimanche à Ouest-France. « Ce modèle économique est obsolète, conclut-il. On est au bord de l'abîme. »

Avec les informations de Le Monde, Journal du dimanche, et Ouest-France

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