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La richesse linguistique de la Colombie-Britannique menacée

Une femme avec des lunettes et des cheveux bruns

Tracey Herbert dit que c'est un droit humain pour les Autochtones de parler leur langue ancestrale.

Photo : Radio-Canada / Mike McArthur

Eva Uguen-Csenge

Les quelque 34 langues et 91 dialectes autochtones dans la province risquent de disparaître, selon le Conseil culturel des Premières Nations qui dresse un portrait des locuteurs autochtones en Colombie-Britannique.

Un rapport réalisé par le Conseil culturel des Premières Nations conclut que seulement 4200 personnes autochtones parlent couramment leur langue ancestrale, soit 3 % de la population autochtone de la province.

Le Conseil culturel estime qu'il faut poursuivre les initiatives visant à stimuler l'utilisation de ces langues et dialectes afin d'éviter leur disparition.

« Les priorités dans notre planification sont de documenter les langues, de créer de nouveaux locuteurs à travers l’immersion et de développer des plans compréhensifs de revitalisation pour chacune des langues », dit Tracey Herbert, PDG du conseil.

Elle explique que pendant des années, les langues autochtones ont été étudiées d’un point de vue scientifique par des linguistes qui voulaient décortiquer et analyser leurs éléments. Il faut maintenant s'attarder à leur pérennité.

« Les objectifs de la revitalisation sont très différents. »

Des progrès importants

Dans le budget fédéral 2017, le gouvernement a octroyé 89,9 millions de dollars pour une période de trois ans pour les langues autochtones, une augmentation de 5 millions par rapport au budget précédent.

Cette année, les Nations Unies ont déclaré 2019 l’année internationale des langues autochtones.

C’est pour Mme Herbert une raison de célébrer lors du Sommet sur les langues autochtones qui se déroule présentement à Victoria, de lundi à mercredi.

« On fait des progrès importants et on gagne un élan en ce qui concerne la revitalisation des langues, mais on doit continuer de mettre de la pression et c’est ce qu’on fait en Colombie-Britannique. »

Le Sommet à Victoria offre l’occasion de partager le savoir-faire pour préserver les langues avec d’autres groupes autochtones à travers le pays et à l’international.

Mme Herbert se dit tout à fait inspirée par une présentation de l’Université d’Hawaii qui a réussi à engendrer plus de 16 000 nouveaux locuteurs en 40 ans.

Selon elle, c’est l’exemple à suivre en Colombie-Britannique.

« Les langues autochtones comptent parce que les peuples autochtones comptent, affirme-t-elle. Notre langue est une partie intégrale de notre identité, de notre histoire, de notre culture et de nos valeurs et cette connexion est un droit humain. »

Selon les Nations Unies, une langue autochtone disparaît toutes les deux semaines dans le monde.

Colombie-Britannique et Yukon

Société