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Nominations à la tête de l’UE : les négociations toujours dans l’impasse

Cinq drapeaux de l'UE flottent devant un bâtiment concave à Bruxelles.

Le drapeau de l'Union européenne flottant devant le quartier général de la Commission européenne à Bruxelles.

Photo : Reuters / Yves Herman

Agence France-Presse

Les tractations sur le partage des postes de pouvoir de l'Union européenne entre les dirigeants européens, réunis depuis dimanche en sommet à Bruxelles, ont été suspendues jusqu'à mardi, illustrant les difficultés à trouver un compromis.

Après une nuit blanche qui ne s'est soldée par aucune annonce de résultat concret, c’est le porte-parole du président du Conseil européen, Donald Tusk, qui a fait l’annonce du report en fin de matinée.

Auparavant, des diplomates européens s'étaient montrés plutôt optimistes, n'excluant pas une percée prochaine, d'autant plus qu'un compromis semblait se dessiner sur le nom du futur président de la Commission européenne.

Il y a un fort consensus sur le social-démocrate Frans Timmermans mais la situation est très volatile.

Un diplomate européen sous couvert d'anonymat

Cette option prévoyait d'une part la désignation du social-démocrate néerlandais à la présidence de la Commission européenne et celle de la Bulgare de droite (du Parti Populaire Européen, PPE) Kristalina Georgieva à la présidence du Conseil européen, avaient indiqué plusieurs sources européennes.

Il était également envisagé de nommer un libéral comme chef de la diplomatie européenne, qui pourrait soit être le Belge Charles Michel soit la Danoise Margrethe Vestager.

Une autre source avait aussi évoqué la possibilité de nommer Mme Vestager, actuellement commissaire européenne à la Concurrence, première vice-présidente à la Commission, aux côtés de Timmermans.

Une présidence partagée?

La présidence du parlement européen, dont le mandat dure deux ans et demi, pourrait être partagée entre le PPE - premier parti politique au Conseil et au Parlement européens - et les libéraux. L'Allemand Manfred Weber, candidat du PPE pour la présidence de la Commission, recalé lors du précédent sommet le 20 juin, pourrait ainsi obtenir un lot de consolation.

Le président français Emmanuel Macron s'oppose fermement à sa nomination à la tête de la Commission, en arguant de son manque d'envergure pour un poste d'une telle importance.

Après deux ans et demi, M. Weber pourrait laisser la place à un libéral, éventuellement le Belge Guy Verhofstadt, selon les mêmes sources.

Cette option ménagerait les sensibilités des uns et des autres. M. Weber avait en effet accepté de soutenir la nomination du candidat de la famille sociale-démocrate, Frans Timmermans, à condition d'obtenir pour lui-même la présidence du Parlement européen et celle du Conseil pour un autre membre du PPE.

Pas d’issue sans la droite

Les libéraux, troisième force au Parlement européen et qui au départ réclamaient la présidence du Conseil, auraient mis de l'eau dans leur vin, en y renonçant et en se reportant sur le poste de chef de la diplomatie européenne.

La droite tient la clé de ces nominations. Aucune solution ne peut être avalisée sans le soutien de cette famille politique, car aucune majorité n'est possible sans les votes de son groupe au Parlement européen.

Un cinquième poste clé de l'Union européenne est à pourvoir cette année, celui de la présidence de la BCE. Cette fonction, hautement sensible, doit être attribuée à un banquier plutôt qu'un politique.

Elle fait cependant partie du puzzle des nominations. La France pourrait la réclamer, selon une source européenne. Plusieurs candidates sont citées, dont Danièle Nouy, présidente du conseil de supervision au sein de la Banque centrale européenne.

Les tractations se poursuivent

La pression était montée sur les dirigeants pour aboutir à un accord, risquant à défaut de prêter le flanc aux critiques des populistes et anti-européens.

Le parlement européen doit impérativement élire son nouveau président lors de sa session inaugurale mercredi à Strasbourg.

« Nous élirons notre président le 3 juillet quel que soit le résultat » du sommet, a affirmé dimanche le président sortant, l'Italien Antonio Tajani, membre du PPE.

Si un accord est trouvé cette semaine par les chefs d'État et de gouvernement sur la présidence de la Commission, le parlement pourra se prononcer sur leur candidat lors de sa seconde session du 15 au 18 juillet. Il lui faudra obtenir au moins 376 voix pour être élu.

Il s'agit du troisième sommet consacré aux postes clés depuis les élections européennes de fin mai.

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