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« Cette offre est notre ultime tentative », affirme la PDG de l’ABI

Les trois personnes assises à une table

De gauche à droite : le directeur exécutif de la division atlantique de Rio Tinto aluminium, Gervais Jacques, la PDG de l'ABI, Nicole Coutu et le président d'Alcoa, Jean-François Cyr, lors de la conférence de presse mercredi à Trois-Rivières.

Photo : Radio-Canada

Jérôme Roy

Lors de sa première conférence de presse depuis le début du lock-out à l’Aluminerie de Bécancour (ABI), la partie patronale a été formelle : sa troisième offre dite « globale et finale », qu’elle a déposée mercredi en début de journée, constitue bel et bien son ultime tentative de mettre fin au conflit de travail qui dure depuis le 11 janvier 2018.

La présidente-directrice générale de l’ABI Nicole Coutu, le président d’Alcoa Canada Jean-François Cyr et le directeur exécutif, opérations Atlantique, de Rio Tinto Aluminium Gervais Jacques étaient réunis mercredi après-midi à Trois-Rivières pour livrer certains détails et certaines explications sur le document remis au syndicat quelques heures plus tôt.

Le groupe de dirigeants souhaite relancer l’usine de Bécancour avec une nouvelle convention collective de six ans le 26 juillet.

En cas d’échec, ils fermeront plutôt les dernières cuves en exploitation.

Effectivement, si l’offre est rejetée, on va devoir faire des plans pour la suspension des opérations, qui inclut la fermeture des cuves, signale M. Cyr. Après 18 mois, on est rendus à la croisée des chemins et on doit entrevoir cette éventualité-là.

Selon M. Cyr, une telle suspension complexifierait et prolongerait substantiellement le redémarrage éventuel de l’usine.

C’est pour cette raison que les dirigeants exigent que les syndiqués se soient exprimés sur l’offre d’ici le 5 juillet.

Une offre qui serait bonifiée

D’entrée de jeu, la présidente-directrice générale de l’ABI Nicole Coutu s’est dite consciente de l’impact du conflit de travail sur ses employés et leurs familles.

Nous devons parvenir à une résolution maintenant.

Nicole Coutu, présidente-directrice générale de l'Aluminerie de Bécancour

Plaidant que l’usine doit augmenter sa productivité et rattraper son retard sur l’industrie, elle juge que la plus récente offre « assurera la pérennité de l’aluminerie » tout en étant intéressante pour le syndicat.

L’offre globale et finale déposée aujourd’hui comprend de nombreux ajustements, ajoute Mme Coutu.

Concrètement, les dirigeants promettent d'accélérer le retour au travail des employés. Ainsi, 85 % d’entre eux retrouveraient leur poste à l’intérieur de six mois et les autres seraient assurés de retourner au travail dans les deux mois suivants.

Après cinq mois, tous les syndiqués qui ne sont pas au travail recevront 635 $ net par semaine non remboursable jusqu’au moment de leur rappel.

Les dirigeants de l’ABI promettent par ailleurs qu’il n’y aura aucune mise à pied, tout en concédant que des postes laissés vacants depuis le début du conflit seront abolis.

Nicole Coutu n’a pas voulu donner de chiffre précis sur cette question.

De 1030, le nombre de syndiqués est passé à environ 900, selon Mme Coutu, en raison notamment de départs à la retraite.

La direction de l’ABI offre aussi des augmentations salariales totalisant 15,3 % sur six ans, 8000 heures rémunérées dédiées aux activités syndicales et affirme avoir révisé à la baisse le recours aux sous-traitants.

Elle a, finalement, l’intention d’abandonner sa poursuite de 19 millions de dollars pour des dommages qu’elle prétend avoir subis lors des négociations de 2017.

Plus de flexibilité

En contrepartie, elle demande aux syndiqués de lui offrir plus de flexibilité et d’être ouverts à de nouvelles façons de faire.

Par exemple, la taille des équipes pourrait être réduite et une personne affectée à une machine arrêtée pourrait être réaffectée à d’autres tâches momentanément.

La compétition, c’est la Chine, plaide Jean-François Cyr. Dans le marché de l’aluminium actuel, c’est un marché qui est très, très compétitif et flexibles. On doit, justement, être compétitifs et flexible pour garder les bonnes conditions qu’on donne à nos employés.

Il a droit à son opinion.

Questionnés sur les prises de positions du premier ministre François Legault dénoncées par le Syndicat des Métallos, les dirigeants de l’ABI n’ont pas voulu se mouiller.

Le premier ministre Legault a entendu les deux partis et il s’est fait sa propre opinion, s’est contenté de répondre M. Cyr, refusant de spécifier s’il partageait l'avis du premier ministre.

Concernant le fait qu’ils n’aient pas offert de conférence de presse plus tôt, Nicole Coutu s’est justifiée en affirmant qu’il s’agissait d’une décision d’entreprise, mais que maintenant, les partis sont à la croisée des chemins.

Mauricie et Centre du Québec

Emploi