•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Un site Internet pour aider le public à détecter les nappes d'algues bleu-vert

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Une masse d'algue bleu-vert vue par satellite.

Les traînées vert vif visible sur cette image satellite du lac Winnipeg datée du 28 juillet 2018 font partie d'une prolifération d'algues s'étendant sur des centaines de kilomètres.

Photo : Agence spatiale européenne

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

À l’aide d’images satellites, le site Internet Lake Winnipeg Bloomfinder permet aux plaisanciers et aux amateurs de plage de savoir en temps réel où se situent les proliférations d'algues à la surface de l’eau.

Imaginez un instant une journée d'été parfaite dans le sud du Manitoba : le ciel est sans nuages, il y a une brise légère et vous vous dirigez vers le lac Winnipeg.

Vous avez hâte de vous prélasser dans les eaux peu profondes ou d’embarquer dans un bateau, jusqu'à ce que vous voyiez l'épaisse boue verte sur la surface du lac.

C’est justement le scénario que Paul Cooley veut aider à éviter. Ce scientifique, président de la société de Winnipeg, NextGen Environmental Research, est le cerveau du Lake Winnipeg Bloomfinder, un site web qui s’appuie sur des images satellites pour prévenir le public de la présence d’algues à la surface de l’eau. 

On peut obtenir une image en moins d'une journée et les gens peuvent voir à quoi le lac ressemble en temps réel, explique Paul Cooley.

Il précise que son site, qui devrait être accessible pour une deuxième saison, devrait aider les Manitobains à décider du moment où ils se rendront dans n’importe quel endroit au bord du lac Winnipeg.

Il a également dit qu'il souhaitait permettre une meilleure compréhension de la santé environnementale du dixième lac en importance du monde, menacé par l'eutrophisation, un déséquilibre écologique causé par une trop grande quantité d'éléments nutritifs dans ses eaux.

Toxine dangereuse

La prolifération d'algues n'est pas un fait nouveau pour le lac Winnipeg, qui draine un vaste bassin versant qui s'étend des montagnes Rocheuses à l'ouest, à la frontière entre les Dakota du Nord et du Sud et le Minnesota au sud, et la forêt boréale de l'Ontario à l'est.

Les nutriments qui entrent dans le lac, principalement le phosphore et l'azote, favorisent la croissance de milliers d'espèces d'algues. Lorsque les conditions sont favorables, les algues peuvent se concentrer dans des fleurs d’eau qui recouvrent de vastes étendues du lac.

Les algues bleu-vert sont l’espèce qui inquiète le plus les scientifiques. Elles peuvent produire une toxine dangereuse selon certaines conditions environnementales.

Lorsqu’elles commencent à manquer de nourriture, elles peuvent émettre un poison qui tue une partie de ces fleurs d’eau afin de libérer des nutriments qui permettent de nourrir le reste des algues.

Le coupable : le phosphore

Les algues bleu-vert sont également remarquables pour leur capacité à obtenir une partie de leur nourriture directement dans l'air. Lorsqu'il n'y a pas assez d'azote dans le lac, les algues bleu-vert peuvent le récupérer directement dans l'atmosphère, qui contient 80 % d'azote.

C'est pourquoi les spécialistes de l'environnement se sont surtout attardés à limiter le flux de phosphore, l'autre élément nutritif essentiel à la croissance des algues dans le lac Winnipeg.

Développement durable Manitoba aimerait limiter le phosphore à 50 parties par million dans le lac Winnipeg. Mais au cours des cinq dernières années, les concentrations de phosphore dans le bassin sud du lac ont été en moyenne d’environ 100 parties par million.

Des algues bleu-vert qui recouvrent le littoral du lac Winnipeg.

Dans cette photo prise le 25 juin 2019, on observe des algues qui tapissent le rivage de la baie Balsam, du côté est du bassin sud du lac Winnipeg.

Photo : Photo fournie par Roger Rempel

On est à peu près au double de ce qu'on aimerait voir, explique Nicole Armstrong, directrice des sciences de l'eau et de la gestion de l'eau de Développement durable Manitoba. Ce n'est pas surprenant. Les éléments nutritifs proviennent d'un immense bassin hydrographique.

Les inondations importantes augmentent également la charge de phosphore dans le lac, explique le géographe de l'Université du Manitoba Greg McCullough, qui a passé des décennies à étudier la manière dont les nutriments se déversent dans le lac Winnipeg et les conséquences de ce phénomène.

Environ un tiers du phosphore supplémentaire qui se retrouve dans le lac pendant des années humides peut être attribué aux eaux de crue qui absorbent le phosphore provenant d'engrais agricoles et d'eaux usées, ajoute Greg McCullough.

Les changements climatiques en partie responsables

Les changements du climat sont également un problème, selon lui.

Les températures plus clémentes rendent le lac Winnipeg plus accueillant pour les algues bleu-vert, qui préfèrent les conditions plus douces, ajoute-t-il.

La majeure partie du phosphore qui entre dans le lac reste dans l'étendue d'eau où il est, soit en suspension dans l'eau, soit déposé dans les sédiments du fond du lac qui sont brassés.

Tous ces facteurs contribuent au fait que les propriétaires de chalets, les plaisanciers, les pêcheurs commerciaux et les amateurs de plage ont tous remarqué une plus grande prolifération d'algues.

Avec des informations de Bartley Kives, CBC Manitoba.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !