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Le cancer du col de l'utérus pourrait être éradiqué grâce au vaccin contre le VPH

Une personne reçoit un vaccin contre la grippe.

Le vaccin est offert aux filles de 4e année du primaire dans les écoles depuis 2008.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Radio-Canada

D’ici quelques décennies, le cancer du col de l’utérus pourrait être éliminé grâce à la vaccination massive contre le virus du papillome humain (VPH). Ce constat établi par une équipe de chercheurs de l’Université Laval permet d’évaluer l’impact qu’a eu la vaccination dans 14 pays qui ont un programme pour lutter contre le VPH.

Chercheuse et première auteure de l’étude, Mélanie Drolet parle d’une première preuve tangible que la vaccination réduit le nombre d’infections du col de l’utérus dans la population ainsi que le nombre de condylomes aux parties génitales.

Puisque le VPH est présent dans presque 100 % des cas de cancer du col de l'utérus, les chercheurs estiment que les campagnes de vaccination massive pourraient mener à l’élimination de ce type de cancer.

Cette étude vient d’être publiée dans la revue médicale britannique The Lancet (en anglais) (Nouvelle fenêtre) par des chercheurs de l'Université Laval et du Centre de recherche du CHU de Québec-Université Laval.

Le travail des chercheurs n’est cependant pas terminé. Ces résultats sont un premier signe que la vaccination pourrait éventuellement mener à l’élimination du cancer du col de l’utérus en tant que problème de santé publique, indique Mme Drolet. Nous tentons maintenant de préciser à quel moment l’élimination pourrait être atteinte et les caractéristiques des programmes de vaccination et de dépistage qui permettraient d'y arriver plus rapidement.

Une vaste étude des populations

La chercheuse Mélanie Drolet précise que cette étude n’est pas clinique. Son équipe, supervisée par le professeur Marc Brisson, de la Faculté de médecine de l’Université Laval, a effectué une méta-analyse de 65 études réalisées dans 14 pays qui possèdent un programme de vaccination contre le VPH depuis au moins 10 ans.

Ce recensement de la documentation scientifique leur a permis de couvrir un bassin de population allant jusqu’à 60 millions de personnes et de comparer la fréquence des infections, des condylomes et des lésions précancéreuses dans chacun des pays, avant et après l'implantation du programme.

D’après leur analyse, la fréquence des infections causées par le VPH a diminué de 83 % chez les filles de 13 à 19 ans et de 66 % chez les femmes de 20 à 24 ans. Une diminution de 51 % des lésions précancéreuses du col de l’utérus a été observée chez les 15 à 19 ans et de 31 % chez les 20 à 24 ans.

Un homme se fait vacciner.

Trois vaccins contre le VPH sont autorisés au Canada, soit le Gardasil, le Gardasil 9 et le Cervarix. Les jeunes hommes sont maintenant aussi vaccinés grâce à un programme dans les écoles.

Photo : getty images/istockphoto / Tero Vesalainen

Et chez les jeunes hommes?

Un des facteurs importants de l’étude, selon Mélanie Drolet, est l’effet d’immunité de groupe qui a été remarqué. Puisque les filles sont vaccinées, la fréquence des infections associées au VPH a aussi baissé chez les garçons.

Il s’agit d’une diminution de 48 % chez les 15 à 19 ans et de 32 % chez les 20 à 24 ans, toujours selon l’étude.

Mélanie Drolet souligne que l’analyse effectuée permet aussi de confirmer que les effets positifs du vaccin sont encore plus importants dans les pays où le programme de vaccination couvre plusieurs groupes d’âge.

La chercheuse affirme qu'environ 300 cas de cancer du col de l’utérus sont observés par année au Québec. Il y a également 53 000 femmes qui obtiendront des résultats de test anormaux liés au VPH pour une année, selon des données de l'Institut national de santé publique du Québec publiées en 2013.

Sur le plan national, 1 femme sur 150 est touchée par le cancer du col de l’utérus et le taux de mortalité sur 5 ans est d'environ 25 %.

Avec les informations d'Andréanne Plante

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