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Un début de ligne rose pour Montréal

Valérie Plante, mairesse de Montréal, lors de l'annonce d'une entente de principe sur le financement de projet de transport en commun à Montréal et dans la Ville de Québec.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Anne Marie Lecomte

Ce n'est peut-être pas le métro qu'avait promis Valérie Plante pour son éventuelle « ligne rose », mais la mairesse de Montréal se réjouit d'avoir obtenu, de Québec, le financement d'un lien de transport entre le centre-ville et l'arrondissement de Lachine.

On voulait trouver une solution pour le financement du tramway de Québec; au final, on en ressort avec deux tramways, a déclaré la mairesse de Montréal, Valérie Plante, à l'émission Midi info de Radio-Canada, mercredi. C'est une excellente nouvelle.

Pour Montréal, « l'excellente nouvelle » consiste en cette promesse, faite par Québec, d'élaborer « un lien structurant entre le centre-ville et l'arrondissement de Lachine, dans le sud-ouest de l'île. »

À ce stade encore préliminaire du projet, l'hypothèse la plus plausible pour ce tronçon est le tramway.

Ce tronçon du centre-ville vers Lachine, nous, on l'avait toujours prévu en surface, explique la mairesse, qui avait promis en campagne électorale d'ajouter « une ligne rose » aux lignes de métro déjà existantes.

Ce tronçon viendra compléter un autre projet de tramway dans l'est de l'île de Montréal, soit dans l'axe de la rue Notre-Dame.

Le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) est plus favorable aux projets en surface, alors on s'est rapidement entendus là-dessus, affirme Mme Plante.

La ligne rose sera-t-elle au bout du compte un métro? Une ligne de tramway? Je suis ouverte à tout, dit Valérie Plante. Je ne suis pas dogmatique, mais c'est clair qu'il faut des solutions, parce que le squelette du métro de Montréal est très achalandé.

Parmi les préoccupations de l'administration de Valérie Plante, il y a la nécessité de désengorger le métro, notamment la station Berri-UQAM, carrefour incontournable dans l'est de la métropole pour les voyageurs qui passent de l'axe est-ouest à l'axe nord-sud.

Satisfaire Québec et Montréal

En échange de ce tronçon qui sera financé par le gouvernement du Québec, Montréal consent à céder à la Ville de Québec une enveloppe de 800 millions de dollars, provenant du gouvernement du Canada, qui lui était destinée, au départ, pour ses projets de transport. Ce déplacement de fonds permettra à la Ville de Québec de se doter de son propre tramway.

En échange des 800 millions de dollars concédés à Québec, Montréal obtient « au final deux milliards de dollars d'investissement », affirme Valérie Plante.

Cette entente de principe a été annoncée mercredi à Montréal par les ministres Christian Dubé (Trésor) et Chantal Rouleau (déléguée aux Transports et responsable de la Métropole), par la mairesse Plante et par des responsables des autorités du transport en commun dans la métropole.

Le projet de tramway jusqu'à Lachine est inscrit dans le programme quinquennal d'investissements du gouvernement du Québec. Par conséquent, c'est du sérieux, assure la mairesse Plante. D'autant plus, dit-elle, que le gouvernement de la CAQ est très enthousiaste face au tronçon de l'est, la ministre Rouleau souhaitant qu'il se réalise rapidement.

Pour nous, le plus tôt, c'est le mieux, affirme Valérie Plante quand on lui demande quel sera l'échéancier des travaux.

Bonne nouvelle pour la mobilité

En plus du tronçon de la ligne rose vers Lachine, cet investissement du gouvernement de la CAQ servira à ajouter des portes palières sur les quais des stations de la ligne orange, empêchant ainsi les passagers d'échapper des objets sur les rails ou, pire, d'y tomber eux-mêmes. Il servira aussi à implanter un nouveau système de contrôle des trains sur la ligne bleue.

« C'est une excellente nouvelle pour la mobilité des Montréalais », a déclaré Philippe Schnobb, président du conseil d’administration de la Société de transport de Montréal (STM).

Dans ce « troc » de financement, dit-il, non seulement la STM ne perd pas un sou, mais elle se voit offrir du financement « pour un projet de tramway qui n'était pas du tout dans les cartons ».

Clairement, si on permet aux gens de se déplacer d’est en ouest, de se rendre au centre-ville sans avoir à prendre le métro et donc à avoir une correspondance, invariablement, ça a des impacts sur la congestion.

Philippe Schnobb, président du conseil d'administration de la STM

M. Schnobb rappelle qu'une autre option est offerte aux Montréalais voulant gagner le Vieux-Port de Montréal à partir de l'arrondissement de Pointe-aux-Trembles : la navette fluviale piétonne.

« C’est une journée importante pour le climat et la mobilité durable », a dit pour sa part Karel Mayrand, directeur de la Fondation David Suzuki pour le Québec, au sujet du tronçon liant le centre-ville à Lachine.

Un son de cloche semblable est venu du Conseil du patronat du Québec (CPQ). Son PDG, Yves-Thomas Dorval, estime notamment que le projet aura un impact social positif parce qu'il facilitera l'accès au transport pour les gens moins favorisés. Le tramway aura aussi un impact environnemental positif, dit le CPQ, puisqu'il contribuera à la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Grand Montréal

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