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  • Une 40e édition pour le plus grand festival de jazz au monde

    Foule de spectateurs devant la scène Du Maurier au Festival international de jazz de Montréal.

    Le Festival international de jazz de Montréal ouvre sa 40e édition.

    Photo : Radio-Canada

    Radio-Canada

    Le Festival international de jazz de Montréal (FIJM) célèbre sa 40e édition du 27 juin au 6 juillet 2019. La télévision de Radio-Canada est présente depuis les tout débuts de l'aventure. Retour en archives sur quatre décennies de rendez-vous estivaux rythmés.

    Des débuts modestes et une fulgurante ascension

    C’est sur l’île Sainte-Hélène que se déroule la toute première édition du Festival de jazz de Montréal à l’été 1980. Déjà à cette époque, 12 000 festivaliers sont réunis pour entendre de grands musiciens. Vic Vogel, Ray Charles et Gary Burton font partie des têtes d’affiche de cette toute première fête jazzée.

    En 1982, le FIJM déménage rue Saint-Denis et devient une corporation à but non lucratif.

    Le premier grand événement gratuit se tient en 1986. Cette formule prendra encore plus d’ampleur avec le déménagement du site du Festival autour de la Place des Arts en 1988.

    Le Point, 2 juillet 1984

    Lors d’un reportage de l’émission Le Point du 2 juillet 1984, le journaliste Gil Courtemanche fait état du succès phénoménal du Festival. Il demande au président Alain Simard comment les festivités ont pu prendre tant d’ampleur en seulement quatre ans d’existence :

    Le premier (Festival) a eu lieu en 1980 à Terre des hommes. Il y avait des concerts en plein air, un système de cartes de membres. La télévision et la radio de Radio-Canada étaient impliquées. La base de la formule était donc là. Malgré un budget de 200 000 dollars, ça a quand même été un succès. La formule a prouvé qu’elle pouvait marcher.

    Alain Simard

    Durant les quatre premières années, le budget est passé de 200 000 dollars à deux millions.

    Les retombées économiques étaient de quatre millions en 1984. Elles sont aujourd’hui de 48,5 millions, ce qui fait du FIJM l’événement touristique le plus lucratif au Québec.

    Par son mandat, le Festival international de jazz de Montréal s’évertue à faire connaître au plus grand nombre les musiques jazz et issues du jazz. Pour ce faire, les organisateurs misent sur une programmation gratuite de qualité année après année.

    On a voulu en faire un festival de découvertes. Je pense que l’intérêt réel du Festival, qui est maintenant une machine qui fonctionne […] c’est justement de permettre aux Montréalais de voir des choses qu’ils ne pourraient pas voir autrement.

    Alain Simard

    Les dessous d’une logistique complexe

    À l'émission Montréal ce soir du 26 juin 1996, la journaliste Sylvie Fournier nous présente les coulisses du Festival. Les ateliers de décors, le montage des scènes extérieures, les aires de restauration fourmillent d’artistes et de techniciens qui sont à pied d’œuvre pour faire vivre aux mélomanes un événement sans fausses notes.

    Montréal ce soir, 26 juin 1996

    La journaliste rencontre Yves Archambault, affichiste illustrateur du Festival à qui l’on doit le fameux « chat bleu Ste-Cat », la mascotte du FIJM.

    Le chat est l’animal qui ressemble le plus à un musicien de jazz : ses habitudes, son indépendance, sa grande liberté et le fait qu’il aime être flatté dans le sens du poil.

    Yves Archambault, illustrateur

    Lors du sprint final de la préparation, le stress est palpable.

    La programmation est parfois ardue, et certains invités ont des demandes spéciales qu’il n’est pas toujours possible de combler. David Jobin, vice-président de la programmation, résume ainsi les aléas de son métier à dix jours de l’événement :

    Une programmation, c’est un peu comme un château de cartes, une fois que tu l’as fini, tu pries le bon Dieu qu’il ne vente pas trop fort.

    David Jobin, vice-président de la programmation en 1996

    Des événements inoubliables, des artistes de renom et un auditoire exemplaire

    À l'émission Le Point du 22 juillet 1999, le journaliste culturel Paul Toutant y va d’un bilan du FIJM, alors que la vingtième édition du Festival est célébrée. Il revient sur les spectacles les plus marquants.

    Le Point, 22 juillet 1999

    Bien que le jazz soit considéré par plusieurs comme un style musical réservé à quelques initiés, le FIJM amène « un énorme brassage d’idées et de musiques différentes ».

    Les touristes et Montréalais présents aux événements découvrent des musiques du monde à la fois entraînantes et envoûtantes. Les rythmes endiablés de Johnny Clegg et Savuka côtoient l’enveloppante voix de la chanteuse cap-verdienne Cesaria Evora.

    Des très grands noms du jazz attirent de nombreux spectateurs, toujours respectueux.

    Lors de la dixième édition du Festival, « Pat Metheny et son méga concert de l’avenue McGill College faisaient craindre le pire aux marchands du quartier. Pas une fleur, pas un arbuste n’a souffert de la présence de la foule, un phénomène incroyable. »

    Le trompettiste Miles Davis s’est produit à cinq reprises sur les scènes du Festival.

    Miles Davis, dont le gérant faillit faire une syncope en apprenant que sa vedette avait fini la soirée sur une terrasse de la rue Saint-Denis. Il n’y eut aucune émeute, les Montréalais polis se contentant d’envoyer à sa table des dizaines de cognacs.

    Paul Toutant

    L’accordéon d’Astor Piazzola, la trompette de Wynton Marsalis, la guitare de B. B. King, et les voix chaleureuses de Mel Torme, Sarah Vaughn, Ella Fitzgerald et Diana Krall figurent parmi les moments les plus inoubliables qu’a connus le Festival en près de 40 ans.

    Les musiciens québécois ne sont pas en reste, et certains ont vu leur notoriété exploser à la suite de leur prestation au FIJM.

    Le groupe québécois Uzeb, avec son style jazz fusion, a reçu des ovations monstres, et Guy Nadon, le roi du drum, est maintenant reconnu partout.

    Paul Toutant

    Des frissons parcourent encore le corps de certains quand ils repensent au grand événement en hommage à René Dupéré de 1995, alors qu’une foule de 185 000 personnes entonna en chœur la chanson Alegria du Cirque du Soleil.

    Le Festival international de jazz de Montréal présente cette année 500 concerts regroupant 3000 musiciens en provenance de 30 pays. Une mention dans le Livre des records Guinness le définit comme le plus grand festival de jazz au monde.

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