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La protection des berges de Mingan est « urgente », tonnent les élus

Une plage d'Ekuanitshit

Communauté innue d'Ekuanitshit

Photo : Radio-Canada / Joane Bérubé

Laurence Royer

Le chef innu d’Ekuanitshit, Jean-Charles Piétacho, et le maire de Longue-Pointe-de-Mingan, Martin Beaudin, ont clamé l’urgence de réaliser des travaux d’enrochement pour protéger un tronçon de la route 138 entre les deux communautés.

À l’occasion d’une séance du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE,) mardi soir, à Ekuanitshit, des élus et des résidents de la région étaient invités à poser leurs questions et à faire part de leurs inquiétudes au sujet d’un projet d’enrochement du ministère des Transports.

Pendant la séance publique, des représentants du BAPE ont affirmé qu’il faudrait une dizaine de mois pour obtenir l’ensemble des signatures nécessaires pour lancer les travaux, ce qui expliquait que l’enrochement ne commencerait qu’en 2021.

Vous me dites que ça va prendre 10 mois avant que tout le monde signe? Pourquoi, s’il y a une volonté réelle de trouver des solutions? La nature n’attendra pas après ces signatures, s’est révolté Jean-Charles Piétacho.

Le chef et le maire affirment que depuis qu’une portion de la piste cyclable s’est érodée, les enfants se déplacent en vélo sur le bord de la route 138.

Il y a des enfants. Il y a eu des accidents et j’en ai vu qui sont passé proches de se faire frapper.

Martin Beaudin, maire de Longue-Pointe-de-Mingan

Le projet servirait à protéger un tronçon de la route 138, à reconstruire la fondation d'une section de la piste cyclable qui est érodée et à reconstruire deux belvédères qui sont abîmés.

L’enrochement s'étendrait sur deux sections de la berge entre la rivière Mingan et le village de Longue-Pointe-de-Mingan, sur une longueur totale de 740 mètres.

Les travaux débuteraient à l’hiver 2021 et dureraient quatre mois. Les travaux seraient effectués en hiver, pendant que le sol est plus rigide pour plus de stabilité. Le coût du projet est évalué à quatre millions de dollars.

Jean-Charles Piétacho et Martin Beaudin affirment que le processus nécessaire à la réalisation des travaux doit être accéléré parce que la sécurité des résidents, des cyclistes et des automobilistes qui empruntent la route 138 dans ce secteur est menacée. Les deux élus précisent que des travaux d’enrochements dans ce secteur sont réclamés depuis de nombreuses années.

Quand on voit que quelqu’un est en danger, on va agir vite. 2021 je trouve ça loin.

Martin Beaudin, maire de Longue-Pointe-de-Mingan
Jean-Charles Piétacho s'adresse à un journaliste.

Le chef de la communauté innue d'Ekuanitshit, en Minganie, Jean-Charles Piétacho.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Des contrats pour la région, par la région

Pendant la séance publique du BAPE, Jean-Charles Piétacho a également réclamé que les travaux soient réalisés par des travailleurs de la communauté d’Ekuanitshit.

Le directeur général de la Côte-Nord du ministère des Transports (MTQ), Martin Cormier, a confirmé que les contrats seraient octroyés à des entrepreneurs de la communauté. C’est sans équivoque pour nous que ces travaux doivent être réalisés par les Innus de Mingan.

Autres inquiétudes

Le MTQ a tenu à rassurer la population en présentant des mesures d’atténuation pour plusieurs impacts que pourraient avoir les travaux d’enrochement sur le milieu.

Les travaux auraient des impacts négatifs sur la rivière, sa faune et les activités de pêche sportive qui s'y déroulent. La construction et le démantèlement des chemins d'accès, le reprofilage du haut des talus et la mise en place mécanique des empierrements présentent un risque de transfert de contaminants dans l'eau pouvant en affecter la qualité, peut-on lire dans un communiqué du BAPE.

Des représentants du MTQ ont informé les citoyens que, pour limiter les conséquences des travaux, la vitesse de la machinerie serait réduite à 15 km/h. Des bâches seraient installées sur les camions qui transporteront des matériaux granulaires et il serait interdit de brûler des déchets sur le site des travaux.

Les pierres qui serviraient à l’enrochement seraient exemptes de particules fines et des barrières à sédiment seraient installées pour limiter l’impact sur la biodiversité marine.

Des résidents de la communauté d’Ekuanitshit ont aussi fait part d’autres inquiétudes, notamment par rapport à la déforestation et au potentiel archéologique du site des travaux. Ils ont été informés que la coupe d’arbre serait limitée au maximum.

Il n’y a toutefois pas de fouilles archéologiques prévues dans ce secteur en raison de son faible potentiel archéologique.

La période d’information publique du BAPE sur le projet de stabilisation et d’enrochement des berges de la rivière Mingan à Longue-Pointe-de-Mingan se poursuit jusqu’au 11 juillet.

Côte-Nord

Protection des écosystèmes