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Que fera le Canada de ses déchets revenus des Philippines?

Certains conteneurs maritimes chargés d'ordures ménagères canadiennes avaient été mal étiquetés.

Photo : Radio-Canada / Yas Coles

Mugoli Samba

Le navire transportant plus de 1500 tonnes de déchets canadiens revenant des Philippines est arrivé au port de Vancouver samedi matin. C’est maintenant au tour d’une usine de Burnaby, dans le Grand Vancouver, de transformer ces déchets en énergie.

Les ordures ont passé plus de six ans à pourrir dans un port de Manille et ont fait l’objet d’une longue dispute diplomatique. Elles seront incinérées dans une usine avec récupération d'énergie gérée par Metro Vancouver.

L'usine les recevra au plus tôt dimanche.

Les matériaux qui arrivent des Philippines pourront alimenter près de 100 maisons en énergie pendant une année, explique Chris Allan, directeur des opérations de déchets solides de Metro Vancouver.

L’usine réduira les matériaux en gros cubes qui seront placés dans un bunker en attendant d’être soumis à l’une des trois lignes de production de l’usine. La vapeur produite par la combustion des déchets alimente des turbines productrices d’énergie. Cette dernière est ensuite vendue à BC Hydro.

L'usine d'incinération avec récupération d'énergie.

L'usine de Burnaby incinère plus de 260 000 tonnes de détritus par année.

Photo : Source : Metro Vancouver

L’usine alimente déjà près de 16 000 foyers par an en énergie et, selon Chris Allan, les déchets qui reviennent des Philippines ne dérangeront pas trop les activités de l’usine, qui gère plus de 260 000 tonnes de détritus par année.

Ce sera environ deux jours de travail à l’usine. Ce n’est pas un grand nombre pour nous, ajoute-t-il.

Pas de grands risques

L’établissement a été choisi par Environnement et Changement climatique Canada en raison de sa proximité avec le port de Vancouver et de sa désignation comme usine capable de recevoir des déchets des quatre points du globe, selon la directive relative à ces déchets établie par l’Agence canadienne d’inspection des aliments.

D'après Chris Allan, les déchets ne représentent pas de grands risques biologiques ou environnementaux.

Un camion passe sur la route de l'usine.

L'incinération des déchets canadiens devrait durer environ deux jours, selon le directeur des opérations de déchets solides de Metro Vancouver.

Photo : Source : Metro Vancouver

Les matériaux en question sont composés d'environ 99 % de papiers, de plastiques et de matières recyclables, explique-t-il.

Ce n’est pas si différent que de traiter des ordures municipales de six ans. C’est du matériau presque entièrement inerte.

Chris Allan, directeur des opérations de déchets solides de Metro Vancouver

Les coûts liés à la livraison et à l’entreposage des déchets seront couverts par Ottawa. Le gouvernement paiera également 250 $ la tonne à Metro Vancouver pour les frais de traitement.

L'avenir diplomatique du Canada

Certains espèrent que la saga des déchets canadiens n’a pas causé trop de tort à ses relations diplomatiques avec les Philippines.

Je crois qu’il serait prudent pour le gouvernement canadien d’assurer que cette situation ne cause pas une rupture des relations philippino-canadiennes, explique Leonara Angeles, professeure au département de planification communautaire et régionale de l’Université de la Colombie-Britannique.

Des déchets tenus par une grue.

Les coûts de la livraison et de l’entreposage des déchets seront couverts par le gouvernement canadien.

Photo : Source : Metro Vancouver

Nos relations transnationales économiques et culturelles sont si profondes et si intenses, dit-elle, surtout parce que plus de 800 000 Philippins vivent maintenant au Canada.

Elle ajoute que la saga des déchets a poussé plusieurs membres de la diaspora asiatique au Canada à s'interroger sur la destination finale des déchets canadiens. Selon elle, il est également important pour les consommateurs de réfléchir à leur rôle dans cette affaire.

Nous sommes tous des consommateurs, mais aussi des producteurs de déchets, et nous sommes tous concernés par ce problème, rappelle Leonara Angeles. Ce n’est pas seulement un problème du gouvernement canadien, ou du gouvernement philippin, ou le problème d’un pays en particulier.

Colombie-Britannique et Yukon

Environnement