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La taxe sur l’hébergement touristique à Moncton et Dieppe réjouit les hôteliers

Les clients d'un hôtel étendus sur le lit de leur chambre.

Les changements législatifs adoptés par le gouvernement du Nouveau-Brunswick donnent aux municipalités le pouvoir d'imposer une taxe sur l'hébergement touristique.

Photo : iStock

Radio-Canada

L’industrie hôtelière espère que la taxe municipale sur l’hébergement en cours d’adoption à Moncton et à Dieppe, au Nouveau-Brunswick, contribuera à stimuler le tourisme dans la région.

Le conseil municipal de Moncton a adopté en première lecture, le 17 juin, un arrêté qui prévoit la perception d’une taxe sur le prix d'un hébergement touristique dans son territoire. Le conseil municipal de Dieppe a fait de même lundi. La taxe sera de 3,5 % dans les deux cas.

Des modifications récemment apportées à la Loi sur la gouvernance locale du Nouveau-Brunswick permettent aux municipalités d’imposer une taxe de ce genre pour financer la promotion et le développement du tourisme.

C’est important parce qu’on voit de moins en moins de financement et d’investissement au niveau de la promotion touristique. On se fie aux municipalités à absorber ces coûts-là et ce ne sont pas toutes les municipalités qui sont en mesure d’investir beaucoup pour tenter d’attirer les touristes, les visiteurs, chez elles, explique la directrice des communications de la Ville de Moncton, Isabelle LeBlanc.

La taxe s'appliquera à tous les établissements qui comptent au moins six chambres dans les deux villes, mais des exceptions sont prévues pour les cas suivants :

  • les étudiants du postsecondaire qui vivent dans une résidence de l’institution;
  • la location d’une chambre pour plus de 31 jours consécutifs;
  • lorsque l'hôtel ou le motel est fourni par la ville ou la province en tant que refuge d'urgence;
  • les emplacements de camping et de roulottes.

La taxe sera perçue par les entreprises et remise aux municipalités. La Ville de Riverview, voisine de Moncton et de Dieppe, explique qu'elle ne compte pas d'hôtel dans son territoire, mais qu'elle envisage d'adopter quand même un arrêté du genre dans le cadre d'une stratégie régionale lorsque le moment sera venu.

Les hôteliers sont satisfaits

L’Association des hôteliers du Grand Moncton milite pour une taxe de ce genre depuis des années. Elle espère que cet argent permettra de rendre la région plus attrayante.

On est super satisfait du fait qu’on va avoir du nouvel argent pour faire le marketing et le développement du tourisme. On prévoit un montant entre 2 et 2,5 millions [de dollars] par année qui sera collecté avec la nouvelle taxe d’hébergement municipal.

Gérald Normandeau, président de l’Association des hôteliers du Grand Moncton

C’est pour faire la promotion de tout ce qui est touristique dans notre région. Lorsque les hôtels sont pleins, les restaurants sont pleins, les stations-service vendent de l’essence, les attractions touristiques comme Hopewell Rocks, le Pays de la Sagouine, Parlee Beach sont pleines. On doit tous travailler ensemble pour s’assurer qu’on attire le monde dans notre région et que ce monde-là dépense leur argent dans notre région. C’est une retombée économique de grande envergure, souligne le président de l’Association des hôteliers du Grand Moncton, Gérald Normandeau.

L'entrée de l'hôtel Crown Plaza au centre-ville de Moncton

La taxe sur l’hébergement touristique dans la région de Moncton touchera les clients d’une vingtaine d'hôtels, tout comme les clients des motels et des auberges comptant au moins six chambres.

Photo : Radio-Canada / Wildinette Paul

L’industrie ressent toutefois encore certaines craintes dans le contexte actuel de réduction des investissements publics dans le tourisme.

On veut s’assurer que ce soit comme on dit du nouvel argent, que ce ne soit pas de l’argent remplacé. On ne veut pas que les municipalités ou le gouvernement provincial diminue ses budgets de tourisme. À ce moment-là, ça ne nous avantagerait à rien. On a vu déjà des [compressions budgétaires] du côté provincial, on espère que ça va arrêter. Du côté municipal, on nous assure qu’ici à Moncton on va continuer à travailler ensemble et qu’il ne devait pas y avoir de [compression], explique Gérald Normandeau.

La Municipalité et l'Association sont convaincues que la nouvelle taxe n’éloignera pas les touristes de la région.

Le monde le paie déjà partout où ils vont. On est une des dernières villes, une des dernières provinces où la taxe d’hébergement n’existe pas. Et 3,5 %, c’est très raisonnable. C’est pas mal la moyenne de ce qui existe à la grandeur du monde, affirme Gérald Normandeau.

Moncton et Dieppe prévoient que leur nouvelle taxe entrera en vigueur dès le 1er août, à la suite des deuxième et troisième lectures des arrêtés municipaux.

Un nouvel organisme sera chargé de gérer la perception de la taxe et de diriger les efforts de promotion touristique. Des membres de l’industrie en feront partie.

Avec les renseignements de Wildinette Paul et de Shane Magee, de CBC

Nouveau-Brunswick

Tourisme