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Des chauffeurs d'Uber à Toronto demandent d'être payés 15 $ l'heure

Photo d'un homme devant un micro au lutrin.

Le chauffeur d'Uber Ejaz Butt

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Des chauffeurs d'Uber à Toronto tentent de se joindre à un syndicat et réclament un salaire minimum de 15 $ l'heure, notamment.

Le hic : parmi les dizaines de milliers de conducteurs qu'Uber compte à Toronto, moins de 1000 se sont joints au mouvement jusqu'à maintenant, admet le syndicat des Travailleurs et travailleuses unis de l’alimentation et du commerce (TUAC Canada).

Trop peu donc pour obtenir une accréditation syndicale officielle, en vertu de la loi.

Le syndicat des TUAC Canada demande tout de même une rencontre avec la direction d'Uber pour discuter d'une série de doléances au nom des chauffeurs du service de covoiturage commercial.

Les TUAC Canada remettent en question l'argument du géant américain selon lequel ces chauffeurs sont des travailleurs autonomes, pas des salariés qui ont droit à des conditions de travail minimales.

Uber est un employeur. La technologie ne devrait pas servir de porte de sortie pour éviter d'être un employeur convenable.

Paul Meinema, président des TUAC Canada

Trois demandes principales

Les chauffeurs protestataires voudraient :

  • Être payés au moins 15 $ l'heure (selon le groupe américain Economic Policy Institute, les chauffeurs d'Uber gagnent actuellement environ 12 $ l'heure, si l'on soustrait de leurs recettes les droits à verser à la compagnie et les dépenses liées au carburant, notamment).
  • Avoir droit à des congés de maladie et des vacances payés.
  • La fin du système actuel d'évaluation des chauffeurs, qui les place à la merci des clients et d'Uber, faute de processus d'appel, disent-ils.

Le chauffeur torontois d'Uber Ejaz Butt affirme que le désir de maintenir une cote élevée pousse des conducteurs à prendre des risques sur la route pour être rapides et à ne pas prendre de pause, une « course à l’abîme », selon lui.

Sans les chauffeurs, Uber n'est rien, lance-t-il.

Certains chauffeurs travaillent plus de 100 heures par semaine pour tenter de joindre les deux bouts, affirme le représentant des TUAC Canada, Pablo Godoy.

Loin de la syndicalisation

M. Godoy admet que d'autres syndicats ont tenté, en vain, de représenter des chauffeurs d'Uber ailleurs dans le monde.

Il maintient néanmoins que son syndicat est prêt à travailler « aussi longtemps que ça prendra ».

Une compagnie comme Uber, qui se vante d'être éthique et d'avoir une conscience sociale, devrait à tout le moins être intéressée à entendre les préoccupations des chauffeurs, dit-il.

De son côté, Guillaume Lavoie, chargé de cours à l'École nationale d'administration publique, souligne que la définition du poste de chauffeur pour une entreprise de l'économie du partage comme Uber est dans une « zone grise » actuellement.

En Californie, un tribunal de première instance a statué que ces conducteurs étaient des salariés et non pas des travailleurs autonomes.

Les chauffeurs d'Uber à Toronto pourraient eux aussi devoir se tourner vers les tribunaux pour se syndiquer et obtenir de meilleures conditions de travail. [C'est] un modèle d'affaires qui a d'abord été construit sur une logique de travailleurs autonomes qui entrent et qui sortent de l'activité à tout moment, explique-t-il.

M. Lavoie note toutefois qu'un grand nombre de ces conducteurs travaillent au plus quelques heures par jour pour Uber ou Lyft et ne souhaitent pas nécessairement payer des cotisations syndicales.

Le conseil municipal de Toronto doit débattre d'un rapport à la mi-juillet sur la réglementation encadrant les services de covoiturage commercial, y compris la possibilité de limiter le nombre de conducteurs en ville et les forcer à suivre une formation sur la sécurité au volant.

Avec des renseignements fournis par Philippe de Montigny et CBC News

Toronto

Transports