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Suspension des importations de viande canadienne en Chine : Ottawa enquête

Marie-Claude Bibeau suivie de Jim Carr.

Les ministres de la Diversification du commerce international, Jim Carr, et de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire, Marie-Claude Bibeau, ont assuré qu'Ottawa fait ce qu'il faut pour corriger la situation.

Photo : The Canadian Press / Adrian Wyld

Radio-Canada

Des inconnus utilisent de faux documents pour introduire en contrebande de la viande en Chine, a déclaré mercredi à Toronto le ministre de la Diversification du commerce international, Jim Carr, un jour après que Pékin eut annoncé la suspension des importations de produits de bœuf et de porc du Canada.

Quelqu'un essaie d'utiliser l’appellation canadienne pour vendre des produits sur le marché chinois.

Jim Carr, ministre de la Diversification du commerce international

Selon des informations publiées sur le site internet de l'ambassade de Chine au Canada, l'enquête des autorités a conclu que 188 certificats attachés à des livraisons de produits porcins avaient été contrefaits.

Ottawa reste prudent et indique n'avoir jusqu'ici décelé qu'un seul cas de contrefaçon – une cargaison de langues de porc congelées – et n'est pas encore en mesure de dire s'il s'agit de produits véritablement canadiens.

Il faut trouver d'où provient cette viande et qui est l'auteur de ce crime, a déclaré la ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire, Marie-Claude Bibeau, en entrevue à ICI RDI.

Le système qui a été touché, c'est vraiment le système qui est spécifique à l'exportation des viandes en Chine, alors les autres produits agricoles canadiens en Chine ou dans les autres pays ne sont absolument pas touchés par ce problème.

Marie-Claude Bibeau, ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire

On est en conversation carrément tous les jours avec les autorités chinoises pour trouver une solution, a-t-elle répété plusieurs fois.

M. Carr soutient de son côté que le gouvernement Trudeau a été avisé de la situation il y a une dizaine de jours et qu'il tente d'obtenir des réponses aussi rapidement que possible. Une enquête est en cours, et nous prenons la chose au sérieux et travaillons très fort pour aller au fond des choses.

Les incidents impliquant de faux documents ne sont pas sans précédent, mais ils sont « rares », a-t-il dit.

Nous sommes en contact étroit avec l'industrie, avec nos homologues chinois, avec les autorités provinciales, a indiqué le ministre.

C’est d’ailleurs le ministre de l'Agriculture du Manitoba, Ralph Eichler, qui a révélé que, dans le cadre de ses vérifications, Ottawa avait contacté différents marchés asiatiques, dont le Japon, et qu’aucun n’avait constaté de problèmes dans la documentation accompagnant les cargaisons de viande canadienne.

Le premier ministre québécois François Legault a demandé au fédéral de se pencher sur la possibilité d'aider financièrement les producteurs et transformateurs de viande victimes de la décision de Pékin. L'industrie porcine du Québec risque fort d'en faire les frais.

Je pense que c'est prématuré de parler de programme de compensation, a répondu Mme Bibeau. On en est à la première journée. Et j'ai bon espoir qu'on va trouver une solution le plus rapidement possible.

La Chine avait déjà suspendu les importations de porc d'une entreprise basée au Québec, la semaine dernière, après avoir trouvé des résidus de ractopamine, un additif qui rend les porcs plus maigres. La ractopamine est interdite en Chine, mais certains pays, comme le Canada, les États-Unis et l'Australie, en acceptent un certain niveau et le considèrent comme sans danger pour les consommateurs.

Deux autres usines ont perdu leur permis en raison de problèmes d'étiquetage.

L’affaire Huawei

Meng Wanzhou.

La directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou.

Photo : La Presse canadienne / Courtoisie Huawei

Jim Carr a soutenu qu'il n'existe aucun lien connu entre la suspension des importations et la montée des tensions avec la Chine à propos de l'extradition de Meng Wanzhou, la directrice financière du géant techno Huawei et fille de son fondateur.

Dans ce cas particulier, on doit admettre qu'on a constaté qu'il y avait un faux certificat d'exportation.

Marie-Claude Bibeau, ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire

La Chine a réitéré mercredi sa demande de libération de Mme Meng. Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Geng Shuang, a déclaré lors d'une conférence de presse que le Canada doit prendre au sérieux les préoccupations de la Chine et la relâcher immédiatement.

Mme Meng a été arrêtée le 1er décembre au Canada à la demande des autorités américaines, qui veulent la juger pour fraude. Elle vit depuis sous surveillance dans l'une de ses résidences à Vancouver.

Peu après l'arrestation de Mme Meng, la Chine a arrêté deux Canadiens, qui ont depuis été accusés d'espionnage.

Les avocats de Mme Meng ont demandé lundi au ministre canadien de la Justice, David Lametti, de mettre fin aux procédures d'extradition contre elle, mais n'ont pas obtenu de réponse.

La Chine avait récemment cessé d'importer certains autres produits canadiens, comme le canola. Puis, plus tôt ce mois-ci, elle avait annoncé son intention de renforcer ses inspections de la viande canadienne.

Secret de Polichinelle

Plan moyen de M. Carr.

Jim Carr a refusé d'établir un lien avec l'affaire Huawei.

Photo : La Presse canadienne / Todd Korol

Personne ne cherche à escalader ou à exacerber les tensions, a assuré le ministre Carr, mercredi, lorsqu’il a été questionné à ce sujet.

Les experts affirment toutefois qu'il est évident que l'empire du Milieu utilise les interdictions d'importation et les arrestations pour forcer le Canada à libérer Meng Wanzhou.

En entrevue à Midi info, l’ancien ambassadeur canadien en Chine Fred Bild n’avait aucun doute.

Les Chinois nous donnent encore une fois un message très, très clair : "Nous avons engagé avec le Canada un combat pour libérer Mme Meng Wanzhou […] Nous allons continuer à vous attaquer par divers moyens commerciaux qui vont vous coûter cher si vous ne la libérez pas", a déclaré M. Bild.

Le premier ministre Justin Trudeau a quitté le Canada mercredi pour une réunion des dirigeants du G20 à Osaka, au Japon, à laquelle participeront aussi les présidents chinois et américain, Xi Jinping et Donald Trump.

Le président américain a déclaré la semaine dernière à Justin Trudeau qu'il était prêt à aborder le cas des deux Canadiens détenus avec Xi Jinping lors de sa rencontre prévue samedi avec le dirigeant chinois.

Aucune rencontre n’est prévue entre Justin Trudeau et le président chinois, mais la délégation canadienne sera certainement à l'oeuvre pour mettre de la pression sur les représentants de la Chine.

On a plusieurs enjeux, en ce moment, avec la Chine, a convenu Mme Bibeau. On utilise toutes les occasions qu'on juge appropriées pour avoir des conversations et faire bouger ces dossiers.

Avec les informations de Kathleen Harris (CBC) et de Reuters

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