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Méthamphétamine : pas de consensus pour un centre d’injection supervisée au Manitoba

Un homme s'injecte de l’héroïne.

Un groupe de travail chargé de contenir la crise de la méthamphétamine au Manitoba a formulé un certain nombre de recommandations, notamment une incitation à davantage de coordination entre la désintoxication, le traitement et le logement supervisé.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Un groupe de travail formé par les trois ordres de gouvernement pour lutter contre la crise de la méthamphétamine au Manitoba réclame davantage de services pour aider les toxicomanes à abandonner la drogue. Les membres de l’équipe n’ont cependant pas réussi à s’entendre sur la mise en place d’un centre d’injection supervisée.

Le groupe de travail supervisé par les villes, les gouvernements provinciaux et le gouvernement fédéral a formulé 22 recommandations.

Ces recommandations concernent en majorité les causes profondes de l’emprise de la méthamphétamine, ainsi que des opioïdes et d'autres drogues illicites sur certaines personnes dans la province.

Le groupe de travail dit ne pas avoir formulé de recommandation en faveur d'un centre de consommation sécuritaire, n'ayant pu parvenir à un consensus à ce sujet.

Dans le rapport de 35 pages, le groupe de travail dit qu’il est urgent de créer davantage de centres de désintoxication et de centres de réadaptation à plus long terme. Il suggère également une amélioration et une augmentation du nombre de programmes de conseil et de transition offerts.

Le rapport indique que le nombre de programmes de soutien à long terme destinés aux consommateurs de drogues est limité au Manitoba. Le groupe de travail soutient que les installations devraient disposer de lits pour accueillir les toxicomanes pendant au moins un an.

Le rapport recommande spécifiquement l’élaboration d’une approche coordonnée de « désintoxication, de transition médicale, de traitement et de logement ainsi que des services de soutien ».

Le groupe de travail préconise l’augmentation du nombre d’espaces sécuritaire où les personnes qui utilisent des substances peuvent être soignées. Le rapport note que de nombreuses installations gérées par des agences ne proposent pas d’assistance 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, ce qui devrait changer avec des ressources suffisantes.

Brian Bowman, Cameron Freisen et Robert Falcon-Ouellette annoncent leur collaboration.

La Ville de Winnipeg, la province du Manitoba, et le fédéral espèrent que leur collaboration permettra de trouver des solutions efficaces au problème de la méthamphétamine.

Photo : Radio-Canada

Création de plus d’équipes de proximité dans les communautés

Dans le nouveau modèle proposé, les utilisateurs récents de méthamphétamine qui ne sont pas en danger imminent sont reçus par une équipe de fournisseurs de services composée entre autres d’infirmières, de travailleurs sociaux et de policiers. Cela leur évite d'être envoyés dans une salle d’urgence qui ne correspondra pas à leurs besoins.

Le rapport demande la mise en place de réseaux de sécurité communautaires capables de répondre aux appels téléphoniques concernant la vente illicite de drogue et la violence liée à la consommation de drogues.

Une personne serait chargée de transmettre les informations pertinentes à la police.

En ce qui concerne la mise en vigueur, des unités conjointes de mise en vigueur et l'amélioration de la transmission des données figurent parmi les recommandations visant à mettre fin à la circulation de drogues illicites.

Selon le groupe de travail, l’association Crime Stoppers devrait se pencher sur la recherche d’information sur les drogues illicites et les revendeurs par le biais d'une campagne concertée et des récompenses en espèces pour les informations sur les drogues.

Plus de cliniques d'aide aux toxicomanes

Le rapport préconise l'élargissement du mandat du tribunal de traitement de la toxicomanie de Winnipeg afin de diminuer le nombre de toxicomanes qui se retrouvent en prison.

Le groupe de travail propose d'étendre les heures d'ouverture des cliniques d'aide aux toxicomanes et souhaite que la distribution des aiguilles soit gérée de manière centralisée.

Les membres du groupe de travail disent que, s'il y avait davantage de programmes de loisirs, d’emplois et de programmes adaptés à la culture, cela diminuerait aussi la consommation de drogues.

Le comité reconnaît dans son rapport qu’il est impossible pour un groupe ou une organisation de résoudre les problèmes de toxicomanie chronique et aiguë de manière individuelle.

Des acteurs laissés pour compte

Une femme portant des lunettes discute, l'air préoccupé.

Marion Willis, fondatrice et directrice générale de Morberg House - Saint-Boniface Street Links

Photo : Radio-Canada / Megan Goddard

Marion Willis, la directrice de Saint-Boniface Street Links, un organisme à but non lucratif qui offre un abri et un accès aux services de soutien aux toxicomanes, soutient que son groupe a été laissé à l’écart des discussions.

« Beaucoup d’entre nous [...] n’ont pas été consultés, mais il me semble que les personnes qui ont participé aux discussions comprennent bien le problème », dit Marion Willis.

Mme Willis dit qu’elle espérait qu’une entité de coordination pourrait réunir tous les acteurs essentiels à la lutte contre la méthamphétamine et d’autres drogues. Selon elle, un lieu de consommation sécuritaire et supervisée pourrait fonctionner pour d’autres drogues, mais pas pour les utilisateurs de méthamphétamine.

La dépendance à la méthamphétamine n’est pas comme les autres dépendances. Les comportements [des consommateurs] sont très différents. Certains d’entre eux sont debout [pendant] 17 jours [et] ils ont vraiment fait des kilomètres [à pied].

Marion Willis, directrice de Saint-Boniface Street Links

Le groupe de travail était coprésidé par Karen Herd, la sous-ministre de la Santé, des Aînés et de la Vie active, et Michael Jack, le chef des Services généraux de la Ville de Winnipeg. Ils ont eu environ six mois pour trouver des membres, élaborer des recommandations et produire leur rapport.

La version finale a été remise cette semaine au maire de Winnipeg, Brian Bowman, au ministre de la Santé, Cameron Friesen, et à Robert-Falcon Ouellette, le député libéral de Winnipeg-Centre.

Manitoba

Drogues et stupéfiants