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Mort de Lyndia Hamel : ses dernières confidences

Affiche indiquant la Maison Carignan et le centre

La Maison Carignan, un centre de thérapie pour les alcooliques et toxicomanes à Trois-Rivières

Photo : Radio-Canada / Marie-Pier Bouchard

Catherine Dib

Lyndia Hamel aurait montré des signes de détresse le soir avant sa mort en décembre 2016. C’est ce qui ressort de plusieurs témoignages qui ont été livrés lors du troisième jour des audiences de l’enquête publique sur le décès de la jeune femme de 21 ans à la Maison Carignan.

Trois résidentes qui ont connu Lyndia Hamel au centre de thérapie ont vu la jeune femme en pleurs la nuit du 26 décembre. Elle risquait un retour en prison après avoir omis de respecter ses conditions en consommant de la drogue.

Lyndia avait dit que c’était sa dernière nuit et qu’elle n’irait pas en détention, raconte une bénéficiaire, Sylvie Dusablon.

Des propos qui font écho à ceux d’une autre résidente avec qui Lyndia Hamel avait été jumelée la nuit du 26 décembre. Elle tremblait alors que je la serrais dans mes bras, affirme Julie Austin, qui précise que la jeune femme lui avait fait part de ses regrets sur ses actions.

Lyndia Hamel est décédée le 27 décembre 2016 d'une surdose de drogues à la Maison Carignan, un centre de thérapie pour dépendance.

Lyndia Hamel est décédée le 27 décembre 2016 d'une surdose de drogues à la Maison Carignan, un centre de thérapie pour dépendance.

Photo : Facebook

Des responsables lui avaient donné le mandat de surveiller Lyndia Hamel pour la durée de la nuit, au cas où elle aurait souffert de convulsions. Julie Austin précise qu’elle semblait encore très intoxiquée au moment du coucher. Ses yeux étaient enflés, comme s’ils baignaient dans l’huile, raconte-t-elle.

La résidente avait malgré tout baissé sa garde une fois que la jeune femme s’est assoupie. Je me suis endormie après l’avoir entendu respirer avec une respiration régulière. Mais elle ne respirait plus quand je l’ai trouvée le lendemain matin, dit-elle avec regret.

Julie Austin aurait trouvé une seringue, une petite soucoupe ainsi qu’un petit sac de vide dans le lit de Lyndia Hamel le matin du 27 décembre.

Des décisions qui divisent

L’ancienne adjointe clinique de la Maison Carignan a aussi témoigné jeudi.

Marie-Danielle Vézina affirme qu’elle avait des réserves face à la décision de sa supérieure, Audrey Alarie, de ne pas engager un protocole d’expulsion alors que Lyndia Hamel avait consommé de la drogue. Elle précise néanmoins qu’aucune décision sur une expulsion du centre de thérapie ne pouvait être prise sans l’accord du directeur général de l’époque, Alain Poitras.

Elle était aussi en désaccord avec le fait que la jeune femme n’ait pas subi d’évaluation médicale et qu’une bénéficiaire soit responsable de son bien-être.

Des textos imprimés sur une feuille de papier.

Un échange de messages textes entre l'ancienne adjointe clinique Marie-Danielle Vézina et l’intervenant Anthony Dessureault la veille de la mort de Lyndia Hamel a été déposé en preuve lors de l'enquête publique.

Photo : Radio-Canada / Catherine Dib

Le soir des événements, elle avait fait part de ses réticences auprès de l’intervenant Anthony Dessureault par textos. Elle avait écrit : On a quelqu’un en consommation dans le centre et elle n’a pas été évaluée. C’est dangereux selon moi et pas légal de la faire ‘’checker’’ par une résidente.

Une bénéficiaire optimiste

Marie-Danielle Vézina souligne qu’il y avait peu de signes avant-coureurs de la reprise de consommation de Lyndia Hamel. Elle estime que la jeune femme, lors d’un échange survenu durant la semaine avant sa mort, semblait être de bonne humeur et qu’elle s’était montrée rassurante au sujet des prochaines étapes de sa vie.

Selon elle, Lyndia Hamel avait généralement un bon comportement auprès des intervenants, ce pour quoi sa demande de sortie avait été acceptée afin qu’elle puisse visiter sa mère.

La sécurité remise en question

L’ancienne fréquentation de Lyndia Hamel, Ethan Foster, a aussi donné sa version des faits. Il avait visité la jeune femme plusieurs fois au centre de thérapie. Selon lui, il n’y avait pas assez de surveillance à la Maison Carignan. On entre comme dans un moulin là-bas. J’aurais pu passer n’importe quoi, raconte l’homme de 30 ans.

Une employée du centre, Sylvie Garceau, a d’ailleurs expliqué la procédure de fouille appliquée auprès des résidents qui reviennent au centre après une sortie. Le corps ne peut être touché durant la fouille et ce ne sont que les vêtements ainsi que les sacs qui sont examinés. À ce jour, les techniques de fouille demeurent les mêmes à la Maison Carignan.

L’enquête publique doit se poursuivre jusqu’à vendredi. L’ancien directeur général de la Maison Carignan, Alain Poitras, la directrice actuelle, Valérie Piché, ainsi que le résident Zacharie Bouffard témoigneront à leur tour.

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