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Frais ambulanciers intermunicipaux : les CUPR se mettent à dos le ministère de la Santé

Des véhicules ambulanciers des Comtés unis de Prescott et Russell

La politique des CUPR vise à réduire de façon significative le nombre d’appels répondus par les ambulanciers des CUPR sur le territoire des municipalités voisines.

Photo : Radio-Canada / S. B.

Denis Babin

Une politique mise en place par les services d’urgence des Comtés unis de Prescott et Russell (CUPR) le 4 juin dernier irrite au plus haut point le ministère ontarien de la Santé et des Soins de longue durée (MSSLD).

La mesure en question vise à réduire de façon significative le nombre d’appels répondus par les ambulanciers des CUPR sur le territoire des municipalités voisines, notamment celui d’Ottawa.

[Au] ministère, [depuis] le début, ils sont frustrés. Ils nous disent qu’on ne suit pas la Loi [sur les ambulances]. Nous autres, on dit qu’on la suit. Donc, ils ont lancé deux "investigations" contre nous, a fait savoir le directeur des services d’urgence des CUPR, Michel Chrétien, lors d’une réunion mercredi matin.

Depuis le 4 juin dernier, lorsque les ambulanciers des CUPR déposent un patient dans un hôpital d’une municipalité voisine, leur véhicule devient indisponible sur l’écran du centre de répartition des appels d’urgence.

Il en est ainsi tant et aussi longtemps que l’ambulance n’a pas regagné son territoire de desserte.

Du 4 au 20 juin, les services d’urgence des CUPR ont appliqué cette mesure à 193 reprises.

Selon le ministère de la Santé, cette politique va à l’encontre du principe de service continu en vertu duquel le véhicule se trouvant le plus près d’une situation d’urgence répond à l’appel, et ce, peu importe sa provenance.

[Durant cette période] […] on a quand même fait 48 appels à l’extérieur. [Mais] on a réduit de façon importante nos volumes [d’appels] à Ottawa, a indiqué Michel Chrétien aux maires des CUPR. En bout de ligne, on fait cela, non pas pour aller à l’encontre [des directives] du ministère, mais bien pour protéger les citoyens de notre communauté.

Michel Chrétien devant une ambulance.

Michel Chrétien, directeur des services d’urgence des comtés unis de Prescott et Russell.

Photo : Radio-Canada / Ashley Burke/CBC

Plus d'appels extérieurs, aucune indemnisation

Les CUPR ont recours à une telle mesure pour deux raisons.

Dans un premier temps, c’est une question d’argent. Cela fait maintenant plus de trois ans que les services d’urgence des CUPR ne sont plus indemnisés lorsqu’ils interviennent à l’extérieur de leur territoire.

Depuis janvier 2016, les municipalités ne sont plus forcées par la province à s’entendre entre elles pour le remboursement de ces frais.

Sans entente, la Ville d’Ottawa a lancé le bal en cessant de dédommager ses voisines pour les services rendus.

En 2018, il en a coûté aux CUPR 1,5 M $ pour répondre aux appels dits « extérieurs ».

De plus, le nombre d’appels provenant des municipalités voisines a explosé durant cette même période, mettant les ressources des services d’urgence des CUPR à rude épreuve.

La Ville d’Ottawa a été capable de trouver une [échappatoire] pour ne plus nous payer. Et le ministère n’était pas intéressé à s’impliquer. Mais nous autres, on trouve une [échappatoire] pour protéger nos citoyens. Puis là, on a le ministère qui court après nous autres. […] Je me sens comme si [on se faisait intimider] par le ministère honnêtement, a lancé le maire de Russell, Pierre Leroux.

Guy Desjardins avec un collègue à sa gauche, assis derrière des micros.

Le maire de Clarence-Rockland (à droite) appuie la mesure des services d'urgence des CUPR.

Photo : Radio-Canada / Denis Babin

Chose certaine, la démarche entamée par le directeur des services d’urgence est appuyée sans réserve par les maires, et ce même si les CUPR courent le risque d'être traînés devant les tribunaux.

C’est malheureux que la province ne [veuille] pas travailler avec nous mieux que ça. Et même la Ville d’Ottawa. Ça nous coûte de l’argent ces ambulances-là. […] Si on finit en cour, bien on va finir en cour, a conclu le maire de Clarence-Rockland, Guy Desjardins.

Ottawa-Gatineau

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