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Mort de Lyndia Hamel : prévenir d'autres cas à la Maison Carignan

Visage d'une jeune femme souriante

L'enquête publique porte sur la mort de Lyndia Hamel, 21 ans, à la Maison Carignan, un centre de thérapie pour dépendance de Trois-Rivières

Photo : Facebook

Catherine Dib

La Maison Carignan était-elle suffisamment outillée pour venir en aide à Lyndia Hamel? C’est l’interrogation principale qui ressort du quatrième jour des audiences de l’enquête publique sur la mort de la résidente à la suite d’une surdose en 2016.

La coroner Andrée Kronström a mentionné diverses pistes de recommandations durant les témoignages de l’ancien directeur général du centre de thérapie, Alain Poitras, et de l’actuelle directrice générale, Valérie Piché.

Tous deux ont présenté les divers outils à la disposition des employés pour encadrer les résidents qui auraient consommé des stupéfiants, comme dans le cas de Lyndia Hamel.

Affiche indiquant la Maison Carignan et le centre

Il y a eu plusieurs modifications dans les pratiques des employés et l'encadrement des résidents de la Maison Carignan depuis 2017

Photo : Radio-Canada / Marie-Pier Bouchard

Valérie Piché a précisé que, depuis 2017, dans le cas d’un résident intoxiqué qui aurait omis de respecter ses conditions, la police est généralement contactée pour intervenir dès que possible.

La coroner croit que le protocole doit être révisé pour que la question médicale soit la priorité quand une urgence à la fois médicale et policière survient. Même si elle est en bris de conditions, elle doit être amenée pour voir un médecin, estime-t-elle.

Andrée Kronström souligne également qu’il est important d’avoir les outils pour évaluer le niveau d’intoxication d’un résident.

Protocole revu

Lyndia Hamel est décédée le 27 décembre 2016 d'une surdose de drogues à la Maison Carignan, un centre de thérapie pour dépendance.

Lyndia Hamel est décédée le 27 décembre 2016 d'une surdose de drogues à la Maison Carignan, un centre de thérapie pour dépendance.

Photo : Facebook

En 2016, au moment où Lyndia Hamel avait consommé de la drogue, les intervenants présents devaient consulter leurs supérieurs avant de procéder à une expulsion. Depuis 2017, la consommation de drogue mène à une expulsion presque automatique d’une personne hébergée.

On laisse quand même une marge de jugement clinique pour les intervenants, précise Valérie Piché. Elle cite en exemple un cas où la consommation de stupéfiants par un résident n’aurait été découverte que des mois après les faits.

La directrice générale de la Maison Carignan dit néanmoins que dans un cas où l’on fait appel à la police durant la nuit, les agents ne décident parfois d'intervenir que le lendemain matin si la situation n'est pas urgente. Donc, malgré ce nouveau protocole, Lyndia Hamel n'aurait sans doute été expulsée qu’au lendemain de sa prise de stupéfiants et aurait quand même passé la nuit au centre de thérapie.

Retour sur 2016

Alain Poitras, qui était directeur général en 2016, a été interrogé sur les pratiques et ses responsabilités de l’époque.

En général, il ne se préoccupait pas de la gestion des résidents, car celle-ci était prise en charge par le département clinique, sauf dans les cas problématiques. Pour une expulsion, on devait m’en parler, car j’ai plus d’expérience, précise-t-il.

Il déclare toutefois ne pas se souvenir du protocole qui était en vigueur la nuit des événements. La coroner tire néanmoins ses propres conclusions sur ce qui s’est passé en décembre 2016. Je suis capable de lire entre les lignes, affirme Andrée Kronström en réponse aux hésitations de l’ancien directeur général.

L'ancien directeur insiste sur le fait qu'il y avait un manque de ressources au centre de thérapie à l'époque, ce qui rendait le travail des intervenants difficile.

On a beau avoir des subventions, le personnel était essoufflé, certains partaient le soir très fatigués.

Alain Poitras, ancien directeur général de la Maison Carignan

Des changements dans la sécurité

Bien que les techniques de fouille auprès des résidents n’ont pas changé depuis 2016, Valérie Piché déclare qu’elle a déjà recouru à des chiens renifleurs dans le centre de thérapie et qu’elle entend répéter l’expérience. Ils se promènent partout dans le centre, ça a un effet dissuasif, explique-t-elle.

Les tâches des gardiens de nuit ont aussi été abordées durant les témoignages, car Lyndia Hamel aurait peut-être circulé dans le centre durant la nuit, selon des témoins. Le gardien se promène aux demi-heures dans l’établissement pour s’assurer qu’il n’y a pas d’infractions, indique l’ancien directeur général.

Toutefois, le gardien étant un homme, il ne peut ouvrir la porte des chambres de résidentes pour vérifier si elles y sont toujours. Il aurait fallu une femme pour entrer dans les chambres, précise Alain Poitras. Il y a d’ailleurs un poste de gardienne de nuit qui existe depuis le mois de mai, mais il n’a toujours pas été comblé.

Les proches essoufflés

Étienne Fréchette, ami d'enfance de Lyndia Hamel

Étienne Fréchette, ami d'enfance de Lyndia Hamel, estime qu'il y a plusieurs contradictions dans les témoignages qu'il a entendus

Photo : Radio-Canada

L'ami d'enfance de Lyndia Hamel, Étienne Fréchette et sa mère, Céline Hamel, suivent les audiences de près depuis le début de l'enquête. Ils se déclarent exténués par le long processus. Étienne Fréchette envisage d'ailleurs toujours une poursuite au civil contre la Maison Carignan.

Je suis écœuré, on attend une justice depuis deux ans.

Étienne Fréchette, ami de Lyndia Hamel

Céline Hamel insiste sur le fait que sa fille n'a pas reçu l'aide qu'elle cherchait à la Maison Carignan. Tout ce qu'elle voulait, c'est de l'aide. Elle ne voulait pas aller en prison, elle devait se rendre à l'hôpital, se désole-t-elle.

La suite de l'enquête publique

Tous les témoins prévus pour le volet factuel de l'enquête publique ont été entendus, mais la coroner peut décider d’en ajouter d’autres dans les semaines à venir.

Le deuxième volet de l’enquête publique, soit celui des recommandations, commencera cet automne. Des experts ainsi que des représentants de divers ministères seront appelés à la barre pour témoigner devant la coroner.

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