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Iqaluit reçoit les ministres canadiens de la Francophonie

De nombreuses bâtisses sont photographiées de loin, comme du haut d'une montagne. Un autobus scolaire est vu en bas à droite de la photo et des roches sont en avant-plan.

La ville d'Iqaluit, au Nunavut, vue de loin.

Photo : Radio-Canada / Marie-Laure Josselin

Mario De Ciccio

Pour la première fois en 25 ans, Iqaluit, la capitale du Nunavut, accueille cette semaine les ministres responsables de la Francophonie des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux.

S’il s’agit pour plusieurs d’un rendez-vous annuel qui sert à discuter des approches possibles des défis de la francophonie à travers le pays, pour le Nunavut, la Conférence ministérielle sur la francophonie canadienne (CMFC) est l'occasion de mettre l'accent sur ses propres questions linguistiques et sa communauté francophone bien distincte.

Pour la présidente de l’Association francophone du Nunavut (AFN), Mylène Chartrand, la tenue de la CMFC dans sa communauté est surtout l’occasion de mettre à l'avant-plan la capitale nunavutoise et sa francophonie, peu connue des autres régions canadiennes.

« Je pense que c’est important que tout le monde comprenne l’endroit, son contexte et ses caractéristiques parce que [la mise en place] des politiques, dans certaines régions, ça s’applique mieux que dans d’autres », explique Mylène Chartrand.

« C’est important de voir qu’il faut parfois une asymétrie dans les politiques parce que ce n’est pas partout pareil », ajoute-t-elle.

Une femme dans un bureau sourit.

Mylène Chartrand est la présidente de l'Association des francophones du Nunavut.

Photo : Radio-Canada / Claudiane Samson

Vivre en français au Nunavut

Des 7740 habitants d’Iqaluit, 460 ont déclaré avoir le français comme langue maternelle lors du dernier recensement.

La population francophone de ce territoire provient principalement d’autres régions du Canada. Cette réalité impose sa part de va-et-vient tout en n'empêchant pas l’existence d’établissements comme une école et une garderie francophones, une radio et un journal communautaire, ainsi que de plusieurs organismes francophones.

Le français n'est pas la seule langue à représenter certains défis au territoire. La langue de la majorité au Nunavut, l’inuktitut, est dans la même situation et il reste énormément de travail à faire par les dirigeants inuit pour offrir une meilleure éducation et diffusion de cette langue.

Bien consciente des problèmes liés à l’inuktitut, la communauté francophone du Nunavut priorise une approche de collaboration avec les Inuit.

Tout cela fait partie du contexte que Mylène Chartrand espère faire découvrir aux différents ministres lors de leur passage et des activités culturelles qui ont été organisées pour la Conférence.

Conférence sur fond d’inuktitut 

La CFMC se déroule quelques jours après l’adoption de la Loi sur les langues autochtones à Ottawa. Celle-ci avait été promise par le gouvernement de Justin Trudeau et doit soutenir la protection et la revitalisation des langues autochtones comme l’inuktitut, la langue la plus parlée au Nunavut.

Malgré l'appui donné au projet de loi par plusieurs organismes autochtones à travers le pays, celui-ci a été vivement critiqué par des organismes inuit, dont le Nunavut Tunngavik, l'Inuit Tapiriit Kanatami et le gouvernement du Nunavut.

Les leaders inuit auraient aimé que l’inuktut soit reconnu comme une langue officielle dans les territoires inuit et qu’on permette aux Inuit de recevoir les services fédéraux dans leur langue.

Qu'est-ce que l'inuktut?

Inuktut est le nom général de la langue parlée par les Inuit du Nunavut. Elle compte des dialectes comme l’inuktitut et l’inuinnaqtun.

Dans un communiqué de presse publié lundi, la présidente du Nunavut Tunngavik, Aluki Kotierk, dénonce cette absence de l'inuktut du projet de loi fédéral.

« ll est absolument nécessaire que la loi sur les langues autochtones s'attaque au problème central de la prestation de programmes et de services en langues autochtones », dit-elle.

Selon elle, « lorsque les Inuit ne peuvent accéder aux services de santé dans une langue [qu'ils] comprennent » sur un territoire où ils sont majoritaires, c'est signe que le « pays n'assume clairement pas ses responsabilités en ce qui concerne [les] besoins les plus fondamentaux » de ces communautés.

Aluki Kotierk, une dame, porte des lunettes et un chandail rouge.

Lors de son passage à New York pour la 18e session de l’Instance permanente des Nations unies sur les questions autochtones, la présidente du Nunavut Tunngavik inc. (NTI), Aluki Kotierk, a affirmé que des mesures urgentes étaient nécessaires pour freiner le déclin de l’inuktut au Nunavut.

Photo : Radio-Canada / (Kieran Oudshoorn/CBC)

L’hôte de la Conférence ministérielle sur la francophonie canadienne, le ministre de l’Éducation, de la Culture, du Patrimoine et des Langues du Nunavut, David Joanasie, dit qu’il doit encore vérifier ce que l’adoption de la loi signifiera pour les Inuit de son territoire.

Il assure toutefois qu’il continuera à travailler avec ses partenaires pour améliorer la situation de la langue au territoire.

Quant à savoir s'il soulèvera la question des langues autochtones devant ses homologues lors de la CM,FC le ministre Joanasie a indiqué que la situation unique du Nunavut et la reconnaissance des langues autochtones feraient aussi partie des discussions.

« Nous essayons d’avoir cette reconnaissance » de l'unicité linguistique du Nunavut, a-t-il précisé. « Nous voulons un soutien pour que des services fiables soient offerts dans notre langue maternelle. »

Grand-Nord

Francophonie