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La Cour suprême du Brésil refuse de libérer Lula da Silva

L'ex-chef de l'État brésilien Lula da Silva.

L'ex-chef de l'État brésilien Lula da Silva purge une peine de 8 ans et 10 mois de prison pour corruption passive et blanchiment d'argent.

Photo : Getty Images / Nelson Almeida

Agence France-Presse

La Cour suprême du Brésil a rejeté mardi successivement deux demandes de libération de l'ex-président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva, emprisonné depuis plus d'un an pour corruption. Il subit ainsi un nouveau revers devant la justice.

La première demande, qui avait peu de chances d'aboutir, a été rejetée par quatre juges contre un à Brasilia.

Dans la foulée, les juges, appelés à se prononcer sur l'impartialité de l'ancien juge anticorruption Sergio Moro, qui avait condamné Lula en première instance avant de devenir ministre de la Justice, ont rejeté une autre demande de libération de l'ex-président.

Les juges ont tranché sur le score serré de trois voix contre deux en défaveur de Lula. Ils ont décidé de reporter au second semestre l'examen de la conduite de Sergio Moro et privé le chef historique de la gauche brésilienne d'une liberté provisoire d'ici là.

La défense de Lula avait déposé ce recours en décembre 2018, arguant que le juge ne pouvait être impartial parce qu'il venait d'être nommé ministre de Jair Bolsonaro, candidat d'extrême droite élu à la présidentielle d'octobre 2018 après la disqualification de Lula, envoyé en prison.

Lula, président de 2003 à 2010, purge depuis avril 2018 une peine de 8 ans et 10 mois de prison pour corruption passive et blanchiment d'argent, à Curitiba.

Il avait été condamné en première instance par le juge Moro en 2017 pour avoir reçu un triplex de bord de mer de la part d'une entreprise impliquée dans le gigantesque scandale de pots-de-vin autour de l'entreprise Petrobras révélée par l'enquête Lavage express.

Une conspiration politique, selon Lula

Le rejet de ces deux demandes marque un nouveau revers pour Lula, dont la défense a déposé depuis 2018 une avalanche de recours visant sa libération.

Lula, qui reste à 73 ans populaire auprès de dizaines de millions de Brésiliens, n'a cessé de clamer son innocence.

Il affirme que l'ancien juge Moro chargé de l'enquête anticorruption Lavage express a participé à une conspiration politique destinée à l'empêcher de se représenter à l'élection présidentielle, pour laquelle il était le grand favori des sondages.

Nous avons déjà présenté une quantité innombrable d'éléments prouvant que l'ancien président n'a pas eu droit à un jugement juste, impartial, indépendant.

Cristiano Zanin Martins, l'un des avocats de Lula

Il n'a commis aucun crime et a le droit d'être jugé par un juge impartial. Jusqu'ici, il n'a pas eu cela, a ajouté Me Zanin.

L'avocat s'est toutefois montré optimiste sur la suite des événements. « Nous nous attendons à ce qu'ils [les juges] reconnaissent » que Sergio Moro a été partial, a-t-il conclu.

Coup monté?

Les révélations début juin sur de possibles contacts entre le juge Moro et les représentants du parquet pendant l'enquête Lavage express par le site d'investigation The Intercept Brasil ont renforcé les arguments de l'ancien président sur une volonté de lui nuire politiquement.

M. Moro a rejeté ces allégations comme relevant du « sensationnalisme » et de « faux scandales ». Il a refusé de reconnaître l'authenticité des messages obtenus par une source anonyme et publiés par The Intercept.

Selon le site, Sergio Moro a franchi la ligne rouge en fournissant conseils et directives aux procureurs de Lavage express en défaveur de l'ancien président, alors qu'il était tenu à la plus stricte impartialité.

Sergio Moro, atout maître d'un gouvernement Bolsonaro par ailleurs empêtré dans les polémiques, couacs de communication et soumis à une situation économique peu brillante, voit sa situation être très fragilisée.

Auparavant considéré comme pratiquement intouchable, il entend aujourd'hui fuser les appels à la démission, aussi bien sur les réseaux sociaux que dans les éditoriaux des principaux journaux du pays.

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