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Le Québec a connu un nombre record de cas d'infections au virus du Nil en 2018

Les moustiques infectés par le virus du Nil occidental peuvent contaminer les humains et les animaux.

Photo : Shutterstock / mycteria

La Presse canadienne

Le nombre de cas d'infections au virus du Nil occidental (VNO) au Québec a fait un bond spectaculaire en 2018 pour atteindre un sommet jusque-là inédit.

Le ministère de la Santé a répertorié en tout 201 cas et 15 décès attribuables à ce virus l'an dernier, comparativement à 27 cas et un décès en 2017. Il faut remonter à 2012 pour trouver la pointe précédente et, encore là, les données étaient beaucoup plus modestes avec 134 cas répertoriés et cinq décès.

Les autorités de santé publique ignorent toutefois la cause de cette poussée.

Il n'y a pas d'explication précise, malheureusement. Il y a des années où le nombre de cas chez l'humain augmente beaucoup et d'autres années où il y a très peu d'activité, a reconnu le docteur François Milord, médecin-conseil à la Direction de la santé publique de la Montérégie, en conférence de presse mercredi.

La Montérégie est d'ailleurs – et de loin – la région la plus affectée, regroupant à elle seule 76 cas et 11 décès, mais la maladie n'est pas plus répandue en nature qu'en milieu urbain, puisque ce sont les régions de Montréal et de Laval qui occupent les deuxième et troisième rangs respectivement.

Infections par le VNO

Le virus du Nil occidental est une maladie portée par les oiseaux et transmise par le Culex pipiens, ce désagréable petit insecte que tous les Québécois connaissent sous les noms de moustique ou de maringouin.

On connaît les facteurs qui jouent, mais ce qu'on ne connaît pas, c'est comment ils interagissent ensemble, a expliqué le docteur Milord.

Malgré les prévisions voulant que les moustiques soient plus nombreux cet été, le spécialiste ne peut y voir un facteur prédictif pour l'année en cours.

Les oiseaux, les moustiques, les précipitations, c'est ça qu'on ne réussit pas à mesurer de façon exacte, de sorte qu'on ne peut pas savoir comment ça va interagir pour l'année 2019.

Précautions élémentaires

Les autorités de santé publique invitent donc la population à se prémunir contre l'infection en se protégeant contre les moustiques, notamment en portant des vêtements longs de couleur claire et, bien sûr, en utilisant du chasse-moustiques à base d'icaridine ou de DEET et en faisant le ménage dans les sources d'eau stagnante autour des résidences, là où prolifèrent les moustiques.

On ne voudrait pas que vous partiez d'ici avec un message de peur ou l'impression qu'on recommande de ne plus faire d'activités extérieures, a déclaré la docteure Julie Loslier, directrice de la santé publique de la Montérégie, en conférence de presse.

Il y a des moyens concrets pour réduire les risques d'être piqué par des moustiques infectés, a-t-elle fait valoir.

Infection bénigne

Les cas répertoriés ne sont par ailleurs que la pointe de l'iceberg. Les études démontrent que 80 % des personnes infectées ne montreront aucun symptôme et, donc, ne seront jamais identifiées par les autorités de santé publique. Près de 20 % des cas se traduiront par des symptômes s'apparentant à la grippe et les cas les plus graves, soit moins de 1 %, auront des atteintes au système nerveux qui peuvent se traduire par une encéphalite, une méningite ou des paralysies partielles.

Or, les données de la Montérégie illustrent parfaitement ce phénomène : 70 % des cas répertoriés (51 personnes) présentaient ces atteintes sérieuses au système nerveux, près d'une vingtaine avaient des symptômes grippaux et seulement six personnes infectées ne présentaient aucun symptôme, leur infection ayant été identifiée par la présence d'anticorps lors de tests sanguins. En d'autres termes, l'écrasante majorité des cas ne seront jamais identifiés puisque les personnes touchées ne rapporteront aucun problème de santé.

C'est une infection qui est bénigne et même asymptomatique chez la majorité de la population.

Julie Loslier, directrice de la santé publique de la Montérégie

La totalité des décès survenus en Montérégie concernait des personnes de plus de 60 ans et 80 % d'elles souffraient d'une maladie chronique. Ces deux variables – l'âge avancé et la présence de maladies chroniques – sont d'ailleurs les facteurs de risque les plus importants pour les atteintes au système nerveux.

Il n'y a ni traitement ni vaccin contre le virus du Nil occidental, sauf pour les chevaux, curieusement. Ces derniers sont vulnérables à la maladie, mais des vaccins sont disponibles dans la pharmacologie vétérinaire depuis 2003.

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