•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Rouyn-Noranda n'est pas à l'abri de la crise du logement

Les logements  vacants se font rares en Gaspésie et aux Îles.

Les logements vacants se font rares en Abitibi-Témiscamingue. (archives)

Photo : Radio-Canada

Alexia Martel-Desjardins

Le Québec subit une crise du logement permanente et Rouyn-Noranda n'y échappe pas. C'est ce que révèle rapport publié jeudi par l'Institut de recherche et d'informations socio-économiques, l'IRIS, à l'approche de la grande période de déménagement.

De 2017 à 2018, le taux d'inoccupation à Rouyn-Noranda est passé de 3,2 % à 1,2 %, selon les résultats de l'étude. En ce qui concerne le prix moyen du loyer, il a augmenté de 5,73 %, allant de 576 $ par mois en 2014 à 609 $ par mois en 2018.

Philippe Hurteau, chercheur à l'IRIS et auteur de l'étude, explique qu'outre la démographie, d'autres facteurs sont en cause dans la crise du logement.

Il y a aussi un autre élément , il est moins discuté celui-là, mais il est aussi important, c'est les retards accumulés par le gouvernement du Québec et aussi par certaines municipalités, mais surtout par le gouvernement du Québec, en matière de construction, de mise en chantier de logement social, fait-il valoir.

Bruce Gervais, coordonnateur de l'Association des locataires de l'Abitibi-Témiscamingue (ALOCAT), précise que la situation en Abitibi-Témiscamingue diffère de celle dans les plus grands centres urbains comme Montréal ou Québec.

L'Abitibi-Témiscamingue est à part du Québec en termes de logement, et c'est clair, déclare-t-il. Ça veut dire que le pire nous attend pour les années à venir parce que là, Montréal est en train de le vivre, on fait des communiqués et des études, on va le vire plus durement dans trois, quatre ans, estime-t-il.

Bruce Gervais mentionne de plus que d'autres villes de la région qui sont aussi affectées par la crise du logement. Par exemple, Val-d'Or et Amos, les deux l'année passée étaient parmi les cinq championnes au Québec où le prix du logement a augmenté.

La Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ) a réagi en diffusant un communiqué de presse dans lequel elle décrit comme simpliste et fallacieux le rapport de l'IRIS. L'IRIS aurait plutôt dû utiliser le revenu net après impôt des ménages locataires. De plus, il compare le revenu des locataires en 2017 avec les loyers de 2018, signale le directeur des affaires publiques de la CORPIQ, Hans Brouillette.

Davantage de solutions à long terme

La députée de Rouyn-Noranda-Témiscamingue, Émilise-Lessard Therrien, dénonce le manque de mesures prises par le gouvernement caquiste. Il n'y a pas de ménage précis qui devrait se retrouver à la rue au 1er juillet, mais il n'en demeure pas moins qu'il y a une situation très préoccupante, les loyers sont inabordables, déplore-t-elle.

La députée ajoute que la bonification des suppléments en loyer annoncée par le gouvernement mercredi ne suffira pas à régler la crise. « Il y a des mesures à court terme qui ont été mises de l'avant, en même temps, si on veut s'assurer de pallier une fois pour toutes la crise du logement, il faut penser tout de suite à des mesures à long terme, et là les mesures à long terme, elles brillent un peu par leur absence. »

Philippe Hurteau suggère comme première piste de solution de légiférer sur un contrôle des loyers au niveau des municipalités en se fiant à la Régie du logement.

Au Québec, on a un mécanisme qui fonctionne, c'est la Régie du logement, souligne-t-il. Le problème, c'est que la Régie, ses recommandations ne sont suivies par personne, donc il faudrait que les recommandations sur la hausse du loyer suggérées par la Régie aient force de loi. Si la Régie dit "il est légitime de faire des hausses de 1,2, 1,5 % cette année", il n'y a pas de raison d'avoir de hausses de 3, 4 ou 5 %.

Le rapport suggère aussi d'imposer des quotas de logements sociaux pour les projets de construction ainsi qu'une politique aidant les municipalités à établir des réserves foncières.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Abitibi–Témiscamingue

Immobilier