•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des infrastructures de plus en plus menacées par les feux de forêt

De la fumée causée par un incendie de forêt.

Les lignes de transmissions d’électricité peuvent non seulement être endommagées par les feux, mais aussi en allumer.

Photo : Charmaine Wassaykeesic

Radio-Canada

Selon des spécialistes des incendies de forêt, les infrastructures essentielles, comme les lignes électriques et les corridors de télécommunications, qui sillonnent le Grand Nord de l’Ontario et d'autres secteurs de la forêt boréale, seront de plus en plus à risque d’être endommagées ou détruites par des feux de forêt.

Au Canada, il y a plus de 109 millions d’hectares de territoire où des étendues boisées entrent en contact avec des routes, des lignes électriques, des ponts, des chemins de fer et des lignes de télécommunications, selon Lynn Johnston, une spécialiste de la recherche sue les incendies au Service canadien des forêts à Sault-Sainte-Marie.

Cette convergence d’infrastructures et de combustible devrait être le théâtre de plus en plus d’incendies au cours du siècle prochain en raison des changements climatiques, explique Mme Johnston.

Récemment, un incendie de forêt de près de 4000 hectares qui a causé l’évacuation de la Première nation de Pikangikum, à environ 500 kilomètres au nord-ouest de Thunder Bay, a également brûlé un certain nombre de lignes de télécommunications, selon la Nation Nishnawbe Aski (NAN).

L’incendie a également causé des dommages mineurs à une nouvelle ligne électrique qui relie Pikangikum au réseau électrique provincial.

Un autre incendie près de Pickle Lake en juin a également endommagé le système téléphonique local, y compris le service 911.

Les impacts peuvent être encore plus dramatiques parce que l’infrastructure n’est peut-être pas là pour une évacuation, peut-être qu’il n’y a qu’une route ou aucune route... donc les impacts peuvent être beaucoup plus prononcés dans ces régions plus éloignées.

Lynn Johnston, spécialiste de la recherche sur les incendies au Service canadien des forêts
Des arbres avec beaucoup de fumée, en raison d'un feu de forêt.

La Première Nation Pikangikum se situe à deux heures de vol de Thunder Bay et n’est pas accessible par la route.

Photo :  Facebook / Priscilla King

Bien que la forêt boréale ait besoin du feu pour se régénérer, Mme Johnston explique que trop de feu peut non seulement changer le type de végétation qui repousse, mais aussi rendre beaucoup plus difficile la protection des infrastructures.

Des pistes de solution

La forêt boréale, composée de conifères particulièrement inflammables, présente un risque important pour les infrastructures, affirme Mike Flannigan, professeur spécialiste des feux de forêt à l’Université de l’Alberta.

Cela amène les autorités dans des régions particulièrement vulnérables aux incendies à chercher de nouvelles façons de lutter contre les incendies ou de protéger les infrastructures, explique-t-il.

J’ai visité le comté de San Diego [...], ils enterrent 60 % de leurs câbles, ajoutant que c’est la chose la plus sûre à faire, mais c’est très cher.

Dans certaines régions rurales californiennes, le réseau électrique est éteint lorsqu’il fait chaud et sec, explique M. Flannigan, ce qui élimine presque toute possibilité que les lignes de transmissions elles-mêmes provoquent un incendie.

Ils ont d’autres technologies qui détectent s’il y a une rupture dans la ligne et ils coupent automatiquement l’alimentation électrique, avant même que le câble ne touche le sol.

Mike Flannigan, professeur spécialiste des feux de forêt à l’Université de l’Alberta

Cependant, aucune idée n’est à toute épreuve, précise M. Flannigan, citant un incendie de forêt en 2014 qui a fait fondre une section enfouie d’un câble de télécommunications et qui a coupé l’accès Internet à Yellowknife.

Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres, a-t-il dit. Mais à mesure que les incendies s’aggravent et s’intensifient, ils vont affecter l’infrastructure de bien des façons.

Nous devons nous préparer à un monde plein d’extrêmes, conclut M. Flannigan.

Avec les informations de CBC

Nord de l'Ontario

Incidents et catastrophes naturelles