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Le Programme des travailleurs étrangers temporaires pourrait être modifié

Des travailleurs retirent les mauvaises herbes d'un champ de fraises.

Des travailleurs guatémaltèques sont employés l'été à la Ferme Lebel depuis une dizaine d'années.

Photo : Radio-Canada / Marie-Christine Rioux

Marie-Christine Rioux

Le gouvernement fédéral souhaite apporter des changements au Programme des travailleurs étrangers temporaires. Ces modifications offriraient une plus grande flexibilité à ces travailleurs en leur permettant d'obtenir un permis de travail qui les lierait à une profession plutôt qu'à un employeur, comme c'est le cas présentement.

Par ces modifications, le gouvernement souhaite augmenter la mobilité des travailleurs étrangers temporaires qui sont présentement liés à l'entreprise qui effectue les démarches pour leur déplacement au pays.

La nouvelle version du permis de travail proposée par le gouvernement permettrait aux travailleurs étrangers temporaires d’aller exercer la même profession, mais auprès d’un autre employeur.

Ottawa cherche ainsi à protéger les travailleurs étrangers temporaires contre des conditions de travail abusives.

Ce nouveau type de permis pourrait donner lieu à des conditions de travail plus compétitives, selon le gouvernement.

Des plants de fraises

Les fraises sont presque prêtes à être cueillies, à la Fraisière Lebel. Des travailleurs étrangers viennent prêter main-forte à l'entreprise familiale pour la cueillette depuis une quinzaine d'années.

Photo : Radio-Canada / Marie-Christine Rioux

Ces changements potentiels n’inquiètent pas vraiment Nathalie Bernier, la responsable des communications de la Fraisière Lebel située à Saint-Arsène, près de Rivière-du-Loup, puisqu'elle affirme que les travailleurs étrangers qui viennent travailler chez elle sont attachés à l'entreprise familiale.

Ce sont les mêmes travailleurs qui reviennent pour la plupart. [...] Pour nous, c'est une sécurité d'avoir cette main-d'oeuvre-là pour pouvoir faire la récolte puis assurer la pérennité de l'entreprise, explique-t-elle.

L’entreprise accueille des travailleurs étrangers depuis une quinzaine d'années.

Ils nous connaissent. On les connaît. Ils font partie un petit peu de notre famille.

Nathalie Bernier, responsable des communications à la Fraisière Lebel

Melicio Robero Robero, un travailleur guatémaltèque, en est à son neuvième été à la Fraisière Lebel.

Melicio Robero Robero, dans un champ de fraises

Melicio Robero Robero en est à son neuvième été de travail à la Ferme Lebel de Saint-Arsène.

Photo : Radio-Canada / Marie-Christine Rioux

Il apprécie l’ambiance familiale qui règne à la ferme.

Ici, au Canada, il y a beaucoup de travail, beaucoup d'emplois, et nous travaillons pour nos familles au Guatemala, ajoute-t-il.

Pas nécessairement la meilleure solution

Selon le coordonnateur de la Chambre de commerce de Rimouski-Neigette, Jonathan Laterreur, les changements proposés par le gouvernement représentent une fausse bonne idée.

Il rappelle qu'il est primordial d'assurer la sécurité et l'intégrité des travailleurs étrangers temporaires, mais que la solution proposée n'est pas la bonne.

Dans le contexte de pénurie de main-d'œuvre, il estime qu'une entreprise pourrait se retrouver en mauvaise posture si les travailleurs étrangers qu'elle a fait venir décident de se tourner vers un autre employeur qui offre des conditions de travail un peu plus avantageuses.

Il va y avoir une compétition entre les employeurs pour offrir, par exemple, des bénéfices meilleurs chez l'un que chez l'autre. Et là, on s'en va complètement à l'encontre de la raison première pour laquelle il y a cette demande-là de travailleurs étrangers, soutient-il.

Sept travailleurs arrachent des mauvaises herbes dans un champ.

Des travailleurs guatémaltèques désherbent l'un des champs de fraises de la Ferme Lebel.

Photo : Radio-Canada / Marie-Christine Rioux

De son côté, le directeur général de la Fondation des entreprises en recrutement de main-d'œuvre agricole étrangère, la FERME, partage la même opinion que le coordonnateur de la Chambre de commerce Rimouski-Neigette.

Son organisme effectue du maillage entre entreprises et travailleurs étrangers temporaires.

Selon son expérience personnelle, la très grande majorité des travailleurs étrangers temporaires ont de bonnes expériences de travail au Québec.

Il estime qu'il existe des façons plus efficaces de les protéger des abus.

Mettre plus d'argent sur les vérifications. Tous les employeurs supposément doivent être vérifiés une fois chaque quatre ans. Donc, est-ce que ce serait mieux d'être plus souvent sur le terrain?

Fernando Borja, directeur général de la FERME

Le gouvernement fédéral se donne un mois pour sonder le public au sujet des changements qu’il propose au Programme des travailleurs étrangers temporaires.

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