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Baleines noires : l’industrie des croisières devra revoir ses plans

Un navire de croisières dans la baie de Gaspé.

Un navire de croisière dans la baie de Gaspé (archives)

Photo : Radio-Canada / William Bastille-Denis

Joane Bérubé

Le gouvernement du Canada impose de nouvelles règles aux navigateurs afin de protéger la baleine noire de l’Atlantique Nord. Ces limites de vitesse compliqueront la vie de bien des organisateurs d’escales de l’industrie des croisières.

Une nouvelle limite de vitesse temporaire de 10 nœuds est imposée aux navires de 20 mètres ou plus qui circulent dans l’ouest du golfe du Saint-Laurent.

Ottawa abolit ainsi temporairement les deux couloirs de navigation désignés au nord et au sud de l’île d’Anticosti.

Ces couloirs permettaient aux navires qui les empruntaient d’éviter la limitation de vitesse de 10 noeuds qui s’applique à tous les bâtiments de 20 mètres et plus dans une grande partie du golfe.

Stéphane Sainte-Croix, d'Escale Gaspésie, s’attend à recevoir plusieurs appels au cours des prochains jours. Certaines entreprises devront annuler leur arrêt à Gaspé. Je m’attends plus, par contre, à avoir des modifications des plages horaires pour les escales confirmées à l’international en septembre et en octobre.

La seule escale de Gaspé prévoit accueillir 36 navires, dont 24 de l'international, pour un total de 25 000 croisiéristes.

Au cours des deux dernières années, le ralentissement du trafic maritime en raison des mesures de protection de la baleine noire a entraîné l’annulation de 24 escales à Gaspé, ce qui représente environ 40 000 croisiéristes.

Voyages hebdomadaires

Gaspé devra aussi discuter avec la Coopérative de transport maritime et aérien (CTMA) dont le navire de croisières Le Vacancier fait escale chaque semaine à Gaspé.

La Coopérative, qui navigue chaque semaine entre les Îles et Montréal, devra ajuster ses escales et ses trajets aux nouvelles règles.

C’est aussi le cas de Relais Nordik, qui assure la desserte maritime de la Moyenne et Basse-Côte-Nord.

Depuis le début de la saison, le navire de ravitaillement Bella Desgagnés utilisait le corridor entre Havre-Saint-Pierre et l’île d’Anticosti pour améliorer son temps de desserte.

Le Bella Desgagnés accosté au port de Sept-Îles.

Le Bella Desgagnés accosté au port de Sept-Îles

Photo : Radio-Canada

Les nouvelles règles de navigation ramèneront la vitesse du Relais Nordik à 10 nœuds.

Francis Roy, de Relais Nordik, explique que le temps de desserte s’allongera de quatre à sept heures par semaine. On a peu de marge de manœuvre. On doit travailler le plus vite possible, c’est sûr que cela augmente le risque dans nos opérations, commente M. Roy.

Ce dernier se dit toutefois en accord avec les mesures de protection.

M. Roy croit par contre que des outils techniques, une écoute au sonar ou des bouées dans les secteurs très fréquentés par les baleines pourraient aider les navigateurs à éviter les collisions avec les grands mammifères marins.

Réelle menace

Jusqu'à maintenant, les carcasses de six baleines ont été retrouvées dans le golfe depuis le début du mois de juin.

Pour le directeur de la Société pour la nature et les parcs (SNAP), Alain Branchaud, les nouvelles mesures répondent à une menace bien réelle pour les baleines.

La baleine noire trouvée au large de Miscou, mardi matin.

La baleine noire trouvée au large de Miscou mardi matin est la 6e retrouvée morte depuis le début de juin.

Photo : Gracieuseté: FRAPP

Il s’agit, souligne M. Branchaud, de secteurs névralgiques pour la migration des baleines noires qui tentent de reconquérir de nouveaux territoires pour se nourrir.

On a peut-être tardé, ajoute-t-il, à mettre en place un grand réseau d’aire marine protégée pour offrir des refuges à ces grands mammifères et faire en sorte qu’au fil des années, les individus développent des comportements pour occuper certains territoires.

L’industrie des croisières n’aura pas le choix de s’adapter, croit M. Branchaud.

On est, fait-il valoir, dans une crise de la biodiversité. On est dans un environnement changeant, et si on veut s’adapter et maintenir une économie riche en termes de tourisme qui repose normalement sur de beaux écosystèmes, la présence d’espèces, il va falloir protéger cette ressource.

Une zone plus étendue

Depuis le début de la saison, les baleines noires de l’Atlantique sont très présentes au nord et au nord-est de la zone dite statique, complètement fermée à la pêche depuis le 27 avril, et fréquentent des secteurs proches des corridors de navigation.

En déployant ces nouvelles mesures sur la limitation de vitesse, Ottawa indique agir par mesure de précaution.

La mort de la seconde baleine retrouvée cette année, Ponctuation, pourrait, selon les spécialistes qui ont réalisé sa nécropsie, avoir été causée par une blessure associée à une collision avec un navire.

Par ailleurs, Ottawa maintiendra les mesures de protection relatives à l’industrie des pêches.

Jusqu’à maintenant, 16 000 km2 sont présentement fermés à la pêche en raison de la présence confirmée de baleines noires.

La menace des engins fixes pour les baleines noires devrait diminuer considérablement à partir de dimanche avec la fermeture de la pêche au crabe dans la principale zone de pêche du golfe.

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Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

Faune marine