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Malgré un large consensus, Trans Mountain divise les premiers ministres de l'Ouest

La Colombie-Britannique s'oppose toujours à l'expansion de l'oléoduc Trans Moutain si elle n'obtient pas les permis nécessaires pour assurer la protection de son environnement et de ses côtes.

Les premiers ministre John Horgan, de la Colombie-Britannique, Brian Pallister, du Manitoba, et Jason Kenney, de l'Alberta

Photo : La Presse canadienne / JASON FRANSON

Sébastien Tanguay

Les premiers ministres de l’Ouest se sont entendus sur la création de corridors énergétiques, l’importance de faire tomber les barrières tarifaires et la nécessité d’encourager la mobilité interprovinciale des travailleurs, lors de leur sommet annuel,qui s'est tenu jeudi à Edmonton.

L’expansion de l’oléoduc Trans Mountain n'a cependant guère fait partie des consensus qui ont émergé de la réunion. Qu’Ottawa se le tienne pour dit, les provinces de l’Ouest canadien n’hésiteront pas à faire front commun si le fédéral empiète sur leurs champs de compétences, surtout en matière énergétique.

« Les premiers ministres appellent unanimement le gouvernement fédéral à respecter leur juridiction », est-il écrit dans le communiqué final.

La taxation du carbone, de même que les lois qui révisent le processus d’approbation des grands projets énergétiques et qui limitent la navigation des grands pétroliers le long du littoral de la Colombie-Britannique, ont fait l’objet de débats durant la réunion des premiers ministres.

Si Victoria y voit des moyens de protéger son environnement, les provinces des Prairies, et particulièrement l’Alberta, y perçoivent des attaques frontales contre son moteur économique : les combustibles fossiles.

Une pomme de discorde : Trans Mountain

Le premier ministre John Horgan n’a pas voulu apposer sa signature à un communiqué qui approuve l’expansion de l’oléoduc Trans Mountain. Malgré le feu vert accordé au projet par Ottawa la semaine dernière, le premier ministre de la Colombie-Britannique campe sur ses positions.

« Ça ne change en rien ma perception du projet, ni le rôle et les responsabilités de la Colombie-Britannique. Nous continuerons d’exiger tous les permis nécessaires, nous continuerons de défendre notre juridiction et nous continuerons de demander des comptes au gouvernement fédéral », a-t-il déclaré dans la conférence de presse de clôture.

Si les Rocheuses sont à l’image du fossé qui semble parfois séparer la Colombie-Britannique et l’Alberta, les deux premiers ministres ont tenté d’aplanir leurs différends.

« J’ai mis un veston bleu pour m’intégrer », a blagué l’élu britanno-colombien, seul représentant de la bannière néo-démocrate au milieu de ses homologues conservateurs.

« Le premier ministre Horgan comprend très bien notre position, a dit le premier ministre albertain, Jason Kenney. Je lui ai fait savoir que nous espérons qu’il respecte la décision qui a été prise. »

« Je ne cherche pas de querelle avec l’Alberta ni avec aucune autre province canadienne, a souligné John Horgan. Je dois cependant m’assurer de défendre les questions qui importent aux électeurs de ma province. »

Lorsque le premier ministre britanno-colombien a dû quitter la conférence pour attraper son vol, le ton a cependant changé à l'égard du mouton noir de la rencontre.

« Nous n’avons pas tous eu ce que nous voulions, a alors indiqué le premier ministre albertain. Le premier ministre Horgan, par exemple, n’a pas voulu approuver l’expansion de Trans Mountain. »

Un autre premier ministre a alors dit : « Oui, mais il n’est plus ici. Alors... », déclenchant un grand éclat de rire de Jason Kenney.

Ce dernier, à un autre moment de la conférence, a rappelé que l'Alberta avait l'outil légal nécessaire pour cesser les livraisons de carburant à sa voisine de l'ouest. Il a dit que l'Alberta n'hésiterait pas à s'en servir.

L’Ouest ne condamne pas la laïcité

Les premiers ministres de l’Ouest canadien n’ont pas donné suite à la requête du premier ministre Brian Pallister, du Manitoba, qui voulait condamner en bloc le projet de loi québécois sur le port de symboles religieux.

« Ce n’était pas à l’ordre du jour », s’est contenté d’expliquer le premier ministre Kenney.

« Ayant été élevé dans une ferme, je n’aime pas l’érosion », a toutefois indiqué Brian Pallister.

« Je vais donc continuer de m'opposer à toute érosion des droits et libertés des Canadiens, où qu’ils soient », a-t-il ajouté.

Environnement et union économique

Les premiers ministres ont également convenu de l’importance de lutter contre les changements climatiques.

Pour le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, le corridor énergétique préconisé par l’Ouest canadien revêt une valeur écologiste : « Nous avons besoin d’un corridor pour transporter l’énergie propre produite au pays. Nous pourrons alors transporter notre énergie hydroélectrique, notre gaz naturel et notre pétrole par train. Nous pourrons acheminer nos produits durables vers les ports, pour en faire profiter le reste du monde. »

Un autre aspect important que les provinces de l’Ouest canadien promettent de soulever durant la prochaine rencontre des premiers ministres des provinces et des territoires sera celui de l’union économique. « Comme l'a souligné le premier ministre Pallister au cours de notre rencontre, c’est plus facile de faire du commerce avec l’Union européenne qu’entre nous », a déploré Jason Kenney. 

Les premiers ministres veulent donc réduire les barrières économiques existant entre les provinces, en plus de faciliter la mobilité de la main-d’oeuvre en reconnaissant les compétences acquises ailleurs au pays.

« Cela veut dire qu’une infirmière diplômée en Ontario pourra travailler en Saskatchewan, par exemple », a précisé Jason Kenney.

Alberta

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