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Allégation de harcèlement à OC Transpo : une chauffeuse dénonce une culture machiste

L'employée d'OC Transpo Jamie Bailey répond aux questions d'une journaliste de Radio-Canada à l'extérieur, par temps estival.

L'employée d'OC Transpo Jamie Bailey soutient qu'elle subit du harcèlement de la part de collègues masculins.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Un peu plus de quatre ans après avoir obtenu un emploi au sein d'OC Transpo à Ottawa, la chauffeuse Jamie Bailey en a assez de devoir subir des commentaires désobligeants et des comportements répréhensibles de la part de ses collègues masculins. Elle réclame un changement de culture au sein du transporteur public.

Jamie Bailey garde de bons souvenirs de sa période de formation auprès du transporteur, qui nous faisait vraiment sentir comme [si] nous étions un membre de la famille.

Toutefois, la situation se serait vite dégradée. Le réseau CTV a publié une enquête à ce sujet. Radio-Canada n’a toutefois pas été en mesure de vérifier la véracité des allégations.

Dès ma première heure dans le garage, j’ai été approchée par un homme qui m’a demandé si j’étais mariée et qui me disait combien d’argent il faisait, raconte Mme Bailey, en entrevue à Radio-Canada.

Après cette rencontre avec l’homme membre de la « Sunshine list » d’OC Transpo, une collègue féminine lui aurait lancé un avertissement : Fais attention, ils aiment les blondes ici.

[Le harcèlement] était tous les jours et toute la journée.

Jamie Bailey

À une autre occasion, un collègue chauffeur l’aurait saisie, l’aurait embrassée et aurait tenté de regarder sous son chandail. Cet événement aurait perturbé Mme Bailey à un point tel qu’elle aurait commencé son trajet avec du retard.

Les passagers étaient en colère contre moi, mais ils ne voyaient pas l’envers du décor. Ils ne savent pas ce qu’on vit comme chauffeuses d’autobus, dit-elle.

C’est un environnement toxique et humiliant.

Jamie Bailey

Elle déplore la normalisation de ce genre de comportement dans son lieu de travail. Les personnes ne réagissent pas, malheureusement, parce que ce sont des comportements et des dialogues normaux.

En août dernier, elle en aurait eu assez. Jamie Bailey aurait alors porté plainte auprès de ses représentants syndicaux, qui n'auraient pas été d'une grande aide. Elle se serait finalement adressée au directeur général d’OC Transpo, John Manconi, par l'entremise de son conseiller municipal.

John Manconi lors d'une réunion devant les élus d'Ottawa.

Le directeur général d'OC Transpo, John Manconi (gauche).

Photo : Radio-Canada / Jean Delisle

On a eu une longue réunion où il m’a écoutée avec respect alors que j’énumérais toutes les occasions où j’ai subi du harcèlement, raconte Mme Bailey.

Une enquête indépendante de huit mois aurait ensuite été mise en place, au cours de laquelle les fonctions de Mme Bailey auraient été modifiées. Récemment, elle aurait effectué un retour au sein de l’équipe des chauffeurs, mais avec un horaire modifié pour éviter de côtoyer certains collègues.

OC Transpo réagit

Le directeur général d'OC Transpo a déclaré par écrit s'être adressé à toute l'équipe de gestion de la Direction générale des transports (plus de 130 employés) pour réaffirmer l'engagement de la Ville à bâtir la confiance et le respect en milieu de travail, en réponse à la sortie publique de l'employée.

Chaque employé(e) mérite un lieu de travail respectueux et sûr, et je me suis engagé à atteindre cet objectif.

Déclaration écrite de John Manconi

John Manconi a par ailleurs affirmé qu'un nouveau programme de formation obligatoire est en élaboration et que de nouveaux outils internes de communication seront déployés pour renforcer les messages communiqués pendant la formation et inciter les employés à signaler les incidents d'intimidation et de harcèlement. Finalement, OC Transpo aurait mis sur pied un groupe de travail sur le respect en milieu de travail composé de représentants de l'ensemble de la direction générale.

Avec les informations de Stéphanie Allard

Ottawa-Gatineau

Emploi