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De Montréal à Winnipeg : pourquoi les ponts font-ils tant jaser?

Photographie de l'Esplanade Riel avec le Musée des droits de la personne et le centre-ville de Winnipeg.

Depuis sa construction, l'Esplanade Riel s'est hissée au rang des emblèmes de Winnipeg, au même titre que le Musée des droits de la personne.

Photo : Dan Harper

Radio-Canada

Le tout nouveau pont Samuel-De Champlain, ouvert à la circulation cette semaine à Montréal, aurait-il une parenté avec… le pont Esplanade Riel, à Winnipeg?

Guy Préfontaine, architecte principal de la firme GPP Architecture, à Winnipeg, a participé à la conception de l'Esplanade Riel, ce pont piétonnier traversant la rivière Rouge qui relie Saint-Boniface, au centre-ville de Winnipeg, et qui est rapidement devenu un des emblèmes par excellence de la capitale manitobaine.

Les deux ouvrages, à Montréal et à Winnipeg, ont de longs tabliers plats et emploient des câbles d’acier se rejoignant le long d’une structure verticale.

Des grues et du personnel s'activait encore sur le nouveau pont Samuel-De Champlain lorsque Radio-Canada a visité le chantier le 17 juin 2019.

Depuis le 24 juin 2019, les automobilistes qui se rendent à Montréal peuvent emprunter le nouveau pont Samuel-De Champlain.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

« Le pont Samuel-De Champlain est très élégant, il est très beau, c’est une belle réalisation », estime Guy Préfontaine. Selon lui, il y a une explication au fait que l'on voit de plus en plus ce type de construction pour les ponts de conception récente : « Le génie nous permet maintenant de résoudre les problèmes de poids. La structure et la dynamique évoluent. »

On peut donc maintenant « traverser un cours d’eau de façon légère, avec peu de piliers. C’est une économie de poids et de matériel. Dans le cas de l’Esplanade Riel, par exemple, il n’y a qu’une poutre dans l’eau. »

Il existe un autre avantage à ce type de conception, explique l’architecte : « Ça minimise les dangers liés aux inondations et au gel » auxquels un pont peut être exposé. « Il y a le courant, mais aussi ce qu’on trouve sur le courant, des flots de glace, des arbres… »

À Winnipeg, la rivière Rouge transporte ces éléments tous les printemps. « Le Saint-Laurent n’est pas très différent », estime Guy Préfontaine.

Les ponts font-ils jaser?

Certains ponts peuvent susciter l’intérêt populaire, faire jaser ou faire rêver, selon leur conception, leur structure, leur appel à l’imagination. « Un pont permet d’être transporté. C’est un peu une expérience surréelle qu’on vit quand on traverse un pont », note Guy Préfontaine.

Le cas du pont Esplanade Riel est particulier, dit-il, parce que sa conception même est le résultat d’un processus de consultation publique mené par un comité. « On a commencé à rêver ensemble et il y a eu quatre ans de conceptualisation », rappelle Guy Préfontaine.

Une vue aérienne depuis les murs de pierre de l'ancienne cathédrale de Saint-Boniface, où l'on voit l'esplanade Louis-Riel, le pont Provencher, le Musée canadien pour les Droits de la personne et les immeubles de Winnipeg.

Le centre-ville de Winnipeg, vu ici de Saint-Boniface, et ses deux bâtiments emblématiques : le Musée canadien pour les droits de la personne et le pont Esplanade Riel. Ces deux structures qui se côtoient sont complémentaires, selon Guy Préfontaine.

Photo : Radio-Canada / Trevor Lyons

Dans le cas du pont piétonnier, il s’agissait à l’époque de remplacer le pont Provencher vieillissant par un nouvel ouvrage, dans un contexte où le renouvellement du vieux pont était lui-même sujet à controverse.

Le pont du dialogue

Guy Préfontaine explique que le processus a été important. « Du côté de Winnipeg, personne ne voulait trancher la question et du côté de Saint-Boniface, personne ne voulait trancher la question. » C’est finalement le comité du pont Provencher qui a tranché, dit-il, mais pas avant d’avoir procédé à un véritable dialogue avec la communauté.

Guy Préfontaine explique que, alors qu’on envisageait au départ un « pont standard », « à travers la consultation, c’est devenu quelque chose de différent et d'unique ». Le vieux pont Provencher a été remplacé par un pont véhiculaire à côté duquel le pont piétonnier a été construit, avec sa flèche emblématique et un espace devant servir de restaurant.

« Mon devoir, c’était de proposer des dessins et le comité a voté », poursuit Guy Préfontaine. Il précise que, à un moment donné, on lui a demandé d’être très imaginatif, puisqu’on allait « créer le pont possiblement le plus important du Manitoba ».

Pour Guy Préfontaine, un pont doit se lire comme une expression : « On intègre l’art, l’architecture, l’expression. L’expression elle-même du pont est importante. »

« On peut perdre la personne dans l’échelle d’un pont. Mais il faut un dialogue entre la personne et la forme du pont, comment on l’aligne avec nos vies, comment c’est un point de repère. »

Manitoba

Architecture