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L'énorme défi financier du Festival acadien de Caraquet suscite des réflexions

Tintamarre au Festival acadien de Caraquet

Tintamarre au Festival acadien de Caraquet

Photo : Gouvernement du Nouveau-Brunswick

La municipalité de Caraquet a l'intention de bien épauler le Festival acadien, qui traverse une période difficile au plan financier.

Le déficit de 153 000 $ du festival, l'an dernier, en a fait sursauter plusieurs, à commencer par les élus municipaux.

Quand le déficit a été dévoilé, ça nous a surpris à la municipalité, indique le maire de Caraquet, Kevin Haché. On veut vraiment que le festival continue. On va travailler avec eux pour trouver des solutions. Ils peuvent compter sur la collaboration de la municipalité. On ne peut pas leur faire un cadeau, cet argent-là ils devront trouver une façon de le rembourser. Mais, on va travailler avec eux et le festival doit être là pour rester. Le Festival acadien est un moteur économique pour la municipalité et les environs.

Kevin Haché

Kevin Haché, maire de Caraquet

Photo : Radio-Canada

Kevin Haché constate que la conjoncture a changé pour les festivals et il estime que d'autres événements du genre pourraient, aussi, éprouver des difficultés. Je pense que le Festival acadien n'aura pas le choix de se réinventer et, peut-être, prendre des décisions drastiques.

Comprendre les causes

Daniel Thériault a été à la barre du Festival acadien de Caraquet durant neuf ans. Si les succès grisants ont été nombreux, il a aussi connu des moments difficiles, incluant des déficits considérables.

On a eu deux mauvaises années, se remémore-t-il. Je me souviens d'années où on a dû faire des redressements. C'est une situation inquiétante, mais le festival s'est déjà sorti de situations comme ça. Il faut bien comprendre ce qui a pu causer un déficit.

Même certains chiffres peuvent sembler gros, il est tout de même persuadé que le Festival acadien peut s'en sortir, s'il est bien appuyé. Pour Caraquet et l'Acadie, c'est un événement trop important pour le laisser aller.

Daniel Thériault, ex-directeur général du Festival acadien de Caraquet

Daniel Thériault, ex-directeur général du Festival acadien de Caraquet

Photo : Paul Landry/Radio-Canada

Daniel Thériault estime que l'événement mise sur une bonne programmation cette année. Mais il constate que le défi reste de taille.

Le Festival acadien, c'est une grosse machine qui ne peut pas tourner de bord aussi vite qu'un plus petit événement, explique-t-il. La structure de financement est plus compliquée qu'avant. Avant, tu faisais quatre ou cinq partys, tu payais ton festival et, pour le reste de la programmation, tu pouvais faire un peu ce que tu veux. Le contexte a changé, ce qui fait que c'est plus compliqué de financer le festival.

En plus d'une programmation plus « jeune », il note la modernisation de l'image du festival parmi les bons coups.Mais c'est un festival grand public donc il faut penser à toutes les clientèles, rappelle-t-il. Quand il y a des moments comme ça, il faut se reconnecter avec le public, surtout local. Il faut qu'il y ait un appui fort de la population de toute la région.

Femme habillée d'une robe aux couleurs du drapeau acadien.

Le Grand Tintamarre du Festival acadien de Caraquet, au Nouveau-Brunswick, le 15 août 2018.

Photo : Radio-Canada / Camille Bourdeau

Le maire, Kevin Haché, se demande si le festival n'est pas parfois un peu prisonnier de sa mission.

La mission du Festival est de promouvoir la langue française, de promouvoir les artistes émergents, etc. Donc, si vous avez un artiste que vous n'avez jamais connu, ça va être difficile, peut-être, de payer pour aller le voir. Aussi, ils ne peuvent pas faire venir des artistes anglophones. Des fois, il y a des groupes connus qui permettraient de remplir la salle et remplir les coffres., mais il n'y en a pas de groupes anglophones durant le Festival acadien. Il y a des jeunes qui ont chanté des chansons en anglais durant le Festival acadien et les gens ont quasiment fait une crise. Je pense qu'à certaines places la mission du Festival acadien est un boulet qui ne permet pas nécessairement de remplir les salles.

Le contexte politique

L'ancien directeur général et artistique, Daniel Thériault, se dit préoccupé par le contexte politique. Ce qui est inquiétant c'est qu'on a un gouvernement provincial qui ne jure que par les coupures, déplore-t-il. On dirait qu'il ne voit pas ce que ces coupures-là peuvent faire à long terme. Je suis certain que la Ville de Caraquet va mettre l'épaule à la roue et ce serait important que le gouvernement provincial et le gouvernement fédéral, dans ses programmes de développement économique, appuient le Festival acadien dans cette mauvaise période.

Daniel Thériault se réjouit qu'une nouvelle génération ait pris en mains le Festival acadien de Caraquet. Mais, il ne faut pas avoir peur de consulter des gens qui ont de l'expérience, qui ont participé au festival au cours des années, pour voir comment on peut réajuster le tir et remplir les salles à nouveau.

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