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Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue : l'AEC en pilotage d'aéronefs voit le jour

Un homme parle au lutrin pendant que trois hommes assis derrière une table aux couleurs du Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue l'écoutent.

Le Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue offrira, en collaboration avec le Centre de formation d'aéronautique du Québec et le Cégep de Chicoutimi, une AEC en pilotage d'aéronefs.

Photo : Radio-Canada / Piel Côté

Piel Côté

Trois ans après que l'idée ait été lancée, une nouvelle attestation d'études collégiales en pilotage d'aéronefs voit finalement le jour au Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue. Ce programme sera offert en collaboration avec le Centre de formation d'aéronautique du Québec ainsi que le Cégep de Chicoutimi.

D'une durée de deux ans, le cours se donnera en anglais d'abord, à compter de l'hiver 2020, au campus de Val-d'Or. Il s'adresse avant tout aux membres des Premières nations.

Le directeur général du Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue, Sylvain Blais, considère qu'avec l'ajout de cette formation, son établissement prouve qu'il est davantage que le cégep d'une région.

Je parle au nom des membres du conseil d'administration du Cégep pour dire qu'il s'agit d'une réalisation supplémentaire en lien avec notre souhait d'être aussi le cégep du Nord, affirme-t-il.

La première cohorte devrait accueillir entre 12 et 15 étudiants, qui devront notamment réaliser 210 heures de vol. Les cohortes devraient aussi être majoritairement composées d'étudiants autochtones, indique Sylvain Blais. On souhaite qu'au moins la moitié soit d'origine autochtone, signale-t-il.

Une bonne nouvelle pour les Premières Nations

La directrice des opérations du Secrétariat aux alliances économiques de la nation crie Abitibi-Témiscamingue (SAENCAT), Chantale Hamelin, estime que son organisation a été entendue, puisque le manque de main-d’œuvre est criant dans ce domaine.

Le Nord-du-Québec a de grands besoins, spécialement avec l'explosion de la démographie dans le Nord. Je crois que ce programme va aider les transporteurs à mieux desservir le Nord, par des gens du territoire, souligne Mme Hamelin, qui est aussi membre du conseil d'administration du Cégep.

Il y a quelques semaines à peine, à Rouyn-Noranda, le Secrétariat tenait un évènement dont le thème était Le Nord et sa logistique. Il a entre autres été question de la pénurie de pilotes.

Il y a 9 communautés cries et 14 communautés inuites dans le Nord du Québec, je pense que si le recrutement est fait de façon efficace, ils n'auront pas de difficulté à trouver 15 étudiants qui sont intéressés en technique de pilotage, soutient Mme Hamelin.

Une nouvelle qui est également bien accueillie par les transporteurs, dont Air Creebec. « Nous sommes ravis que les cours prennent leur envol dès janvier 2020 et nous souhaitons supporter le Cégep pour diffuser la bonne nouvelle et générer le plus d’inscriptions possible du côté de nos communautés. Nous sommes ravis que les établissements aient su travailler ensemble pour s’allier afin d’offrir une toute nouvelle attestation d’études, si importante pour notre industrie au Québec », déclare Lyne Comtois, coordonnatrice exécutive chez Air Creebec.

La façade de l'aéroport régional de Val-d'Or.

L'aéroport régional de Val-d'Or

Photo : Radio-Canada / Mélanie Picard

Des cours en anglais d'abord

Pour commencer, le cours se donnera d'abord en anglais. Le Cégep prévoit cependant alterner entre le français et l'anglais à chaque nouvelle cohorte. On débute en anglais parce que nos voisins du Nord sont davantage anglophones, mais le protocole prévoit que nous serons en mesure de l'offrir dans les deux langues, précise Sylvain Blais.

La théorie, donnée en groupe, sera dans la langue de la cohorte, mais les élèves auront ensuite le loisir de choisir leur langue pour les heures pratiques, puisque les instructeurs « seront fort probablement bilingues », assure Sylvain Blais.

Ce que l'on voudrait, c’est que nos étudiants soient en mesure de communiquer en anglais et en français au moment de passer leur test de Transports Canada, surtout pour qu'ils puissent dialoguer avec les tours de contrôle ou avec d'autres avions dans le ciel, ajoute-t-il.

Les cours qui débuteront en janvier arrivent juste à point, puisque les heures de pratique ne se feront pas à des températures glaciales. Des heures de théorie seront d'abord données, puis la pratique suivra en mars ou en avril, alors que la température est plus clémente pour voler dans de petits avions.

Le Cégep de Chicoutimi s'est senti menacé

L'idée de ce projet a germé il y a trois ans, mais ce n'est qu'en janvier 2018 que le Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue a annoncé ses intentions.

À ce moment, le directeur général du Cégep de Chicoutimi, André Gobeil, venait juste d'être embauché. Il admet que son institution a eu peur de perdre son monopole. Il faut dire que le Centre québécois de formation en aéronautique (CQFA) est affilié au Cégep de Chicoutimi.

On avait le choix d'accepter ou non, mais le CQFA avait mis en place un plan de développement, d'abord pour répondre à la clientèle autochtone, mentionne-t-il.

Des coups d'éclat comme ça, ce n'est pas nécessairement dans notre nature et nous avions vu ça comme une menace.

André Gobeil, directeur général du Cégep de Chicoutimi

On voulait garder l'hégémonie que l'on a sur cette compétence-là, plaide M. Gobeil.

Après de nombreuses discussions, parfois animées, mais constructives, les établissements ont réussi à s'entendre sur ce qui a été présenté autant à Chicoutimi qu'à Val-d'Or, c'est-à-dire une attestation d'études collégiales en pilotage d'aéronefs.

En tant que Cégep, ça nous permet d'apprendre des meilleures pratiques du Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue dans le service aux populations autochtones, parce que nous en desservons aussi, et en contrepartie, nous, on va apporter notre aspect pilotage, résume M. Gobeil.

Le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs et député d'Abitibi-Est, Pierre Dufour, était sur place pour l'officialisation du projet. On le sait, plusieurs pilotes de ces cohortes atterriront sûrement chez Air Inuit ou Air Creebec et compagnie, mais le but aussi, c'est que ce projet soit gagnant pour la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean et de l'Abitibi-Témiscamingue, dit-il.

Abitibi–Témiscamingue

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