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Conférence à Bahreïn : les Palestiniens rejettent la « porte ouverte » de Kushner

Jared Kushner debout à un pupitre au centre d'un auditoire.

Jared Kushner lors de la conférence de Manama

Photo : Reuters / Handout .

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La conférence de Bahreïn sur le développement de la Palestine s'est achevée mercredi sans grande annonce. La rencontre avait été organisée à l'initiative de Jared Kushner, gendre et conseiller du président américain Donald Trump.

Présentée comme « l’occasion du siècle », la rencontre a été boycottée par les Palestiniens et la plupart des pays arabes. Hormis quelques chercheurs et journalistes israéliens invités par la Maison-Blanche, aucun responsable israélien n’y a été convié.

La conférence, qui s’est déroulée dans un hôtel de la capitale, Manama, exposait un plan d’investissement de 50 milliards de dollars dans les territoires palestiniens, qui permettrait, selon les Américains, d'y créer un million d’emplois, d'en multiplier par deux le produit intérieur brut et de réduire de moitié la pauvreté dans la bande de Gaza.

Ce volet économique fait partie du « plan de paix » américain, dont le volet politique n’a pas encore été révélé.

En réponse au refus palestinien de participer à la rencontre, Jared Kushner a indiqué que la porte « reste ouverte », tout en accusant les responsables palestiniens de négliger leur peuple.

Pour l'Autorité palestinienne, Jared Kushner fait miroiter ce plan d'investissement afin de permettre à l'administration Trump d'imposer une solution politique défavorable aux Palestiniens, notamment en ce qui a trait à leur revendication cruciale d'un État indépendant.

Si les dirigeants palestiniens veulent améliorer les conditions de vie [de leur peuple], nous avons présenté un plan formidable dans lequel ils peuvent s'engager (...) Nous allons rester optimistes. Nous avons toujours laissé la porte ouverte, a déclaré M. Kushner.

Pour la responsable palestinienne Hanan Ashrawi, ce plan américain, totalement coupé de la réalité, est une insulte à notre intelligence.

« L'éléphant dans la pièce à Manama est bien sûr l'occupation israélienne elle-même. Elle n'a pas été mentionnée. Pas une seule fois »

— Une citation de  Hanan Ashrawi, responsable palestinienne

Des responsables palestiniens ont décrit jeudi les organisateurs de la conférence comme des amateurs lors d'une rencontre à Genève sur l'avenir de Jérusalem.

De son côté, le ministre palestinien des Affaires sociales Ahmad Majdalani a qualifié les discussions de Bahreïn d'échecs retentissants.

L'observateur permanent de l'Autorité palestinienne à l'ONU, Riyad Mansour, a indiqué que l'initiative du gendre de M. Trump manquait de crédibilité parce que vous ne pouvez pas entamer le processus de résolution de cette question compliquée par la voie économique. Cela doit se faire par la voie politique, a-t-il insisté.

Optimisme des royaumes du Golfe

Le ministre d'État saoudien Mohammed al-Shaikh, l'une des principales figures économiques du Royaume, a indiqué son espoir de voir le secteur privé participer au succès du plan Kushner.

Obaid Ben Humaid al-Tayer, secrétaire d'État aux affaires financières des Émirats arabes unis, a pour sa part estimé que les institutions internationales devraient appuyer ce plan. Il faut lui donner sa chance, il faut en discuter et tenter de le promouvoir, a-t-il dit.

La Jordanie et l'Égypte, les deux seuls pays arabes ayant signé un accord de paix avec Israël, ont envoyé à Manama des fonctionnaires. La Jordanie a toutefois estimé que cette conférence ne pouvait se substituer à un accord de paix politique en bonne et due forme.

Pour sa part, la France a insisté sur une solution politique comportant deux États – Israël et la Palestine – vivant dans la paix et la sécurité au sein de frontières reconnues, avec Jérusalem pour capitale de ces deux États.

Quant au sultanat d'Oman, qui ne s'est pas présenté à la conférence, il a choisi le même jour pour annoncer son intention d'ouvrir une « ambassade » dans les Territoires palestiniens.

Manifestation à Bagdad

Plus de 200 manifestants ont pénétré jeudi dans la cour de l'ambassade de Bahreïn à Bagdad et ont retiré le drapeau, en signe de protestation contre la conférence.

La police a tiré à balles réelles pour disperser la foule, mais aucune victime n'est signalée.

Nous avons retiré le drapeau de Bahreïn pour adresser un message clair à tous ceux qui ont pris part à la conférence de Bahreïn; nous rejetons catégoriquement toute normalisation des relations avec l'occupant sioniste et nous ne renoncerons jamais à notre soutien aux Palestiniens, a dit un manifestant affirmant appartenir aux groupes de résistance islamique, des milices chiites appuyées par l'Iran.

À la suite de cette manifestation, Bahreïn a rappelé son ambassadeur pour consultation.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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