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Brampton soutient la contestation judiciaire de la loi sur la laïcité au Québec

Séance au conseil municipal où un membre d'une délégation chrétienne s'exprime devant des conseillers municipaux.

Des délégations religieuses de la communauté de Brampton ont dénoncé la loi 21 devant le conseil municipal au moment de débattre les motions.

Photo : Radio-Canada / Colin Côté-Paulette

Radio-Canada

La municipalité de Brampton, près de Toronto, a décidé mercredi de soutenir en principe la contestation judiciaire de la loi 21 sur la laïcité au Québec.

Le maire de Brampton et ancien chef du Parti progressiste-conservateur de l'Ontario, Patrick Brown, a convoqué une séance spéciale mercredi pour déposer des motions visant à défendre les Québécois visés par la Loi sur la laïcité de l'État au Québec.

Nous défendons la diversité.

Patrick Brown, maire de Brampton

Après avoir entendu les présentations de plusieurs délégations religieuses venues dénoncer la loi 21, le conseil municipal de Brampton a adopté à l'unanimité une motion pour donner son appui de principe à la contestation judiciaire de la loi 21, lancée notamment par l’Association canadienne des libertés civiles et le Conseil national des musulmans canadiens. Ces organismes demandent devant les tribunaux la suspension et l’invalidation de cette loi entrée en vigueur le 16 juin.

Une loi controversée

La loi 21 a suscité la controverse partout au pays. Ses opposants dénoncent notamment une privation de la liberté de religion et d'expression.

Cette loi interdit à de nombreuses catégories d'employés de l'État au Québec de porter des signes religieux durant l'exercice de leurs fonctions : les juges, notamment, ainsi que les policiers, les procureurs de la Couronne, les gardiens de prison, les directeurs d'école et les enseignants du primaire et du secondaire du secteur public.

Le directeur général de l'organisme World Sikh Organization du Canada (Organisation mondiale sikhe), Jaskaran Sandhu, est venu appuyer la motion mercredi. Il croit qu'il est important de dénoncer cette loi partout au Canada et dans toutes les juridictions pour inciter les autres ordres de gouvernement à prendre des mesures sérieuses pour s'y opposer.

C’est fou de penser que quelque chose de si discriminant, transgressant les droits de l’homme se passe dans notre propre cour.

Jaskaran Sandhu, directeur général de World Sikh Organization du Canada
Portrait d'un homme avec une barbe et des lunettes dans un couloir.

Jaskaran Sandhu qualifie la loi 21 au Québec de discriminatoire.

Photo : Radio-Canada / Colin Côté-Paulette

Ce ne sont pas seulement des symboles, ce sont des parties ou des éléments de l’identité d’une personne sikhe. Ce sont des articles de foi pour ceux qui s’initient à la foi. Le turban n'est pas un chapeau que vous pouvez mettre et enlever, a expliqué Jaskaran Sandhu.

C'est une partie de ce qu’ils sont en tant qu’être humain et s’attendre à ce qu’ils l’enlèvent pour aller au travail, c’est ridicule, c’est franchement impossible, a-t-il ajouté.

Solliciter les Québécois à poursuivre une carrière à Brampton

Une seconde motion a été adoptée pour encourager les Québécois visés par la loi 21 de poursuivre leur carrière dans les différents services municipaux de Brampton, y compris les services d'incendie.

À l'origine la motion ne concernait que les services d'incendie et d'urgence de Brampton, mais elle a été amendée pour étendre l'initiative à tous les services municipaux de la ville.

Un point de cette motion prévoit que la municipalité lance une campagne publicitaire au Québec pour promouvoir les opportunités de carrière au sein de la Ville de Brampton.

Patrick Brown a qualifié la loi de draconienne. Brampton est composée d'une communauté diverse, dont beaucoup portent des symboles religieux incluant des turbans, hijabs, kippa, la croix et beaucoup d'autres, peut-on lire sur le document de la motion qui a été présentée au conseil municipal.

Le document stipule que la Ville de Brampton est fermement résolue à appuyer la liberté de religion, s'appuyant sur la Charte canadienne des droits et libertés.

De son côté, la conseillère municipale Charmaine Williams a fait part de sa déception, tristesse, et frustration concernant l'adoption de la loi 21 au Québec. Cette loi renforce le racisme et la discrimination au Canada, a-t-elle déclaré lors de la séance du conseil municipal.

Aucune foi n'encourage la haine.

Charmaine Williams, conseillère municipale de Brampton

Des initiatives similaires

Vendredi dernier, Patrick Brown a aussi appuyé une motion similaire qui a été adoptée à l'unanimité par le Service de police régionale de Peel, qui couvre la municipalité de Brampton.

Le corps policier invite les Québécois touchés par la loi sur la laïcité de l'État, et qui désirent poursuivre une carrière dans la police, à postuler dans son service. La police régionale de Peel mènera également une campagne publicitaire de recrutement au Québec.

En avril, la Ville de Toronto avait également adopté une motion pour appuyer la Ville de Montréal dans son opposition au projet de loi 21.

La motion, présentée par le maire John Tory, indique que la Ville réaffirme son soutien à la liberté de religion et d'expression et qu'elle s'oppose à tout projet de loi qui restreindrait ou interdirait de telles libertés.

Toronto

Laïcité