•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Visiter Saint-Boniface à la rencontre de Gabrielle Roy

Une grande maison de couleur jaune clair, un jour d'été ensoleillé.

La Maison Gabrielle-Roy est ouverte aux visiteurs depuis 2003.

Photo : Radio-Canada / Fernand Detillieux

Camille Gris Roy

Rue Deschambault, Saint-Boniface, Winnipeg. Au numéro 375, la Maison Gabrielle-Roy est devenue un arrêt incontournable pour les passionnés de la célèbre écrivaine qui viennent en pèlerinage dans les Prairies canadiennes. Dans le cadre de notre série Sur la route des vacances, découvrez d’autres lieux de Saint-Boniface qui témoignent aussi de la jeunesse de l’auteure.

Gabrielle Roy est née dans la maison de la rue Deschambault en 1909 et y a grandi auprès de ses parents, Léon et Mélina, et de ses nombreux frères et soeurs.

Officiellement constitué en musée en 2003, le bâtiment attire maintenant ses lecteurs et admirateurs. À 95 %, c'est des personnes qui viennent du Québec, qui sont intéressées et qui réalisent que Gabrielle Roy, c'est une Manitobaine, qu'elle est née ici et qu'elle a vécu ici longtemps [avant le Québec], observe Colombe Fafard Chartier, guide bénévole.

La plupart de nos voyageurs traversent le Canada, ajoute-t-elle. Ils vont à Vancouver, mais ils arrêtent toujours ici.

Quand il y a une personne célèbre que tu admires, c'est un peu intrigant d'aller voir où elle a grandi. On imagine les lieux, mais quand on peut les voir en personne, ça aide beaucoup.

Colombe Fafard Chartier, guide bénévole à la Maison Gabrielle-Roy

Les visiteurs recherchent ici le concret. Ils veulent voir, en vrai, les objets et les pièces qui étaient chers à l'auteure, comme la courtepointe cousue par sa mère, son petit chapeau de vacances ou encore sa machine à écrire.

Il y a aussi la fameuse petite lucarne au grenier, par laquelle la jeune Gabrielle aimait regarder. Quand la maison a été bâtie, il y en avait juste cinq sur la rue ici, alors c'était comme une prairie, il y avait des champs autour, raconte Colombe Fafard Chartier.

Avec ces lieux viennent les anecdotes. Devant le téléphone familial au rez-de-chaussée, notre guide raconte. Gabrielle avait rencontré un jeune homme très gentil qui travaillait à l’usine de peinture sur la rue Des Meurons. C'était un Hollandais, il ne parlait pas français et n’était pas catholique, alors Mme Roy [mère] ne voulait rien savoir de lui.

Ils ont donc trouvé une autre manière de communiquer avec le téléphone : il sonnait à une telle heure, Gabrielle venait répondre et il lui jouait des musiques sur son violon, de belles musiques romantiques.

Une photo de deux photos dans des cadres sur un piano.

Photos de famille sur le piano dans le salon de la Maison Gabrielle-Roy : on y voit la petite Gabrielle, posant au centre avec ses parents, et ses frères et soeurs.

Photo : Radio-Canada

Dans la chambre principale, Colombe Fafard Chartier y va d’une autre histoire sur le père de Gabrielle, qui était agent d’immigration.

Il était triste quand il a perdu son emploi, et Gabrielle ne l'a pas connu souvent joyeux, mais le soir, elle avait la chance de se rapprocher de lui. M. Roy veillait tard, et des fois, avec un de ses enfants, il faisait des toasts au bout d'une fourchette sur le poêle.

C'est là qu'il s'ouvrait un peu et racontait ses voyages avec les immigrants, parce qu'il aimait beaucoup voyager, parler avec eux et connaître leurs cultures. Une source d'inspiration pour les écrits de Gabrielle, sans doute.

Le sentier Gabrielle-Roy

Si la Maison Gabrielle-Roy est préservée comme une image figée dans le temps, à l’extérieur, le quartier à bien changé. Mais avec un peu d'imagination, le pèlerin peut aussi poursuivre son chemin au-delà du petit musée.

Au bout de la rue Deschambault, par exemple, un sentier en hommage à l’auteure a été aménagé par l’association Winnipeg Trails et l’organisme Sauvons notre Seine, le long de la rivière.

Un montage de trois photos : à gauche, deux pancartes qui annoncent le sentier et la route Gabrielle-Roy, et à gauche, un sentier boisé.

Le sentier Gabrielle-Roy, aménagé le long de la rivière Seine à Saint-Boniface, tout près de la rue Deschambault où l'écrivaine a grandi.

Photo : Radio-Canada

Il y avait là un cercle de vieux chênes et, pour elle, c'était comme de vieux amis qui se rassemblaient pour jaser ensemble. Elle aimait ça se recueillir là pour imaginer des choses aussi, elle se trouvait une solitude et elle pouvait écouter le chant des oiseaux, écouter la rivière Seine couler.

L’Académie Saint-Joseph

À quelques pas de là, avenue de la Cathédrale, se dresse un grand bâtiment qui abritait autrefois l’Académie Saint-Joseph, dirigée par les Sœurs des Saints-Noms de Jésus et de Marie.

Un grand bâtiment historique de couleur beige, une journée d'été, entouré d'arbres et de branches.

L'ancienne Académie Saint-Joseph, située au 321, avenue de la Cathédrale, à Winnipeg, était tenue par les Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie.

Photo : Radio-Canada / Camille Gris Roy

Gabrielle Roy a fait sa scolarité dans cet établissement de jeunes filles à l’époque de la Loi Thornton, qui imposait l’anglais comme unique langue d’enseignement dans les écoles publiques au Manitoba. Clandestinement, le français arrivait tout de même à se trouver une place dans les écoles comme celle-ci.

Une photo en noir et blanc d'une classe de jeunes femmes, vêtues d'uniformes foncés.

Photo conservée par la Société historique de Saint-Boniface : classe des finissantes à l'Académie Saint-Joseph en 1928. Gabrielle Roy est assise au centre.

Photo : Société historique de Saint-Boniface (2680)

L’édifice fait maintenant partie du Manoir de la Cathédrale, un foyer pour personnes âgées.

L’École Provencher

De l’autre côté de la rue, on tombe face à l’École Provencher. Gabrielle Roy y a enseigné l’anglais à de jeunes garçons immigrants pendant plusieurs années. L’école est aujourd’hui gérée par la Division scolaire Louis-Riel, qui offre le programme d’immersion française à Winnipeg.

Un grand bâtiment.

L'École Provencher, à Winnipeg

Photo : Radio-Canada / Camille Gris Roy

Un montage de deux photos : à gauche, un gros plan sur la plaque de l'installation, qui cite un passage du livre La Détresse et l'Enchantement. À droite, l'installation complète : des chaises stylisées devant un lutrin, installés sur la pelouse.

Une installation en hommage à Gabrielle Roy devant l'École Provencher, à Saint-Boniface.

Photo : Radio-Canada / Camille Gris Roy

Rue Hamel : la rencontre du Dr Carbotte

C’est dans la maison située au 228, rue Hamel, en face de l’actuelle Université de Saint-Boniface, que Gabrielle Roy rencontre le Dr Marcel Carbotte en 1947, lors d’un voyage de repos au Manitoba. Ils se sont mariés peu de temps après.

Une grande maison au coin d'une rue de Saint-Boniface.

228, avenue Hamel à Saint-Boniface.

Photo : Radio-Canada / Daniel Gagné

La maison abrite aujourd’hui le Centre de renouveau Aulneau, un organisme à but non lucratif.

Pierre tombale de la famille Roy

Tout près, au cimetière de la cathédrale, la pierre tombale des parents (Léon et Mélina) et de quelques-uns des enfants Roy témoigne de l'enracinement bonifacien de la famille.

Une pierre tombale qui porte les inscriptions : « Roy », « Léon (1851-1929), Mélina (1867-1943), Agnès (1892-1906), Marie-Agnès (1906-1910) » et « à la douce mémoire de Anna, Bernadette, Gabrielle, Germain, et Marcel Carbotte ». À droite, une plus petite pierre qui porte le nom de Germain Roy.

Les parents de Gabrielle Roy, Léon et Mélina, reposent au cimetière de la Cathédrale à Saint-Boniface, ainsi que deux des soeurs de l'écrivaine et son frère Germain.

Photo : Radio-Canada / Camille Gris Roy

Le Cercle Molière

Le Théâtre Cercle Molière, fondé en 1925, est l'une des plus anciennes compagnies théâtrales du Canada. Gabrielle Roy a fait partie de la troupe menée par Arthur et Pauline Boutal dans les années 1930. Cette passion la mènera à partir vers l'Europe pour des études d'art dramatique, avant qu'elle ne décide de se consacrer à l'écriture.

Un grand bâtiment en long, avec de grandes vitres et un logo qui indique « TCM Théâtre Cercle Molière », vu de l'extérieur un jour d'automne.

Gabrielle Roy a fait ses armes comme comédienne dans la troupe du Cercle Molière. Le théâtre a maintenant ses quartiers généraux boulevard Provencher, à Saint-Boniface.

Photo : Google Street View

Le théâtre n'a pas de domicile fixe à l'époque; il est maintenant situé boulevard Provencher, à côté du Centre culturel franco-manitobain.

Le pont Provencher : vers Winnipeg

Le pont Provencher marque la frontière entre Saint-Boniface et le centre-ville de Winnipeg. Gabrielle Roy traversait par là la rivière Rouge avec sa mère pour se rendre à Winnipeg, « l’autre ville », et magasiner chez Eaton’s.

Un grand pont au-dessus de la rivière. Au fond, le Musée canadien pour les droits de la personne.

La structure moderne du pont Provencher a été construite au début des années 2000. Gabrielle Roy empruntait l'ancien pont, au même endroit pour enjamber la rivière Rouge et se rendre à Winnipeg.

Photo : Radio-Canada / Fernand Detillieux

Elles passaient aussi à la gare du CP et Gabrielle voyait les gens arriver sur le train et elle s’imaginait toutes sortes de vies, qu'ils devaient avoir abandonnées pour venir ici. Pour elle, c'était comme ouvrir une boîte de surprises.

Transmettre sa passion

La guide bénévole Colombe Fafard Chartier est elle-même une passionnée de l’auteure, qu’elle a découverte tardivement. Je n’avais jamais entendu parler d'elle à l'école. C'est ma fille, quand elle allait à l’université, qui m'avait envoyé un livre de Gabrielle et là j'étais mordue, je voulais en savoir plus.

Une femme portant une robe blanche, souriante, devant un grand poêle dans une cuisine d'époque du début des années 1900.

Colombe Fafard Chartier, passionnée de l'écrivaine Gabrielle Roy, est guide bénévole à la maison du 375, rue Deschambault.

Photo : Radio-Canada / Justin Fraser

Maintenant, j’ai toute la collection de ses livres, j'en ai même avec des signatures.

Colombe Fafard Chartier

Son coup de coeur dans la maison qu'elle fait visiter? J’adore la chambrette pour les enfants et la chambre des maîtres, ça me rappelle ma vie d'enfance, parce que mes parents avaient une famille de 12 et eux avaient une famille de 11. Mme Roy me rappelle ma maman, qui était très bonne couturière, très créatrice, dit-elle.

Un plus long pèlerinage au Manitoba

La jeunesse et l’oeuvre de Gabrielle Roy dépassent les frontières de Saint-Boniface et nous font aussi voyager ailleurs au Manitoba. Son ouvrage La route d’Altamont, inspiré de son enfance, met en scène les communautés et la région vallonnée du sud-ouest du Manitoba.

Dans ce coin de pays, il y a notamment le village de Somerset, où elle allait rendre visite à ses grands-parents.

Elle a par ailleurs commencé sa carrière d’institutrice, dans les petits villages manitobains de Marchand et de Cardinal. Puis durant l’été 1937, elle occupera un poste temporaire à la Petite-Poule-d'Eau, lieu isolé à quelque 500 kilomètres au nord de Winnipeg.

Manitoba

Tourisme