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  • Archives
  • Rue Atateken : Montréal et les gestes de réconciliation avec les Premières Nations

    Gros plan d'un drapeau de la Ville de Montréal accroché sur l'hôtel de ville.

    Le 13 septembre 2017, La Ville de Montréal ajoute à ses armoiries un pin blanc, symbole de paix chez les Premières Nations.

    Photo : Radio-Canada

    Radio-Canada

    La rue Amherst à Montréal a été rebaptisée rue Atateken, une expression mohawk qui signifie « frères et sœurs » et qui évoque le rapprochement entre les communautés. Nos archives témoignent des gestes de réconciliation posés au fil du temps afin de reconnaître l'apport important des Premières Nations à la métropole et la nécessité d'établir une paix durable avec elles.

    La mairesse Valérie Plante et le chef de l'Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL), Ghislain Picard, ont présenté le nouveau nom que portera la rue Amherst lors de la Journée nationale des peuples autochtones le 21 juin 2019. Depuis longtemps, des voix s’élevaient pour le retrait du toponyme du controversé général.

    Commandant en chef des armées britanniques de l’Amérique du Nord de 1758 à 1764, Jeffrey Amherst est connu pour avoir souhaité éradiquer les nations autochtones. Il a tenté de remettre des couvertures contaminées par le virus de la variole aux Autochtones durant la guerre l’opposant au chef Pontiac.

    Le général Amherst est fortement soupçonné d’avoir voulu éliminer, en tout ou en partie. Ça correspond à la notion de génocide selon la convention contre les génocides des Nations unies. Je pense qu’il y a un symbole fort de vouloir se détacher de certains personnages qui clairement ont eu l’intention de détruire.

    Pierre Trudel, professeur de sciences politiques à l’Université de Montréal

    Le Téléjournal, 13 septembre 2017

    Ajouter un pin blanc pacificateur au drapeau montréalais

    Le 13 septembre 2017, le maire Denis Coderre dévoile un nouveau drapeau pour la Ville de Montréal.

    La métropole ajoute à ses armoiries un pin blanc, symbole de paix chez les Premières Nations. La Ville tient ainsi à souligner l’apport important des Autochtones à son histoire.

    C’est durant cette cérémonie que le maire Coderre annonce sa ferme intention de changer le nom de la rue Amherst.

    Retirer un nom de rue qui heurte ou garder le souvenir d’un triste pan de l’histoire

    Suite à cette annonce, Céline Galipeau reçoit le même jour au Téléjournal deux professeurs qui débattent de la nécessité de renommer la rue Amherst.

    Pour Frédéric Bastien, professeur d’histoire au Collège Dawson, il n’est pas souhaitable de changer la toponymie de la rue Amherst. Il faudrait plutôt nommer les nouvelles infrastructures avec des noms de personnages significatifs pour les Premières Nations :

    Ce n’est pas en s’attaquant à des choses qui ont été nommées au nom de certains de nos ancêtres qu’on va réussir à faire avancer cette question de la réconciliation. Ce n’est pas en changeant le nom de la rue Amherst qu’on va concrètement aider les Autochtones

    Frédéric Bastien

    Pour Pierre Trudel, professeur de sciences politiques à l’Université de Montréal, il faut faire de la place aux premiers peuples. Amherst est un nom de rue qui heurte et il faut le remplacer :

    C’est une question d’équilibre, c’est un geste symbolique fort. Je pense que c’est la construction d’une mémoire collective présentement qui se fait et c’est incohérent que de ne pas poser de tels gestes si on veut se réconcilier avec les peuples autochtones.

    Pierre Trudel

    La cérémonie de la Grande Paix de Montréal de 2001 – Un traité de réconciliation

    Le 4 août 2001, Radio-Canada diffuse la Cérémonie commémorative du tricentenaire de la Grande Paix de Montréal. La fraternisation avec les peuples autochtones et leur reconnaissance à l’apport de l’histoire de Montréal y sont évoquées.

    Ce traité de paix est signé le 4 août 1701 par 39 nations autochtones et le gouverneur français Louis-Hector de Callière. Il met un terme aux guerres sporadiques que se livraient les nations iroquoises et les Français au cours du 17e siècle.

    Le nom d’un important chef y figure, Kondiaronk, grand chef des Wyandots de Michillimakinac. Ce dernier joua un rôle majeur dans les négociations de la Grande Paix de Montréal. Kondiaronk était d’ailleurs un des noms pressentis pour remplacer celui d’Amherst.

    La Grande Paix, 4 août 2001

    Lors de la commémoration de la Grande Paix de Montréal, le premier ministre de l’époque Bernard Landry évoque son souhait de maintenir des relations harmonieuses avec les Premières Nations.

    Cet événement est malheureusement demeuré relativement méconnu. Il était donc essentiel de commémorer dignement ce traité porteur de ce message de paix et d’harmonie légué par nos ancêtres. Il est de notre responsabilité de transmettre ce message intemporel aux générations futures.

    Bernard Landry, premier ministre du Québec 2001

    Bernard Landry mentionne un apport important des communautés autochtones. Chez les nations iroquoises, les femmes « avaient une influence déterminante » dans la sphère politique. C’est un exemple que nous avons suivi, « mais il reste encore des choses importantes à faire ».

    Ces dernières années les gestes de réconciliation et de reconnaissance se multiplient. Pour le chef de l’APNQL Ghislain Picard, en posant un geste comme le retrait du toponyme Amherst, « Montréal confirme son engagement pour le respect, la reconnaissance et la fraternité. »

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    Société