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La menace d'une suspension des importations de viande par la Chine inquiète le Manitoba

Un porc dans une étable.

Des certificats sanitaires vétérinaires contrefaits ont incité la Chine à suspendre l'importation de tous les produits de viande en provenance du Canada.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le premier ministre du Manitoba, Brian Pallister, a déclaré être préoccupé par la menace d'une interdiction totale des exportations de porc canadien vers la Chine. Le Manitoba est la plus grande province productrice de porc du Canada.

Bien sûr, nous sommes inquiets, a déclaré Brian Pallister.

Pour nous, non seulement le canola et le bœuf sont des produits de base importants pour nos familles d'agriculteurs, mais ils représentent aussi un potentiel de valeur ajoutée dans notre province.

Le premier ministre a fait ces remarques, mercredi, alors que l'ambassade de Chine à Ottawa annonçait son intention de suspendre ses importations de produits de viande canadiens.

La suspension intervient après que l'Agence canadienne d'inspection des aliments a averti la Chine qu'elle avait découvert près de 200 faux certificats sanitaires vétérinaires liés à une cargaison de porc exporté vers la Chine.

Le gouvernement fédéral est en train d'enquêter sur cette découverte qui vient jeter une ombre de plus aux relations commerciales déjà compromises entre le Canada et la Chine après l'arrestation d'une dirigeante d’un géant de la technologie chinois.

La Chine a récemment cessé les importations de canola en provenance du groupe Richardson International, une entreprise de Winnipeg, en affirmant qu'elle craignait une possible infestation par des insectes. Le canola a été la principale exportation du Manitoba vers la Chine l'an dernier, et le porc arrive en quatrième position. 

La semaine dernière, des inspecteurs des douanes chinois ont détecté de la ractopamine, un additif alimentaire restreint qui stimule la croissance, lors d'une récente expédition de viande de porc canadienne, et ont annoncé qu'ils envisageaient d'interdire totalement les importations de viande canadienne.

La ractopamine est autorisée au Canada et aux États-Unis, mais interdite en Chine, en Russie et dans les pays de l’Union européenne.

Un coup dur pour l'industrie locale

Le Manitoba est le plus important transformateur de viande de porc au Canada et exporte environ 200 millions de dollars de produits en Chine chaque année. Il crée de nombreux emplois localement, a déclaré le ministre provincial de l'Agriculture du Manitoba, Ralph Eichler.

C'est un gros coup pour nous et j'espère que nous aurons résolu le problème le plus tôt possible, a-t-il déclaré, ajoutant que c’est toute une industrie qui pourrait être paralysée. 

Ralph Eichler a déclaré qu'il s'était entretenu avec son homologue chinois mercredi et qu'il n'avait pas encore vérifié si le porc accompagné de fausses certifications était bien canadien.

Le président de l’Association Keystone Agricultural Producers du Manitoba (KAP), Bill Campbell dit être inquiet par cette nouvelle, mais estime qu’il est trop tôt pour en connaître les effets sur les producteurs. 

Selon le professeur de gestion de la chaîne d'approvisionnement à l'Asper School of Business de l'Université du Manitoba, Barry Prentice, les Canadiens ne devraient pas trop s'inquiéter de la durée d'une interdiction d'exporter de la viande en Chine en raison de faux documents sanitaires ou de traces de ractopamine.

Nous avons une très bonne réputation, entre autres, parce que nous effectuons un suivi et des inspections. Le système canadien est très rigoureux, a-t-il assuré.

Un système canadien très rigoureux

Il a ajouté que la Chine avait de bonnes raisons de suspendre temporairement les importations afin de pouvoir évaluer l'ampleur des problèmes de contrefaçon et de présence de ractopamine. Il a ajouté que le fait que c'est le Canada qui a signalé les faux certificats à la Chine peut avoir un impact positif.

C'était une information que le Canada leur avait donnée, que nous avions ces faux certificats, et leur réaction est plutôt logique. Les pays ont l'obligation de protéger leur population, ajoute Barry Prentice.

La Chine produit environ la moitié de la viande de porc du monde, a-t-il souligné, et environ un cinquième de leurs animaux destinés à la commercialisation a été perdu à cause de la peste porcine africaine en Chine.

Ils pensent perdre encore 22 % d'ici la fin de l'année, car ils ne disposent pas de vaccin, ils ne peuvent pas l'endiguer, a ajouté M. Prentice.

Les prix des aliments vont beaucoup augmenter en Chine et je pense qu'ils vont revenir acheter du porc quelque part.

Manitoba

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