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Textez donc un arbre, il vous répondra!

Julietta Sorensen Kass sous un arbre aux jardins publics d'Halifax.

Julietta Sorensen Kass a créé le projet Text-A-Tree, qui sera lancé le 7 juillet à Halifax.

Photo : Text-A-Tree Halifax / Facebook

Radio-Canada

Pour renouer le contact avec la nature, rien de mieux que… son téléphone. C’est du moins l’avis d’une étudiante de l’Université Dalhousie, qui invite les citoyens d’Halifax à texter les arbres.

Le projet Text-A-Tree, imaginé par Julietta Sorensen Kass, sera lancé le 7 juillet. Il permettra aux gens d’envoyer un message texte à l’un des 15 arbres des jardins publics d’Halifax auxquels on a assigné un numéro de téléphone.

Une personne bénévole textera la réponse de l’arbre.

Julietta Sorensen Kass promet une conversation décontractée, comme si vous discutiez dans un café, mais aussi éducative.

Hêtre pleureur aux Jardins publics d'Halifax.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Malgré son apparence piteuse, Luna l'hêtre pleureur (Fagus sylvatica f. pendula) promet une conversation enjouée. On peut la texter dès le 7 juillet.

Photo : Text-A-Tree Halifax / Facebook

Si je suis un bouleau jaune et que quelqu’un me demande comment se passe ma journée, je pourrais leur répondre que j’ai donné beaucoup d’ombre à quelqu’un aujourd’hui et que ça me fait me sentir merveilleusement bien, illustre-t-elle.

Les réponses des arbres permettront aussi d’en apprendre davantage sur leur rôle biologique et leur signification culturelle.

Les jardins publics d’Halifax abritent une grande variété d’arbres et de plantes. Quatre des espèces d’arbres auxquels on a donné un numéro de téléphone ont un lien avec la culture micmaque, et quatre sont liés à la culture japonaise.

Une femme dansant sous un lilas japonais.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Dès le 7 juillet, il sera possible de texter Maiko, un lilas japonais (Syringa reticulata) des jardins publics d'Halifax.

Photo : Text-A-Tree Halifax / Facebook

Julietta Sorensen Kass dit avoir été inspirée par une situation survenue en 2013 en Australie. 

À Melbourne, les autorités locales avaient assigné un numéro d’identification aux arbres et demandé aux citoyens d’envoyer un courriel si un arbre avait été la cible de vandales, ou semblait négligé.

Mais au lieu de recevoir des tas de plaintes, la Ville a reçu des milliers de lettres d’amour destinées aux arbres, dit Mme Sorensen Kass.

Étang aux jardins publics d'Halifax par temps très chaud le 7 août 2018.

Parc urbain auquel l'accès est gratuit, les jardins publics, inaugurés en 1867, se trouvent au coeur d'Halifax, en Nouvelle-Écosse.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Wolf

Ma théorie est que si les gens veulent, disons, développer une relation avec un arbre - parce que les arbres sont des membres très charismatiques de notre communauté - alors peut-être devrions-nous imiter la manière dont nous développons des liens entre nous. Et pour plusieurs d’entre nous, ça inclut les messages texte, dit-elle. 

Pour ceux qui ne sont pas du genre à converser sans fin, il sera aussi possible de simplement texter ses rêves et ses ambitions à « l’arbre à souhaits ».

Les premières fleurs sur l'arbre à souhaits en mai.

Pour ceux qui ne sont pas du genre à converser sans fin, il sera possible de simplement texter ses rêves et ses ambitions à cet « arbre à souhaits ».

Photo : Text-A-Tree Halifax / Facebook

Est-ce que les gens aiment les arbres à cause de la séquestration du dioxyde de carbone, à cause de l’ombre, de la biodiversité, pour des raisons spirituelles, esthétiques? demande Jessica Sorensen Kass. Qu’est-ce qui fait que les gens aiment les forêts urbaines?

Les résultats de ce projet, dont le financement provient de la bourse Suellen Murray dont Jessica Sorensen Kass est la lauréate cette année, pourraient servir à gérer les forêts urbaines d’une façon qui répondrait encore mieux aux désirs de la population, espère l’étudiante à la maîtrise en gestion des ressources et de l’environnement.

Mme Sorensen Kass indique que les numéros de téléphone des personnes qui texteront les arbres cet été ne seront pas partagés hors des limites de cette étude et seront supprimés à la conclusion du projet, le 31 août 2019. Les noms des personnes qui texteront ne sont ni connus ni partagés entre les membres de l’équipe qui orchestre le projet.

D’après le reportage de Frances Willick, de CBC

Nouvelle-Écosse

Nature et animaux