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Controverse autour d'une future résidence pour étudiants autochtones à Sept-Îles

Trois personnes assises à une table écoutent une assemblée.

Claudie Paul, coordonnatrice du projet, Jean Robitaille, consultant pour le RCAAQ, et Tanya Sirois, directrice générale du RCAAQ, ont écouté durant deux heures les plaintes de citoyens inquiets.

Photo : Radio-Canada / Jean-Louis Bordeleau

Jean-Louis Bordeleau

Un projet pilote de 32 logements pour étudiants autochtones près du Cégep de Sept-Îles provoque une levée de boucliers des résidents du secteur. Une quarantaine de personnes ont réclamé des explications aux promoteurs mardi soir.

La question qui brûlait toutes les lèvres a fusé dès les premiers instants de la rencontre organisée par des citoyens : Pourquoi là?

C'est que le promoteur souhaite bâtir ces 32 logements tout au nord de la rue Holliday, dans un secteur constitué pratiquement que de maisons unifamiliales.

Ainsi, des propriétaires des rues Holliday et Denis-Perron craignent que ces nouveaux voisins ne diminuent la valeur de leur maison, augmentent la criminalité dans le quartier et nuisent à la tranquillité des lieux.

J'ai une résidence et je ne veux pas qu'elle perde 50 % de sa valeur parce que le milieu a changé, a protesté l'un des organisateurs de la rencontre, Jacques Lafrance. Le milieu est tranquille. Vous allez le perturber, a lancé une autre citoyenne.

Personne ici n'est contre le projet. C'est l'endroit qui ne convient pas, a résumé un autre citoyen.

Le Regroupement des centres d'amitié autochtones du Québec (RCAAQ), qui est derrière ce projet, soutient qu'il s'agit du seul terrain qui garantisse le succès de l'entreprise. Parmi six emplacements étudiés, celui-ci est le seul assez vaste et suffisamment près du Cégep, selon eux.

Nous, on ne retire rien de ce projet.

Une résidente de la rue Holliday

Cette construction est destinée à accueillir près de 160 personnes. Répartis sur un terrain de 12 000 m2, les logements ne compteraient qu'un ou deux étages, a suggéré le consultant pour le RCAAQ, Jean Robitaille. Il a assuré que les résidences n'auraient pas la forme d'un immeuble d'appartements.

Le complexe d'habitations comporterait aussi des espaces communautaires, comme une cuisine collective, un gym, une garderie de même qu'une zone boisée tampon .

Cependant, les architectes n'ont que des indices de la forme finale et rien n'est canné, de dire la directrice générale du RCAAQ, Tanya Sirois.

La coordonnatrice du projet, Claudie Paul, a répondu aux peurs de voir le bâtiment se détériorer ou d'être importuné par des comportements de mauvais voisinage. Les résidents devront signer un contrat qui inclurait un code de vie, a-t-elle répliqué aux citoyens en colère. Il y aura un animateur avec un contrôle interne [...] et ça va être tolérance zéro.

On va s'assurer qu'il va y avoir de l'entretien, a ajouté Tanya Sirois.

Cette dernière a expliqué que ce projet pilote, unique au Canada, réduira les problèmes sociaux vécus par les Autochtones. L'éducation est la clé pour briser les malheureux cycles qui touchent les Premières Nations, a-t-elle défendu.

On veut construire un milieu de vie pour que ces gens-là commencent leurs études et les terminent.

Tanya Sirois, directrice générale du Regroupement des centres d’amitié autochtones du Québec

Selon l'étude menée par les promoteurs, le projet vise à satisfaire les besoins des 225 étudiants du Cégep qui proviennent d'autres communautés innues que Uashat mak Mani-Utenam. Parmi ces étudiants, 75 % sont des femmes, l'âge moyen est de 28 ans et ils ont en moyenne 2,5 enfants.

Le coût de ses logements est estimé à entre 8 et 10 millions de dollars. L'édifice sera roulé en majorité par les loyers collectés aux locataires, a indiqué Tanya Sirois.

La rencontre a parfois tourné à la cacophonie. Le maire de Sept-Îles, Réjean Porlier, a quelques fois dû intervenir pour calmer les ardeurs. Les gens qui portent ce projet sont des gens de confiance, a-t-il dit.

Le promoteur entend démarrer sous peu le processus de changement de zonage en vue d'une livraison en 2022. Les citoyens pourront à nouveau se faire entendre lors de rencontres publiques au cours du processus. Le projet va de l'avant, a laissé tomber Tanya Sirois au courant de la rencontre.

Certains citoyens ont d'ailleurs critiqué l'attitude de la Ville en avançant que des entrepreneurs ont tenté par le passé de changer le zonage pour développer ce secteur, mais on nous a fermé la porte.

D'autres redoutent aussi la venue d'une phase deux qui pourrait inclure la reconversion de l'ancien salon de quilles situé tout près. Il n'y a pas de plan pour un tel agrandissement, mais si ça fonctionne bien, ça va attirer des étudiants, a nuancé Tanya Sirois.

Un projet pilote similaire est en voie de réalisation à Trois-Rivières.

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