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Un nouveau problème pour le Boeing 737 MAX

Un Boeing 737 MAX lors d'un vol de démonstration.

Deux accidents survenus à intervalle rapproché placent le programme 737 MAX de Boeing sous les feux des projecteurs.

Photo : Reuters / Pascal Rossignol

Agence France-Presse

Le ciel s'est assombri mercredi pour un retour rapide du 737 MAX de Boeing dans les airs après la découverte d'une faille « potentielle » susceptible de reporter de plusieurs semaines la nouvelle certification de cet avion phare cloué au sol depuis la mi-mars après deux accidents ayant fait 346 morts.

L'Agence fédérale de l'aviation américaine (FAA) a récemment découvert un risque potentiel que Boeing doit atténuer, affirme le régulateur aérien dans un courriel reçu par l'AFP, sans pour autant préciser le problème en question.

La faille a été découverte la semaine dernière par les pilotes de la FAA lors des essais sur simulateur, qui reproduisent les conditions réelles en vol, a dit à l'AFP une source proche du dossier sous couvert de l'anonymat.

Les pilotes de la FAA ont eu du mal à reprendre rapidement le contrôle de l'avion après avoir activé le système anti-décrochage MCAS, mis en cause dans l'accident de Lion Air en Indonésie en 2018 et celui d'Ethiopian Airlines en mars en Éthiopie, a dit cette source.

L'autorité a demandé à Boeing de réparer cette faille, qui est de nature à retarder l'essai en vol du 737 MAX modifié, vol test nécessaire pour la nouvelle certification de cet avion qui représente plus de 75 % du carnet de commandes de Boeing.

Il n'a toutefois reçu qu'une seule commande, par le groupe IAG (British Airways, Iberia, Vueling et Aer Lingus) lors des quatre derniers mois.

Ce nouveau problème indique que le vol-test ne sera pas effectué avant le 8 juillet, a indiqué à l'AFP une source gouvernementale.

Plusieurs semaines encore

Cinq avions affichant le logo d'American Airlines sont stationnés en rangée.

Des 737 MAX appartenant à American Airlines sont stationnés à Tusla, en Oklahoma, le 10 mai 2019

Photo : Reuters / Handout .

Il va falloir à la FAA au moins de deux à trois semaines pour examiner les modifications effectuées par Boeing pour régler le problème, a dit cette source.

En outre, il est difficile de savoir pour l'instant si le colmatage de cette faille exige une simple mise à jour du logiciel ou des changements en profondeur. Dans ce dernier cas, le 737 MAX devrait rester immobilisé au sol pendant encore de longues semaines.

Sollicité par l'AFP, Boeing n'a pas souhaité dévoiler la nature du problème: Résoudre le problème va réduire la charge de travail des pilotes, a simplement déclaré un porte-parole.

L'immobilisation au sol du 737 MAX pourrait s'allonger au-delà de l'été, ce qui douche les espoirs de l'avionneur et des compagnies aériennes clientes comme American Airlines, SouthWest et United Airlines.

Ces dernières tablaient initialement sur une levée de l'interdiction de vol vers la mi-août au plus tard, tandis que Boeing espérait limiter la facture de cette crise sans précédent. Le constructeur, qui a suspendu les livraisons et réduit la production de 52 à 42 appareils par mois, a estimé mi-avril à 1 milliard de dollars le premier coût financier.

Nouveau problème

Dans un document adressé mercredi à l'organisme de surveillance et de contrôle des marchés, la SEC, le constructeur aéronautique explique que la FAA lui a demandé de s'occuper d'un problème spécifique en vol que les changements de logiciel du 737 MAX sur lesquels Boeing travaille depuis huit mois ne prennent pas en compte.

Boeing est d'accord avec la décision et la requête de la FAA, et est en train de travailler sur ledit logiciel afin de répondre à la demande de l'Autorité, ajoute le groupe de Chicago, qui travaille d'arrache-pied depuis plusieurs mois pour corriger le MCAS.

Il ajoute qu'il ne soumettra pas le 737 MAX modifié pour certification tant que nous n'aurons pas satisfait toutes les exigences [...] pour un retour en service en toute sécurité.

Le retour en service du 737 MAX est également assombri par la demande des pilotes américains d'avoir une meilleure formation, qui passerait par des simulateurs de vol.

Peu de simulateurs

Or, cette dernière solution prendra du temps, faute d'avoir un nombre suffisant de simulateurs, et coûtera beaucoup plus cher. Il n'existe que quatre simulateurs capables de reproduire exactement les conditions de vol du MAX : un aux États-Unis, deux au Canada et un en Éthiopie.

La FAA veut par ailleurs que les autorités de l'aviation civile d'autres pays lui emboîtent le pas une fois qu'elle aura approuvé le 737 MAX modifié.

Ce n'est pas gagné, car les Européens et les Canadiens veulent procéder à leur propre inspection de l'avion.

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