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Sursis pour la dernière clinique pratiquant l'avortement au Missouri

Des manifestants brandissent des pancartes au balcon d'une clinique.

Des militants pro-choix ont manifesté en mai dernier à la clinique de Saint-Louis, au Missouri.

Photo : Getty Images / Saul Loeb

Reuters

La dernière clinique pratiquant l’avortement dans l'État du Missouri restera ouverte au moins jusqu'au 1er août, selon un décision judiciaire rendue vendredi.

Le sort de la clinique Reproductive Health Services de Saint-Louis donne lieu depuis des semaines à une intense bataille judiciaire entre les autorités de cet État du Midwest, qui refusent de renouveler sa licence d'exploitation, et l'organisation de planification familiale Planned Parenthood, qui gère l'établissement.

La commission d'arbitrage administratif de l'État a renvoyé vendredi au 1er août prochain l'examen sur le fond du dossier. Dans l'intervalle, la clinique continuera de fonctionner.

La réalité terrifiante, c'est que le recours [à l'avortement] reste suspendu à un fil, a estimé le docteur Colleen McNicholas, médecin praticien à la clinique Reproductive Health Services.

Si la clinique de Saint-Louis ferme, le Missouri deviendra le premier État des États-Unis où il sera impossible de recourir à l’avortement depuis que la Cour suprême a reconnu, en 1973, ce droit aux femmes.

Les autorités de l'État affirment que la clinique n'est pas en conformité avec les règles sanitaires en vigueur. Planned Parenthood dénonce une décision relevant d'un objectif purement politique : interdire l'avortement sans même avoir à invalider la décision Roe v. Wade de 1973.

Revers en Cour suprême pour les militants pro-vie

L'avortement est l'une des questions qui divisent le plus la société américaine, partagée entre partisans du droit à l’avortement qui défendent la liberté des femmes à disposer de leur corps (pro-choix) et adversaires qui le condamnent en invoquant des motifs moraux et religieux (pro-vie).

Depuis le début de l'année, douze États à travers le pays ont adopté de nouvelles législations restreignant la possibilité de recourir à l'avortement. Au Missouri, le gouverneur républicain Mike Parson a promulgué le 24 mai dernier une loi interdisant l'avortement à partir de la huitième semaine de grossesse.

Les opposants au droit à l'avortement espèrent que les recours contre ces lois restrictives remonteront jusqu'à la Cour suprême dont les neuf juges, désormais majoritairement conservateurs, auraient ainsi l'occasion de revenir sur la décision de 1973.

Ils ont subi un revers vendredi, la Cour suprême ayant refusé de se saisir d'une procédure visant à rétablir dans l'Alabama, un État majoritairement républicain, une loi de 2016 qui prévoyait d'interdire l'avortement passé un délai de quinze semaines de grossesse. La loi a été invalidée en première instance.

Tout en étant heureux que ce dossier particulier s'achève, nous savons que nous ne sommes absolument pas au bout des initiatives qui visent à restreindre le recours à l'avortement, a commenté Andrew Beck, avocat de l'American Civil Liberties Union.

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