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  • Depuis 1986, le Japon malgré le moratoire, poursuit la pêche à la baleine

    Un pêcheur casqué transperce avec un harpon la partie arrière d'une baleine.

    Le 1er juillet 2019, le Japon reprendra la pêche commerciale à la baleine.

    Photo : Radio-Canada

    Radio-Canada

    Le 1er juillet 2019, le Japon reprend la pêche commerciale des baleines interdite par un moratoire international. Cette décision, défendue par les autorités nippones pour des raisons scientifiques et culturelles, est vivement contestée depuis plusieurs années, comme le montrent certains de nos reportages.

    Selon la Cour internationale de Justice, le Japon déguisait une activité comme la chasse à la baleine en un programme de recherche scientifique.

    Frédéric Nicoloff

    Des arguments rejetés par la justice internationale…

    En 1986, la communauté internationale, très inquiète d’une possible extinction des baleines, impose un moratoire sur la pêche commerciale de ces cétacés.

    Le Japon est partie intégrante de ce moratoire, mais n'est pas très enthousiaste.

    Or il existe une exception au moratoire. La pêche à la baleine peut être acceptée si elle est effectuée pour des raisons scientifiques.

    Le Japon utilisera à fond cette exception pour poursuivre la pêche à la baleine.

    L'opinion publique internationale s'en émeut et critique le pays asiatique pour tirer avantage d'une faille dans le droit international.

    Reportage du 31 mars 2014 (non diffusé)

    Comme le souligne le journaliste Frédéric Nicoloff dans un reportage, c'est le 31 mars 2014 que la communauté internationale, par le biais de la Cour internationale de Justice, rappelle le Japon à l’ordre.

    Le tribunal des Nations unies rejette les arguments qu’invoque le gouvernement nippon pour contourner le moratoire.

    Selon la Cour, l’établissement de quotas de pêche n’est pas transparent de la part de Tokyo.

    De plus, les chercheurs japonais publient peu d’articles qui utilisent les données recueillies grâce à cette pêche.

    La Cour conclut que les activités nippones ne peuvent donc pas être légitimées au nom de la recherche scientifique. C'est de la pêche commerciale déguisée sur des espèces menacées.

    … et aussi invalidés par la communauté scientifique

    La majorité des travaux qui sont faits, notamment sur les mesures d’abondance [des baleines], les travaux sur la génétique et sur les polluants ne nécessitent pas d’abattage.

    Jean-Claude Brêthes, Université du Québec à Rimouski

    Découverte, 17 décembre 2006

    Le 17 décembre 2006, un reportage du journaliste Jean-Pierre Rogel et réalisé par Louis Faure, que diffuse Découverte, était déjà arrivé à la même conclusion.

    L'équipe de Découverte s’est posé ces questions.

    Que vaut la recherche scientifique japonaise qui utilise les données recueillies grâce à la chasse à la baleine? Peut-on faire ces recherches sans tuer ces animaux?

    Pour obtenir des réponses à ces interrogations, Jean-Pierre Rogel et Louis Faure ont constitué un jury de trois experts québécois de l’environnement marin et des cétacés.

    Ce jury doit évaluer la qualité de 23 articles écrits par des chercheurs japonais.

    Ces derniers, considérés comme la crème des publications nippones — car parues dans des revues scientifiques très cotées de langue anglaise — utilisent les données obtenues grâce à la pêche à la baleine.

    Petit rappel : pour arriver à produire ces articles, les Japonais tuaient chaque année, dans les années antérieures à 2006, un millier de baleines.

    Le verdict des trois jurés est sans équivoque. Les articles publiés sont de très bonne qualité, quoique peu originaux.

    Cependant, là où le bât blesse, c’est que ceux-ci s’intéressent surtout aux polluants et aux produits toxiques que l’on trouve chez les baleines.

    La grande majorité des articles sont écrits dans l’optique de protéger la santé publique. Ils ne traitent pas de la gestion des stocks ou de la démographie des baleines.

    Seulement quatre des 23 publications soumises au jury concernent les espèces de baleines chassées par les Japonais.

    De plus, la plus grande partie des données recueillies lors de la pêche sont utilisées dans des rapports techniques que produisent les Japonais.

    Ceux-ci sont à la fois peu accessibles et invérifiables.

    Quant à la question de savoir si la recherche publiée par les Japonais pourrait se faire sans tuer des baleines, les jurés sont catégoriques.

    Depuis plusieurs années, la technologie permet de préparer ces articles en épargnant les animaux.

    On comprend dans ce contexte la conclusion de la Cour internationale de Justice de 2014.

    En septembre 2018, le Japon a tenté une autre fois avec d’autres pays de mettre fin au moratoire de 1986.

    La proposition nippone a été battue par 41 voix contre 27 par la Commission baleinière internationale qui gère le moratoire.

    Ce rejet a amené le Japon à quitter la commission en décembre 2018.

    Tokyo a annoncé du même souffle qu'elle reprenait la pêche commerciale.

    Cette pêche sera cependant limitée dans la zone économique exclusive du Japon et dans ses eaux territoriales.

    Le Japon rejoint ainsi d'autres pays comme la Norvège et l'Islande qui pratiquent la pêche commerciale à la baleine.

    Selon le quotidien de Tokyo Asahi Shimbun, la viande de baleine représente à peine 0,1 % de la consommation carnée des Japonais.

    La plupart des Japonais affirment ne pas en manger ou très rarement.

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