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Points de vue divergents lors d'une rencontre de consultation au sujet de la rue Marion

Des personnes sont regroupées autour d'une table et parlent entre elles.

Une centaine de personnes ont participé à la rencontre de consultation sur l'avenir de la rue Marion organisée par la Ville de Winnipeg.

Photo : Radio-Canada / Austin Grabish

Radio-Canada

La centaine de personnes présentes à la consultation publique entourant l’avenir de la rue Marion ont fait part de points de vue contraires mercredi soir, au centre communautaire Archwood, où elles se sont réunies pour répondre à l’invitation de la Ville de Winnipeg.

La question a déjà fait l'objet de discussions par le passé. La rue Marion est-elle davantage une artère principale d’un quartier tranquille, ou la voie de passage privilégiée par des milliers de personnes qui l’empruntent chaque jour pour se rendre au centre-ville? Entre les besoins des uns et des autres, l'avenir de la rue Marion ne faisait pas l'unanimité.

Parmi les habitants qui se sont exprimés, une majorité pense que des changements qui favorisent la mobilité des piétons, la construction des pistes cyclables et une fluidité du transport en commun seront plus bénéfiques pour le quartier et ses environs.

Dans son introduction, le conseiller de Saint-Boniface, Mathieu Allard, a indiqué que Winnipeg n’avait pas les moyens de dépenser les 566 millions de dollars d'un mégaprojet, auquel la Ville a mis fin en 2016, et qui comprenait l’élargissement de la rue Marion ainsi que la construction d’un passage inférieur là où la voie de chemin de fer croise la rue Marion.

On parle plutôt maintenant d’apporter des changements qui permettront d’utiliser la rue Marion pour se déplacer par divers moyens de transport. Mathieu Allard a dit espérer que le processus en cours serait différent cette fois-ci.

« Nous nous demandons ce qu’il est possible de faire, à l’exception de l’élargissement de la rue et du passage inférieur », dit-il.

Le porte-parole de l’Association des résidents de Norwood Flats, Pat Fortier, affirme que les résidents de son quartier soutiendront toute initiative qui permet à l’ensemble des usagers de la route d’être en sécurité.

La transformation doit refléter les besoins de tous les utilisateurs. Peu importe que tu sois à pied, à bicyclette, ou en fauteuil roulant, tu dois te sentir en sécurité sur la rue Marion.

Patrick Fortier, porte-parole de l’Association des résidents de Norwood Flats

Avant la rencontre, son association s’est jointe à la Zone d'amélioration commerciale de Norwood Grove et à Entreprises Riel pour rendre publique une vision commune de la rue Marion. Cette vision est celle d’une « rue principale » attrayante, semblable à celle de l’avenue Corydon.

Au cours de la soirée, le respect des normes et de l’environnement a été plusieurs fois au centre des discussions.

Un homme sourit à la caméra, dans une salle remplie de personnes qui assistent à une présentation.

Patrick Fortier, porte-parole de l'Association des résidents de Norwood Flats, favorise le transport actif et une rue Marion semblable à la rue Corydon.

Photo : Radio-Canada / Laïssa Palou

Des opinions diversifiées

Sandra Dupuis, de l’Association des résidents du sud de Saint-Boniface, a demandé pourquoi on ravivait une discussion de 2015 qui aurait pu avoir des effets désastreux sur le quartier.

« Nous ne sommes pas une artère principale, nous sommes une petite communauté et s’il y a des entreprises qui veulent faire de gros développements, qu’elles construisent leurs propres routes et ponts pour se rendre au centre-ville », dit-elle.

Une femme parle à un micro, dans la salle où a eu lieu la rencontre publique.

Sandra Dupuis, de l'Association des résidents du sud de Saint-Boniface, se demande pourquoi on débat encore de l'avenir de la rue Marion.

Photo : Radio-Canada / (Walther Bernal

Les trains sont un enjeu majeur pour bon nombre de résidents, qui aimeraient à tout le moins qu'ils ne roulent pas aux heures de grande affluence, et cessent ainsi de ralentir la circulation automobile.

Un résident du quartier Southdale, Roger Plante, demande qu’un passage inférieur ou un viaduc soit construit. Il y a cinq ans, dit-il, le trajet de sa maison jusque dans le quartier West End lui demandait 20 minutes. Il lui prend 45 minutes maintenant.

Il rappelle à la Ville qu’elle doit faire les choses correctement : « On bâtit des routes et des ponts pour les besoins des 100 prochaines années, pas pour la semaine prochaine », dit-il.

« On nous dit qu’on ne peut pas se permettre de dépenser 500 millions de dollars. Je pense qu’on ne peut pas se permettre de ne pas dépenser 500 millions de dollars. Un projet évalué à 500 millions coûtera 1,2 milliard ou 1,3 milliard de dollars dans 10 ans. Un moment donné, il faudra faire cette dépense », estime Roger Plante.

Une résidente de Saint-Boniface, Teresa Cwik, est préoccupée par l’augmentation de la circulation sur le pont Norwood et demande à la Ville d’améliorer les routes à l’extérieur de Saint-Boniface pour mieux gérer le flux de véhicules.

« Surtout maintenant que des salles d’urgence ont fermé et que les gens seront plus nombreux à se rendre aux urgences de [l'Hôpital] Saint-Boniface et du Centre des sciences de la santé. Comment les ambulances pourront-elles circuler quand, de tous les quartiers de la ville, on converge vers le même point? »

La suite du processus

Le vice-président de l’Association des résidents du vieux Saint-Boniface, Walter Kleinschmit, a encore en souvenir les ratés de la première tentative d’amélioration du même axe routier.

Il espère que les données recueillies pendant la consultation seront présentées aux résidents. « À la dernière tentative, la Ville avait tout fait sans consulter les gens, déclare-t-il. Cette fois, on espère que le processus sera respecté et que les définitions de tâches seront claires pour tout le monde. »

Un homme est photographié dans une salle où en arrière-plan, on voit des personnes discuter en petits groupes.

Walter Kleinschmit espère que la Ville continuera de consulter les citoyens au fur et à mesure que sa vision se précise et que les projets se développent.

Photo : Radio-Canada

Selon M. Kleinschmit, la variable financière n’est pas un problème à cette étape de consultation. Il pense que la Ville a suffisamment de temps pour trouver le financement auprès des autres ordres de gouvernement.

« Ça prendra deux à trois ans pour développer un plan », dit-il. Il pense que le plus important pour la Ville est d’avoir une vision de développement à long terme pour l’ensemble des quartiers.

La plupart des personnes qui ont parlé ce soir ont été très très agressives. [...] car elles souhaitent également qu’on dépense l’argent pour des solutions plus globales comme réexaminer le déménagement des chemins de fer dans la ville, qui est un très grand problème.

Walter Kleinschmit, vice-président de l'Asociation des résidents du vieux Saint-Boniface

Le gestionnaire du transport et des travaux publics de la Ville, David Patman, a rappelé que la rencontre avait pour but d’écouter les préoccupations du public avant de décider de la direction à prendre. « On veut savoir si on est sur la bonne voie avec notre nouvelle vision », dit-il.

Il a expliqué que la Ville veut entreprendre des changements à la rue Marion qui seront possibles sur le plan financier, et qui pourraient comprendre :

  • ajouter des restrictions aux virages pour réduire la congestion routière;
  • explorer des améliorations plus importantes de la rue Marion vers la rue Dugald, qui est plus industrielle;
  • ajouter des voies pour tourner à gauche ou des changements aux feux de signalisation.

La Ville, dit-il, envisage d'obtenir un rapport sur la mobilisation du public en août et pourrait lancer une demande de soumissions au cours de l’automne.

Les résidents peuvent participer à un sondage en ligne jusqu’au 30 juin.

Avec des informations de Laïssa Pamou et Austin Grabish

Manitoba

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