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L'entomologiste Georges Brossard est décédé

Georges Brossard, chez lui, le 8 avril dernier.

Photo : Marc Lefebvre

Radio-Canada

Le fondateur de l'Insectarium de Montréal, l'entomologiste Georges Brossard, est mort mercredi matin à l'âge de 79 ans.

Grand amoureux des insectes et communicateur passionné, Georges Brossard est décédé à la maison de soins palliatifs Victor-Gadbois, à Saint-Mathieu-de-Beloeil. Il était atteint d'un cancer du poumon.

La passion de Georges Brossard pour les insectes l'a conduit partout sur la planète.

L'entomologiste Georges Brossard présente une partie de sa collection d'insectes.

L'entomologiste Georges Brossard présente une partie de sa collection d'insectes.

Photo : Radio-Canada

Après avoir constitué la plus grande collection privée d'insectes au monde, avec plus de 250 000 spécimens, ce notaire de formation avait réussi à convaincre en 1985 l'ex-maire de Montréal Pierre Bourque, alors directeur du Jardin botanique de Montréal, de construire un insectarium pour que le grand public puisse bénéficier de cette collection unique.

Cinq ans plus tard, le 7 février 1990, l'Insectarium de Montréal était inauguré. L'institution accueille depuis plus de 400 000 visiteurs chaque année.

Interviewé par Radio-Canada mercredi, Pierre Bourque a rendu hommage au talent de vulgarisateur de l'entomologiste. Il aimerait même que l'Insectarium porte le nom de Georges Brossard, a-t-il confié à l'émission Le 15-18.

Pour bien des gens, les insectes, c'étaient de vulgaires bibittes, et Georges, ça l'horripilait, raconte l’ancien maire.

Son travail est l’équivalent de ce qu’a fait Marie-Victorin pour les plantes.

Pierre Bourque

Sans l’extraordinaire contribution de Georges Brossard, l’Insectarium de Montréal n’aurait sans doute jamais vu le jour, confirme Charles-Mathieu Brunelle, directeur d’Espace pour la vie. C’est pour nous un grand honneur de poursuivre son travail avec une passion à l’image de son fondateur. Son legs est immense, et son souvenir sera à jamais lié à la mission d’Espace pour la vie.

La Ville de Montréal a de son côté souligné par communiqué l'exceptionnelle contribution d'un humaniste, philanthrope et grand passionné.

Anne Charpentier, qui a dirigé l'Insectarium pendant 11 ans avant de prendre les rênes du Jardin botanique, a connu Georges Brossard sur les bancs d'école alors que celui-ci suivait un cours de muséologie en tant qu'auditeur libre. C'était sa passion, collectionner les insectes, se souvient-elle. Non pas dans un but scientifique, mais dans un but de vulgarisation.

C'est triste, il ne verra pas le nouvel Insectarium [actuellement en travaux], alors qu'il y a plusieurs éléments qui répondent à ses rêves, a ajouté Mme Charpentier, évoquant par exemple la possibilité qui sera offerte aux futurs visiteurs de descendre dans un terrier d'insectes, une chose qu'il rêvait de faire.

Georges Brossard s'est aussi fait connaître dans plusieurs pays par le biais de la série télévisée Insectia présentée sur les ondes de Discovery Channel au début des années 2000.

Les étudiants à la tête du projet Insectivores ont présenté leur projet à Georges Brossard.

Georges Brossard photographié en compagnie d'étudiants qui étaient venus lui présenter un projet.

Photo : Gracieuseté Gabriel Dubois

Affable et sympathique, Georges Brossard a gagné le cœur de générations d'enfants à qui il a appris le respect des insectes à travers sa grande curiosité et sa passion pour cette branche du règne animal.

Georges Brossard a reçu de nombreuses distinctions, dont l'Ordre du Canada en 1999, en plus d'être nommé Chevalier de l'Ordre national du Québec en 2006.

Il a également fait l'objet du film Le papillon bleu, réalisé par Léa Pool en 2004, et dans lequel il était incarné par l'acteur américain William Hurt.

Avec la collaboration de Diana Gonzalez

Entomologie

Société