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Pénurie de préposés aux soins : l’Ontario cherche des solutions bon marché

Des infirmières

Il y a pénurie de préposées aux services de soutien à la personne en Ontario.

Photo : iStock

Jean-Loup Doudard

Le Réseau local d’intégration des services de santé (RLISS) du Nord-Est mène des consultations pour trouver des solutions à la pénurie de préposés aux services de soutien à la personne (PSSP) sans toutefois promettre de nouvel argent.

Un comité formé par le RLISS fait depuis quelques jours la tournée des grandes villes du Nord-Est ontarien pour consulter les organismes du domaine de la santé.

Lors d’une séance de remue-méninges de 4 heures, on demande à des directeurs de maisons de soins de longue durée, des gérantes d’hôpital et des préposées aux soins d’imaginer des solutions pour résoudre une pénurie qui s’éternise.

Il y a longtemps qu’on dit qu’on est en situation de crise. Mais si ça fait 10 ans qu’on est en situation de crise, ce n’est plus une crise, c’est devenu la norme ! Puis la norme, ce n’est pas acceptable.

Michel O’Connor, chargé de projet pour le comité de direction des PSSP en région (RLISS du Nord-Est)

Les organisateurs de la séance imposent deux conditions aux participants : les solutions doivent pouvoir être mises en oeuvre d’ici 6 à 8 mois et ne pas nécessiter d’argent supplémentaire.

Quelques-uns ont protesté en répliquant que les causes de la pénurie sont directement liés au manque de financement. Mais Michel O’Connor ne se laisse pas démonter.

Il faut s’assurer de ne pas passer trop de temps à rester pris devant l’idée qu’il nous faut plus d’argent : on le sait. On travaille à trouver ce qu’on peut changer [...] tout de suite avec ceux qui sont ici à moyen terme, dit-il.

Moins de travailleurs, plus de besoins

La pénurie de préposés aux services de soutien à la personne (Personal Support Worker ou PSW en anglais) se fait sentir partout au Canada, mais les fournisseurs de soins de santé du Nord de l’Ontario en subissent particulièrement les effets.

Un hôpital pendant l'hiver.

Il manque 50 infirmières au Centre régional des sciences de la santé de Thunder Bay pour répondre aux besoins.

Photo : CBC/Nicole Ireland

La situation est exacerbée par le vieillissement de la population [et] la croissance des besoins en PSSP en milieux publics et privés (y compris à domicile), explique un rapport de l’organisme Planification en main-d’oeuvre pour Sudbury & Manitoulin.

Le dernier recensement de Statistiques Canada démontre que la population nord-ontarienne vieillit à grands pas. Des cinq grandes villes du nord, seule Sudbury a gagné en population.

À cette crise s’ajoute le défi d’attirer des professionnels de la santé à s’établir dans le Nord ontarien, explique Reggie Caverson, directrice générale de l’organisme.

Les gens ont tendance à migrer vers de plus gros centres comme Toronto, Montréal et Vancouver. Même les Ontariens ne viennent pas au nord !

Reggie Caverson, directrice générale de Planification en main-d’oeuvre pour Sudbury & Manitoulin
Une femme sourit en tenant un rapport dans ses mains.

Les secteurs de la santé et du camionnage ont du mal à trouver des employés dans la région de Sudbury, selon Reggie Calverson.

Photo : CBC / Hilary Duff

Des pistes de solution

Après avoir identifié les principaux obstacles à la pénurie, les participants lancent des idées pour les contrer.

Pour pallier la perception que le métier de PSSP est sous-apprécié, les employeurs proposent de valoriser le métier dans les écoles secondaires et même primaires.

Une bénévole dans une maison de soins de longue durée propose de créer des pauses de deuil pour les employés qui se sont attachés à un patient mourant, suite à son décès.

Corine Loranger travaille pour Professions Nord, un programme géré par l’Université Laurentienne qui met en relation les immigrants professionnels se cherchant du travail avec les employeurs en quête de personnel.

Elle propose de créer un programme de formation accélérée pour les infirmières qualifiées étrangères qui n’ont pas encore leurs certifications ontariennes. Celles-ci travailleraient comme PSSP afin de remplir les conditions nécessaires à leur emploi comme infirmière en sol canadien.

La liste des critères pour devenir une infirmière accréditée peut être assez longue et nous pensons qu’avec l’expérience qu’elles ont dans leur pays d’origine, elles pourraient aider à résoudre cette pénurie.

Corine Loranger, coordonnatrice des services d’orientation professionnelle pour Professions Nord

Le comité doit encore passer par North Bay, Timmins et Cochrane avant de synthétiser le résultat de ces consultations. Les conclusions seront ensuite envoyées aux ministères concernés.

Nord de l'Ontario

Santé publique