•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L'Iran dit avoir dépassé la limite de son stock d’uranium enrichi

Mohammad Javad Zarif

Le ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a confirmé que son pays a bien dépassé la limite imposée par l'accord international sur le nucléaire de 2015.

Photo : AFP/Getty Images / ATTA KENARE

Radio-Canada

L’Iran a dépassé le volume maximal de ses stocks d'uranium faiblement enrichi fixé par l'accord nucléaire de 2015, a déclaré le ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif.

« Sur la base des informations en ma possession, l'Iran a dépassé la limite des 300 kilos » d'uranium faiblement enrichi, a affirmé lundi M. Zarif à l'agence semi-officielle Isna.

Une source diplomatique à Vienne a confirmé cette information à l’AFP. « Il y a eu un dépassement », a indiqué cette source ayant requis l'anonymat, qui n'a pu préciser la hauteur du dépassement.

L'Iran avait annoncé mi-juin qu'il dépasserait le plafond de 300 kg d'uranium enrichi à 3,67 % prévu par l'accord de Vienne, après avoir dit ne plus s'estimer tenu à cette limite du fait du retrait unilatéral américain du texte en mai 2018.

C’est la première fois que Téhéran dépasse la limite imposée par l’accord sur le nucléaire de 2015. La République islamique présentera le 7 juillet les nouvelles mesures qu’elle entend prendre pour s’affranchir de l’accord.

Lundi dernier, un nouveau train de sanctions a été annoncé par le président américain Donald Trump, visant l'ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de la Révolution islamique. Pour le ministère iranien des Affaires étrangères, cette décision ferme définitivement le canal diplomatique.

Ces développements interviennent alors que la tension est montée d’un cran il y a deux semaines entre Washington et Téhéran, à la suite de la destruction d’un drone américain par les forces iraniennes, qui ont affirmé que l’appareil avait violé l’espace aérien de la République islamique, près du détroit d'Ormuz. Des accusations que Washington a toutefois rejetées. Les risques de confrontation directe entre les deux pays sont depuis exacerbés.

La Russie tempère, l'Angleterre s'inquiète

Le dépassement de la limite du stock d'uranium faiblement enrichi a suscité plusieurs réactions à l'international. Moscou dit regretter cette annonce, mais il ne faut pas dramatiser, a dit le vice-ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Riabkov, qui a appelé les Européens à ne pas envenimer la situation et Téhéran à se conduire de manière responsable.

La réaction de Londres a été plus vigoureuse, jugeant l'annonce profondément inquiétante : J'exhorte l'Iran à ne plus s'éloigner de (l'accord) et à se conformer de nouveau à ses obligations, a ajouté sur Twitter Jeremy Hunt.

Ancien ambassadeur de France en Iran de 2001 à 2005, François Nicoullaud juge de son côté qu' il n'y a pas lieu de s'inquiéter... pour l'instant du moins. 300 kilogrammes d'uranium enrichi, ça n'a rien de très dangereux. C'est une limite symbolique fixée par un accord, mais qui ne présente pas de danger immédiat, a mentionné M. Nicoullaud, en entrevue à l'émission L'heure du monde.

Ce dernier souligne qu'il reste du temps pour la négociation et que le retour des sanctions du Conseil de sécurité de l'ONU serait une arme de destruction massive.

Dans ce dossier, les Européens sont pris entre l'arbre et l'écorce, ajoute l'ancien ambassadeur. Le problème des Européens, c'est que sur le plan politique, ils aimeraient bien aider l'Iran, mais pas au point de se fâcher avec les États-Unis.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

Politique américaine

International